Foot - Mahdi Camara, du football provençal à Rennes, l'ascension d'un milieu complet

Foot - Mahdi Camara, du football provençal à Rennes, l'ascension d'un milieu complet

Né à Martigues et passé par Saint-Étienne puis Brest, Mahdi Camara s'est imposé comme un milieu de terrain reconnu en Ligue 1. Désormais à Rennes, le joueur originaire des Bouches-du-Rhône revient, dans un entretien accordé à L'Équipe, sur son évolution, son goût pour les duels et sa liberté de se projeter vers l'avant. Il évoque également son entente avec ses partenaires, notamment l'ancien Marseillais Valentin Rongier.

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Né à Martigues en 1998, Mahdi Camara fait partie de ces joueurs originaires de la région marseillaise qui ont réussi à s'imposer durablement en Ligue 1. Après ses premiers pas dans le football à Martigues, il a poursuivi sa formation à Saint-Étienne, avant de se révéler à Brest sous les ordres d'Éric Roy. Désormais à Rennes, le milieu de terrain revient sur son parcours et sa vision du poste dans un entretien accordé à L'Équipe. Car Camara n'était pas initialement destiné à évoluer dans l'entrejeu. « Plus jeune, à Martigues (2004-2013), j'ai d'abord été attaquant, numéro neuf, un peu milieu offensif. C'est vraiment à Saint-Étienne, à 15 ans, qu'on m'a fait basculer au milieu, de 6 à 8 ou 10. » Une reconversion qu'il a rapidement acceptée, notamment grâce aux conseils de joueurs expérimentés comme Yann M'vila et Yohan Cabaye, côtoyés chez les Verts. Le joueur n'a d'ailleurs jamais regretté ce changement de position. « Non, je voulais juste jouer au foot (sourire). Mais j'ai toujours eu aussi cette envie de défendre. J'aime ça, j'aime les duels. Donc milieu, c'est parfait pour moi. Avoir la liberté d'attaquer et de défendre, c'est tout ce que j'aime. »

À Brest, une nouvelle dimension dans son jeu

C'est surtout lors de son passage à Brest que le Martégal a pu exploiter pleinement ses qualités, après avoir été recruté par Grégory Lorenzi, aujourd'hui directeur sportif de l'OM. Dans une équipe capable de bousculer les favoris du championnat, Camara s'est distingué par son activité, son agressivité dans les duels et sa faculté à accompagner les actions offensives. « Tu es au milieu de tout, dans la densité, c'est souvent par là que le jeu passe. Je trouve que c'est là où tu prends le plus de plaisir, qu'il y a tant à faire : gratter un ballon et, derrière, finir une action, distribuer, aider, participer et être libre de se projeter. C'est vraiment à Brest qu'on m'a laissé cette opportunité, que les coaches ont vu ces qualités de projection en moi. Ce qui m'a permis de passer un palier. » Cette progression lui a permis de découvrir la Ligue des champions avec Brest, avant de rejoindre Rennes et de poursuivre son expérience européenne en Ligue Europa. Un parcours intéressant pour un joueur qui a désormais dépassé les 200 rencontres dans l'élite. Camara ne se considère toutefois pas comme un passionné de statistiques individuelles. S'il prend le temps d'analyser ses prestations, il préfère juger l'utilité de ses interventions plutôt que leur quantité. « Tu peux avoir 100 % de passes réussies mais n'avoir donné la balle qu'à Brice (Samba, le gardien rennais), ce n'est pas ce qui compte forcément. »

Une association avec l'ancien Marseillais Valentin Rongier

À Rennes, Camara évolue dans un secteur particulièrement concurrentiel, notamment aux côtés de Valentin Rongier, ancien milieu de l'OM, et d'Adrien Thomasson. Une concurrence qu'il aborde davantage sous l'angle de la complémentarité que de la rivalité. « Ça passe par beaucoup de communication. Tout le monde est capable de prendre le leadership à un moment donné, ce n'est pas toujours la même personne qui va parler. On a des profils différents qui peuvent se compléter, de quoi faire un milieu modulable. » Le Martégal cite également Sebastian Szymanski et Djaoui Cissé parmi les joueurs qui apportent des solutions à Rennes. Après des débuts compliqués, marqués par une expulsion et une suspension lors de sa première saison, il estime avoir progressivement trouvé sa place dans l'effectif breton. Son ambition est maintenant de retrouver davantage d'efficacité devant le but, comme lors de ses meilleures périodes à Brest. « Ce n'est pas mon boulot principal mais c'est sûr que j'ai envie de toujours marquer, d'en mettre plus ou autant qu'à Brest. J'y travaille (sourire). » À 28 ans, Mahdi Camara poursuit ainsi son chemin au plus haut niveau. Un parcours construit loin de Marseille, mais qui reste celui d'un joueur né et passé par le football martégal, aujourd'hui installé parmi les milieux de terrain expérimentés de Ligue 1.

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