Propriétaire de l'Olympique de Marseille, Frank McCourt mène également un combat loin des terrains de football. L'homme d'affaires américain souhaite faire évoluer le fonctionnement de l'intelligence artificielle, qu'il juge aujourd'hui trop largement dominée par les grandes entreprises technologiques. Selon Sportune, le Bostonien a présenté une feuille de route destinée à redonner davantage de contrôle aux citoyens sur leurs données personnelles et sur l'utilisation de ces nouvelles technologies.
McCourt dénonce la domination des géants de la technologie
Fondateur de Project Liberty et cofondateur de la Pro-Human AI Coalition, Frank McCourt défend le développement d'une intelligence artificielle qu'il qualifie de « pro-humaine ». Son objectif est de placer les intérêts des utilisateurs au centre des décisions, plutôt que de privilégier uniquement les profits des entreprises.
Pour expliquer sa démarche, le propriétaire de l'OM estime que le développement d'internet s'est effectué sans véritable réflexion sur quatre questions essentielles : à qui appartiennent les données personnelles, où sont-elles stockées, qui peut les utiliser et dans quel objectif, et qui bénéficie financièrement de leur exploitation ?
Selon lui, cette absence de règles suffisamment claires a permis à des groupes comme Google et Meta de prendre une place considérable dans l'économie numérique, notamment grâce à la collecte des données et à la monétisation de l'attention des internautes.
McCourt pointe également les conséquences du développement rapide de l'intelligence artificielle. Il évoque notamment les mobilisations aux États-Unis contre l'implantation de centres de données, qu'il considère comme le signe d'une prise de conscience des citoyens. Il critique aussi certains modèles d'IA entraînés à partir de contenus disponibles sur internet, dont le fonctionnement pourrait, selon lui, davantage viser à remplacer les humains qu'à les accompagner.
Cinq principes pour reprendre le contrôle
Pour faire évoluer la situation, Frank McCourt propose une feuille de route reposant sur cinq grands principes. Le premier concerne la maîtrise des données personnelles : chaque utilisateur devrait pouvoir décider de leur utilisation et des conditions dans lesquelles elles sont partagées.
Le deuxième principe porte sur la liberté de choisir son modèle d'intelligence artificielle et son infrastructure, qu'ils soient publics, privés, ouverts ou souverains. Les utilisateurs devraient également pouvoir changer de fournisseur sans perdre le contrôle de leurs informations.
McCourt souhaite aussi que les agents d'intelligence artificielle fonctionnent avec des autorisations limitées et puissent rendre des comptes sur leurs actions. Il insiste parallèlement sur la nécessité de mettre en place des dispositifs de sécurité transparents et vérifiables, avec des protections renforcées pour les utilisations présentant les risques les plus importants.
Enfin, le cinquième principe repose sur une ambition plus générale : faire de l'intelligence artificielle un outil permettant aux individus de développer leurs compétences et leurs capacités, plutôt qu'une technologie susceptible de les marginaliser.
Une coalition de plus de 60 organisations
Pour porter ce projet, Frank McCourt s'appuie sur la Pro-Human AI Coalition, un collectif réunissant plus de 60 organisations. Cette structure travaille autour de cinq grands chantiers et souhaite notamment élargir le débat sur l'intelligence artificielle à l'ensemble de la société.
L'homme d'affaires regrette que les discussions sur l'avenir de ces technologies restent essentiellement concentrées entre les responsables politiques, les dirigeants des entreprises technologiques et certains acteurs institutionnels. Il cite notamment un déjeuner organisé à la Maison-Blanche, réunissant des représentants du secteur de l'IA, du gouvernement et de la défense, sans participation plus large de la société civile.
Son ambition est ainsi de déplacer ces débats « de la salle du conseil à la table de la cuisine », afin que les citoyens puissent davantage participer aux décisions qui concernent leurs données et leur avenir numérique.
Pour résumer sa position, le propriétaire marseillais reprend une formule : « Si vous n'êtes pas à la table, vous êtes au menu. » Une manière d'illustrer son souhait de voir les utilisateurs jouer un rôle plus important dans les orientations prises par les grandes entreprises de l'intelligence artificielle.