OM : Kamara, la maturité à 21 ans

Buteur face à Lorient dimanche, Bouba Kamara a encore donné un aperçu de sa progression dans le jeu et la responsabilité. C'est d'autant plus vrai qu'il s'était rendu coupable de l'ouverture du score des Bretons.

Publié le 18/10/2021 à 15:00

Tout comme l'on peut dire qu'il y a un OM avec Payet et un OM sans Payet, c'est un peu la même chose avec Boubacar Kamara. Ce n'est pas vraiment une nouveauté, puisque cela fait belle lurette que le minot de La Soude est devenu indispensable à son équipe. Mais, en inscrivant le premier but olympien (et son premier cette saison) lors de la victoire de l'OM face à Lorient dimanche (4-1), Bouba prouve une nouvelle fois le rôle crucial qu'il occupe dans le système de Sampaoli. Mieux : il assume désormais une part de responsabilité qui le rend carrément incontournable. On l'a vu face aux Bretons où c'est lui, comme il le reconnait, qui est à l'origine de l'ouverture du score du FCL en tergiversant un peu trop au lieu de dégager le ballon. "Il fallait vite que j'oublie, concédait-il à la fin du match. C'est fait, c'est fait. J'ai pris des risques et ça n'a pas fonctionné. Il fallait que je me reconcentre et que je ne me laisse pas perturber par ça pour ne pas que ça gâche le reste du match. Je suis resté focus et je me suis donné à 300% pour aider l'équipe au mieux et me rattraper". Une faute inhabituelle qu'il va donc largement compenser en sonnant la charge pour l'égalisation.

"Si Bouba joue de plus en plus vers l'avant, c'est parce que l'organisation de Sampaoli l'oblige à le faire"

Un but sur une frappe sèche à mi-distance (27') qui vient quelques secondes après une première tentative écartée par le gardien lorientais. Mais, au-delà de ce but, on a une nouvelle fois constaté à quel point Kamara a encore franchi des paliers dans son jeu vers l'avant, faisant de lui un vrai acteur du jeu dominateur des Olympiens. "Si Bouba joue de plus en plus vers l'avant, c'est parce que l'organisation de Sampaoli l'oblige à le faire, explique le technicien marseillais Bernard Rodriguez. Avec ce 3-2-4-1 lorsque l'équipe a le ballon, Kamara et Rongier sont placés devant les trois défenseurs et toute l'animation offensive se passe devant eux. Lorsqu'il a le ballon, vu que Sampaoli joue sans piston dans les couloirs, l'objectif de Kamara ne peut être que d'alimenter les cinq joueurs de devant. Ce n'est pas comme s'il avait la possibilité de faire des dédoublements avec des joueurs de couloir. Là, il doit toucher un ailier dans la profondeur ou trouver Payet qui se promène entre la défense centrale et le milieu adverse".

"En fait, après avoir été un défenseur central placé un cran plus haut, il est devenu un vrai milieu de terrain"

Ce rôle crucial, souvent souligné par Jorge Sampaoli, fait aujourd'hui de Bouba Kamara un milieu de terrain complet, alors qu'on le voyait jusque-là comme un travailleur concentré sur la solidité de l'ensemble. Quand Bouba s'attachait surtout à aider sa défense centrale au poste de sentinelle, il affiche désormais un profil proche du "regista" à l'italienne, ce que l'on n'attendait pas forcément de lui. "On remarque qu'au fil des saisons, il prend de l'assurance dans son jeu, confirme Rodriguez. On a vu la saison dernière qu'il avait franchi un cap au niveau de la prise de responsabilité. Là où il se contentait souvent de défendre dans l'axe et de donner rapidement à un joueur à côté de lui, on le voit de plus en plus tenter et réussir des dribbles de dégagement, des percées verticales, et surtout des passes "à risques" entre les lignes. En fait, après avoir été un défenseur central placé un cran plus haut, il est devenu un vrai milieu de terrain". Tout est dit dans cette dernière phrase, avec un minot qui ne cesse de montrer qu'il est armé pour monter très haut. On en oublierait presque qu'il n'a encore que 21 ans, quand on le voit évoluer tactiquement ou endosser après le match la responsabilité de l'ouverture du score de manière spontanée, comme vous pouvez le voir en vidéo.