Pour le deuxième week-end consécutif, la Ligue 1 voit son calendrier bouleversé par les mouvements sociaux qui touchent la France. Plusieurs rencontres ont dû être déplacées à la demande des préfectures, soucieuses de mobiliser suffisamment de forces de l'ordre pour assurer la sécurité. Selon L'Équipe, cette situation intervient au plus mauvais moment pour la Ligue de football professionnel (LFP), qui s'apprête à lancer son appel d'offres pour les droits TV du championnat.
Plusieurs rencontres de Ligue 1 décalées
Après les incidents survenus le 17 octobre, les autorités préfectorales ont renforcé leurs exigences en matière de sécurité. Le week-end dernier, le choc entre le PSG et Lyon avait notamment été reporté au lundi soir, tandis que trois autres rencontres de Ligue 1 et de Ligue 2 avaient également été affectées. La situation se répète pour la prochaine journée. Nice-Rennes, initialement programmé samedi, a été avancé au vendredi à 19 heures. Lyon-Angers a été décalé du samedi au dimanche à 17h15. Quant au derby breton entre Lorient et Brest, il se disputera finalement lundi à 20h45, à la demande de la préfecture du Morbihan, qui souhaite disposer de davantage de policiers pour encadrer cette rencontre. Les perturbations concernent également la Ligue 2, avec le report de Reims-Sochaux au lundi soir. Sur la scène européenne, Rennes-Olympiakos a aussi été avancé au mercredi 4 novembre à 16h30, au lieu du jeudi initialement prévu.
Un contexte délicat pour les droits TV
Ces changements de calendrier tombent particulièrement mal pour la LFP. D'après L'Équipe, l'instance doit lancer le 3 novembre son appel d'offres pour les droits de diffusion de la Ligue 1 sur la période 2027-2032. Un rendez-vous important pour le football français, qui cherche à valoriser son championnat auprès des diffuseurs et à sécuriser ses prochaines recettes audiovisuelles. La multiplication des reports complique toutefois la lisibilité de la compétition. Même si la Ligue n'est pas responsable des mouvements sociaux ni des décisions prises par les préfectures, elle doit en gérer les conséquences. Ces modifications répétées constituent un élément défavorable au moment où elle souhaite convaincre les diffuseurs de l'attractivité de son championnat.
Cette situation rappelle celle de la crise des Gilets jaunes en 2018. À l'époque, Canal+ avait réclamé 46 millions d'euros à la LFP devant le tribunal de commerce de Paris, estimant avoir subi un préjudice commercial en raison des nombreux reports. La chaîne avait finalement été déboutée, une décision ensuite confirmée en appel. Aujourd'hui, le contexte est différent puisque Ligue 1+, diffuseur actuel du championnat, dépend directement de la LFP. Cette organisation facilite les échanges autour des changements de programmation. Elle ne règle toutefois pas la question de l'image du championnat à quelques jours d'un appel d'offres déterminant pour son avenir économique.