OM : Milik et Payet, pourquoi l'équation est compliquée pour Sampaoli

Focus sur l'animation actuelle de Jorge Sampaoli à l'OM, qui empêche Payet et Milik d'évoluer ensemble.

Publié le 06/12/2021 à 01:00

Depuis le début de saison, les débats entre supporters de l'OM sur les choix de Jorge Sampaoli ne manquent pas. Cela fait une semaine que l'un d'entre eux a décidé d'occuper une place centrale. Arkadiusz Milik, le grand attaquant, cette bénédiction inattendue dont la possibilité d'un départ express l'été dernier en a fait trembler plus d'un, est désormais sur le banc. C'est bien fait pour certains car il ne s'est pas montré au niveau qui est censé être le sien depuis son retour de blessure alors que pour d'autres, la défaite contre Brest montre bien que le problème ne venait pas de lui. En grattant un peu du côté de l'entraîneur de l'OM et de ses interrogations autour de l'équipe, on se rend compte que la réflexion globale ne porte pas sur le joueur mais sur un équilibre général. 

Payet, Milik et les autres derrière quand il faut défendre, ça ne marche pas

Depuis la trêve d'octobre, le schéma peut changer, ou ressembler à ce qui a déjà été fait, il y a une constante dans la logique de Jorge Sampaoli : un plus grand équilibre défensif, avec une organisation à la perte de balle qui change du tout au tout par rapport aux ambitions offensives. L'illustration parfaite en vient peut-être de Valentin Rongier. Il était au départ milieu défensif, homme-clé avec un double poste en basculant latéral droit en fonction de la possession, pour devenir aujourd'hui presque exclusivement latéral droit, positionné derrière un Pol Lirola. Alors qu'on aurait pu imaginer les années précédentes le voir devant au départ dans le schéma, quitte à compenser dans le couloir les montées de l'Espagnol. Dans cette organisation défensive, il y a donc deux lignes de quatre, une en défense, une au milieu. Cela laisse deux places dans l'axe, pour deux joueurs censés constituer ce que l'on appelle "le premier rideau". Milik en pointe, Payet en dix, qui au besoin peut jouer deuxième attaquant. C'est comme ça que les deux hommes ont plutôt bien combiné en fin de saison dernière. Sauf que cette saison, vu le jeu proposé par la formation de Jorge Sampaoli, cela ne marche plus aussi bien. Le "3-5-Payet-Milik" a montré ses limites, cela s'est notamment vu à Istanbul contre Galatasaray. La force de cet OM, ce qui a enchanté les observateurs en début de saison, ce sont ces préparations d'action qui finissent sur les ailes, ce pressing avancé au milieu de terrain qui permet de chercher des solutions le plus haut possible avec deux joueurs positionnés juste derrière l'avant-centre. Et pour cela, même si l'OM ne compte que sur trois éléments en défense, il ne reste plus qu'une place devant, c'est mathématique.

Se priver d'ailiers ? Pas vraiment l'humeur de Sampaoli

Soit Sampaoli aligne Payet, avec un Gerson et un Guendouzi dans la ligne des quatre milieux offensifs du 3-2-4-1, où Gerson revient à son meilleur niveau, soit Sampaoli aligne Milik en pointe, mais à ce moment-là, l'attelage Payet-Guendouzi, ou Payet-Gerson, ne semble pas en mesure de récupérer assez de ballons au milieu de terrain. Il faut alors peut-être plus remplacer les ailiers sur les côtés par des milieux capables de plus travailler et on revient finalement à la composition vue à Galatasaray avec un Pape Gueye par exemple, positionné sur un côté, ce qui nuit grandement à la dynamique générale de l'équipe. Comme l'a indiqué Jorge Sampaoli en conférence de presse après la défaite contre Brest, que vous pouvez retrouver en vidéo : "On a un groupe jeune et le conducteur footballistique, c’est Dimitri Payet". Pour voir donc Milik et Payet dans une formation équilibrée, il faut donc se mettre à rêver à un nouveau schéma. Pourquoi pas un losange qui aurait le mérite de laisser trois joueurs combiner devant comme ils l'entendent ? Avec le duo infernal, on pourrait retrouver Cengiz Under dans un rôle plus axial, Amine Harit qui semble bien revenir, ou même Gerson en faux 10, laissant Guendouzi, Rongier et Kamara compléter le milieu. Mais l'OM y perdrait ses ailiers. Et ce n'est pas le souhait de Sampaoli. L'équation reste donc complexe...