OM - Nnadi, c'est la vie ?

OM - Nnadi, c'est la vie ?

Longtemps cantonné à un rôle secondaire depuis son arrivée à l'OM, Tochukwu Nnadi s'est imposé comme un titulaire incontournable sous les ordres de Bruno Genesio. Malgré une blessure au genou et un pari médical risqué, le Nigérian de 23 ans a su saisir sa chance. Précieux à la récupération et essentiel à l'équilibre du milieu marseillais, il incarne aujourd'hui l'une des belles surprises de ce début de saison.

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Six mois pour sortir de l'ombre

Qui aurait pu imaginer, il y a encore quelques mois, que Tochukwu Nnadi deviendrait un titulaire quasiment indiscutable à l'Olympique de Marseille ? Recruté pour 6 millions d'euros en provenance de Zulte Waregem lors du dernier mercato hivernal, l'international nigérian a longtemps dû prendre son mal en patience. Jamais utilisé par Roberto De Zerbi, puis timidement lancé par Habib Beye, il avait attendu le 26 avril et un match nul face à Nice (1-1) pour connaître sa première titularisation sous le maillot olympien. Six mois plus tard, le voilà devenu l'un des hommes forts du onze de Bruno Genesio. Une ascension aussi inattendue que méritée pour un joueur dont certains avaient presque oublié l'existence.

Pourtant, rien ne laissait présager une telle trajectoire. Son début de saison 2026-2027 avait même viré au cauchemar. Entré en jeu à Monaco, le milieu de 23 ans avait dû quitter ses partenaires après seulement 27 minutes, touché au genou. Une blessure qui aurait pu le tenir éloigné des terrains pendant plusieurs mois. Mais Nnadi a fait un choix fort, celui de ne pas se faire opérer. "Après la blessure de Nnadi, nous avons passé plusieurs jours à discuter avec les médecins, l’équipe et son entourage pour déterminer la meilleure décision à prendre", a expliqué son agent, Timur Daguev, à La Provence. "Beaucoup lui conseillaient de se faire opérer immédiatement. C’était sans doute l’option la plus sûre, mais cela impliquait aussi de s’éloigner du terrain et de l’équipe pendant plusieurs mois. Nous avons pris une autre décision." Un pari médical risqué, mais qui, pour le moment, semble porter ses fruits.

Le joueur qui manquait à l'OM ?

Depuis la défaite contre l'Olympiakos (0-1), le 15 octobre dernier en Ligue Europa, Nnadi n'a quasiment plus quitté le onze de départ, à l'exception du déplacement perdu face au Sturm Graz. En championnat, il a participé aux trois dernières victoires marseillaises, contre Angers, Le Havre et Toulouse. Passeur décisif face aux Angevins, il a également obtenu deux fois la note de 7/10 dans les évaluations du Phocéen, contre Angers puis Toulouse, après un 5,5/10 face au Havre. Des performances qui traduisent une régularité nouvelle pour un joueur qui semble désormais avoir toute la confiance de son entraîneur. Évidemment, Nnadi a bénéficié de circonstances favorables. Le début de saison complètement raté d'Angel Gomes, désormais relégué sur le banc dans l'esprit de Genesio, lui a ouvert une porte. Les excellentes prestations d'Himad Abdelli dans un rôle de numéro 10, récompensées par le titre de Phocéen du mois d'octobre, ont également contribué à redistribuer les cartes dans l'entrejeu. Mais réduire l'éclosion de Nnadi aux difficultés de ses concurrents serait profondément injuste. Car le Nigérian a surtout gagné sa place sur le terrain. Et c'est finalement tout ce que l'on demande à un joueur : saisir l'occasion lorsqu'elle se présente, puis faire en sorte que son entraîneur n'ait plus envie de le sortir de l'équipe.

Associé à Kamissoko ou à Pierre-Emile Hojbjerg lors des deux dernières rencontres, Nnadi apporte quelque chose qui manquait cruellement à cet OM : de l'agressivité à la récupération, de l'impact dans les duels et cette capacité à aller chercher le ballon dans les pieds adverses. L'action qui amène l'ouverture du score d'Amine Harit dès la deuxième minute contre Toulouse en est une illustration parfaite. Nnadi n'est peut-être pas celui qui fera lever les foules avec une passe lumineuse ou un dribble spectaculaire, mais il est celui qui permet aux autres de briller. Son travail est parfois ingrat, rarement spectaculaire, mais tellement précieux dans une équipe qui avait pris la mauvaise habitude de laisser trop d'espaces à ses adversaires.

Enfin un équilibre au milieu

Et c'est probablement là que réside sa plus grande réussite. Depuis de longs mois, l'OM cherche désespérément un équilibre dans son entrejeu. La saison dernière, comme lors des premières semaines de cet exercice, les Marseillais ont trop souvent donné le sentiment de posséder des joueurs de qualité sans parvenir à former un véritable collectif au milieu du terrain. Avec Nnadi, Genesio tient peut-être enfin une partie de la solution. Son activité permet de sécuriser les transitions, de soulager ses partenaires et de donner davantage de liberté aux joueurs offensifs. Car le problème de l'OM n'était pas forcément de manquer de talent au milieu. Il était surtout de trouver la bonne complémentarité entre ses différents éléments. Et dans ce registre, le Nigérian commence à se rendre sacrément utile.

Il serait évidemment prématuré de faire de Nnadi le sauveur de l'OM après quelques bonnes prestations. Il lui faudra confirmer sur la durée, notamment dans les rencontres européennes où Marseille continue de souffrir. Mais difficile de ne pas constater que son émergence accompagne le redressement collectif des Olympiens. Les quatre victoires consécutives en championnat ne peuvent évidemment pas être attribuées à un seul joueur, mais le milieu marseillais affiche désormais un visage plus cohérent. Et Nnadi n'y est certainement pas étranger. À 23 ans, le Nigérian possède encore une belle marge de progression. Tout n'est pas parfait dans son jeu, et il devra notamment gagner en justesse avec le ballon pour franchir un nouveau cap. Mais il possède déjà une qualité essentielle : il semble avoir compris ce dont cette équipe avait besoin. À une époque où l'on attend souvent des recrues à plusieurs dizaines de millions d'euros qu'elles transforment immédiatement une équipe, voilà qu'un joueur arrivé dans une relative discrétion devient l'un des éléments les plus précieux du collectif marseillais. Et si le véritable renfort du milieu était finalement celui que personne n'attendait ? Pour l'OM, espérons que cette belle histoire ne fait que commencer. Nnadi, c'est la vie !

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