Il fut longtemps le garant de l’efficacité marseillaise. Aujourd’hui, Pierre-Emerick Aubameyang incarne davantage les difficultés du moment. À bientôt 37 ans, l’attaquant ne peut plus masquer certains signes d’usure. Les accélérations sont moins tranchantes, les enchaînements moins fluides, et les périodes d’effacement se multiplient. Depuis l’Olympico remporté face à Lyon (3-2) le 1er mars, ses prestations ont perdu en constance. À Lorient (0-2), notamment, son influence a été quasi inexistante sur une première période révélatrice des maux actuels. Pourtant, dans un secteur offensif fragilisé, il reste une pièce maîtresse, presque par défaut.
Un casting offensif décimé par les pépins
Autour du Gabonais, les solutions se raréfient. Igor Paixao, l’un des rares joueurs capables d’apporter du dynamisme, a quitté ses partenaires à la pause au Moustoir, touché au mollet. Le staff a déjà acté son absence pour la réception de Nice, avec une indisponibilité estimée à deux semaines, sans garantie absolue au regard des précédents médicaux de la saison. Le dossier Amine Gouiri n’apporte guère plus de certitudes. Déjà freiné par des soucis musculaires au printemps, l’attaquant traîne encore des incertitudes physiques. Sa participation face à Nice reste très incertaine, ce qui priverait encore l’OM d’un profil technique censé fluidifier le jeu offensif. Ces absences s’ajoutent à une saison déjà marquée par des pépins récurrents, qui ont touché plusieurs éléments de l’effectif et empêché toute continuité dans les associations offensives.
Dans ce contexte, Mason Greenwood apparaît comme la principale source de danger. Meilleur buteur du club en Ligue 1 avec 15 réalisations, l’Anglais reste capable de faire basculer un match sur une action. Mais cette dépendance souligne aussi les limites actuelles du collectif. Ralenti lui aussi par une béquille contractée face à Lille, il n’évolue pas toujours à 100 %. Et même lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, son jeu, parfois jugé nonchalant, peut rapidement devenir prévisible lorsque ses initiatives individuelles échouent. Derrière lui, Hamed Junior Traoré et Ethan Nwaneri n’ont pas su s’imposer comme des alternatives crédibles. Le premier, repositionné sur un côté à Lorient, n’a pas pesé, tandis que le second reste en retrait dans la hiérarchie offensive.
Des intentions offensives sans impact réel
Face à Lorient, Habib Beye avait pourtant aligné un dispositif ambitieux. Le 3-4-3 mis en place laissait entrevoir une volonté de multiplier les solutions offensives, avec des profils portés vers l’avant et une certaine liberté accordée aux attaquants. Mais cette ambition est restée théorique. Sur le terrain, les circuits de passes ont manqué de précision, les décalages ont été rares et les centres, nombreux, n’ont presque jamais trouvé preneur. Le décalage entre l’intention et la réalité a été flagrant. Seul Igor Paixao, avant sa sortie, a semblé capable d’apporter un semblant de déséquilibre. Son activité sur le couloir gauche contrastait avec l’apathie générale observée dans le dernier tiers.
Les données illustrent ce recul. Si les occasions créées restent globalement similaires à celles observées en début de saison, l’efficacité s’est nettement dégradée. Sous la direction de Beye, la moyenne de buts inscrits est passée de 2,3 à 1,3 par match. Ce chiffre traduit une difficulté à convertir les situations en réalisations concrètes. L’OM ne surperforme plus ses occasions, contrairement à la première partie de saison. Le réalisme a laissé place à une forme de maladresse persistante. Sur les quatre derniers déplacements en Ligue 1, les Marseillais n’ont inscrit que deux buts. Un bilan insuffisant, qui pèse directement sur les résultats et les ambitions du club.
Une équipe qui s’éteint collectivement
Au-delà du seul secteur offensif, c’est l’ensemble de l’équipe qui semble marquer le pas. Le milieu de terrain, composé notamment de Pierre-Emile Hojbjerg et Himad Abdelli, a manqué d’impact à Lorient, incapable d’imposer un rythme ou de gagner les duels nécessaires pour alimenter l’attaque. Cette absence d’intensité a contribué à endormir le jeu marseillais, laissant les attaquants isolés et privés de ballons exploitables. Le problème dépasse donc la simple question de finition. Reste à comprendre les causes profondes de cette baisse de rendement. L’intensité exigée par le staff pourrait peser sur la lucidité des joueurs dans les zones décisives. À cela s’ajoute une saison longue, marquée par des efforts répétés et des blessures à répétition. Cette usure, à la fois physique et mentale, semble aujourd’hui se refléter dans le manque de précision offensive. Les gestes sont moins justes, les choix moins rapides, et l’efficacité s’en ressent directement.
À l’approche des dernières échéances, ces difficultés offensives constituent un enjeu majeur. La capacité de l’OM à retrouver du tranchant devant le but conditionnera en grande partie sa fin de saison. Entre un effectif diminué, un leader offensif en perte de vitesse et une efficacité en berne, le défi s’annonce important. Le groupe marseillais devra rapidement trouver des solutions pour éviter que cette panne offensive ne compromette ses objectifs.