OM : pourquoi Sampaoli a eu raison de faire jouer Pau Lopez

Le technicien argentin a surpris tout le monde samedi en titularisant le gardien espagnol. Mandanda a été surpris, mais la décision de Sampaoli était la bonne.

Publié le 13/09/2021 à 12:00

Samedi, alors que l'OM a donné une démonstration sur la pelouse de Monaco (2-0), les deux attractions de la soirée étaient évidemment le jeune Bamba Dieng pour ses deux buts et sa prestation XXL, mais aussi Amine Harit, titulaire surprise et auteur d'un match de très grande classe. Pourtant, la surprise initiale de cette rencontre se situait dans les buts, puisque Jorge Sampaoli a décidé de titulariser Pau Lopez à la surprise générale. Une surprise partagée par un Steve Mandanda qui ne s'y attendait pas, au vu de son début de saison convaincant, mais surtout de son statut de légende vivante du club. Pourtant, le technicien argentin n'a pas agi sur un coup de tête, au contraire.

"On prend enfin conscience de l'importance capitale des gardiens. Sans grand gardien, on ne va pas au bout"

Recruté en fin de mercato en provenance de la Roma, Pau Lopez a eu droit à une longue convalescence suite à une blessure à l'épaule. On le savait de nouveau opérationnel à l'entraînement, mais il est vrai que sa présence dans le onze à Monaco a étonné les observateurs. "On sait que Mandanda est une légende au club, on sait tout le bien que l'on pense de lui, expliquait Sampaoli à la fin de la rencontre. Ce que l'on veut c'est une rotation avec ces deux gardiens et il faut que tous les joueurs aient du temps de jeu. Il y a beaucoup de matchs. Mettre Pau ce soir n'est pas une surprise pour nous, on savait très bien qu'il allait répondre présent." Une manière très claire d'annoncer une vraie concurrence entre les deux numéros un, même si ce poste n'était pas vraiment habitué à ça encore récemment. "Le premier constat, c'est qu'on prend enfin conscience de l'importance capitale des gardiens, explique Michel Troin, ancien coach des gardiens du Stade Rennais. Dans tous les sports collectifs comme le foot, mais aussi le handball ou le hockey, ce sont eux qui font la différence, surtout dans les grands matches. On l'a vu avec Barthez en 98, Lloris à la dernière coupe du monde, ou Donnaruma cet été avec l'Italie. Je pense aussi à Edouard Mendy avec Chelsea la saison dernière. Sans grand gardien, on ne va pas au bout, souvenez-vous de Liverpool il y a trois ans en finale de la Champions League avec le pauvre Karius".

"Le fait de gérer leur temps de jeu fera qu'ils seront toujours dans leur forme optimale. S'il y en a un qui donne le moindre signe d'usure, l'autre va prendre sa place"

De toute façon, si beaucoup d'entraîneurs continuent d'avoir une hiérarchie bien établie, ce n'est pas du tout le cas de Jorge Sampaoli qui n'hésite pas à déboulonner des statues lorsqu'il débarque dans un club. C'étaient le cas de la légende de Santos Wanderlei, ou de Victor à l'Atlético Mineiro, tous deux mis en concurrence (et sur le banc) par l'Argentin lors des deux dernières années. "Pour avoir un gardien performant sur une longue saison, il ne doit pas être usé, explique Michel Troin. Il faut une gestion physique, mais aussi mentale, car le poste demande une immense concentration. C'est pour cela que les gros clubs misent depuis quelques années sur une vraie concurrence avec deux gardiens de très haut niveau. On parle du danger au PSG avec la concurrence entre Navas et Donnaruma, mais c'est peut-être le détail qui les fera aller au bout. C'est pareil à Marseille, car on parle de concurrence, mais je parle d'émulation. Le fait de gérer leur temps de jeu fera qu'ils seront toujours dans leur forme optimale. S'il y en a un qui donne le moindre signe d'usure, l'autre va prendre sa place. Ainsi, il n'y a pas de trou et c'est capital pour moi". Et tant pis si Mandanda n'a pas trop apprécié samedi, comme l'explique L'Equipe. Une déception légitime sur le coup au vu de son statut et de son niveau, mais qui ne devrait pas dégénérer selon Michel Troin : "Mandanda peut être surpris ou déçu, mais il faut savoir que les gardiens forment un groupe à l'intérieur du groupe. Leur solidarité n'est pas une légende, il y a un vrai état d'esprit. Sampaoli a raison de faire jouer Pau Lopez, car lorsqu'il en aura besoin dans un match décisif, il aura besoin de confiance et de la confiance de ses partenaires pour être performant". Difficile de dire s'il l'a été samedi, tant les Marseillais se sont baladés à Monaco, mais la concurrence ne fait que commencer, c'est une certitude.