Les Olympiens ont encore offert une première période séduisante, inscrivant deux buts et affichant une réelle maîtrise collective. Une semaine après s'être fait peur au Havre en laissant revenir un adversaire pourtant largement dominé, les hommes de Bruno Genesio ont cette fois su fermer la porte. Un succès 2-0, un clean sheet et une quatrième victoire consécutive en championnat : les leçons semblent avoir été retenues.
Car il ne faut pas se tromper sur la physionomie de cette rencontre. L'OM n'a pas livré une prestation aboutie pendant 90 minutes. Loin de là. Après avoir pris les devants grâce à Amine Harit, parfaitement servi par Amine Gouiri dès la deuxième minute, puis doublé la mise par ce dernier à la 25e, Marseille a progressivement perdu le contrôle. La seconde période a même ressemblé à une longue opération de résistance face à des Toulousains entreprenants, parfois maladroits, mais suffisamment dangereux pour faire trembler le Vélodrome. Jeffrey De Lange a multiplié les interventions décisives, tandis que deux buts toulousains ont été refusés pour hors-jeu. Pourtant, cette fois, l'OM n'a pas craqué. Et c'est précisément ce qui rend cette victoire intéressante.
Un collectif qui commence enfin à ressembler à quelque chose
Au-delà du résultat, il faut souligner les progrès accomplis depuis plusieurs semaines. Quand l'OM attaque, il le fait avec davantage de mouvement et de soutien. Quand il faut défendre, les joueurs acceptent de travailler ensemble. Les offensifs participent aux replis, le milieu accompagne les déplacements du bloc et les défenseurs peuvent évoluer dans un ensemble plus structuré. Tout n'est évidemment pas parfait, mais la différence avec certaines prestations du début de saison est réelle.
La première période contre Toulouse en a donné une illustration convaincante. Le pressing a perturbé les relances adverses, les récupérations ont été exploitées rapidement et les Marseillais ont su profiter des espaces laissés par une formation toulousaine particulièrement ambitieuse. Le deuxième but de Gouiri, consécutif à une mauvaise relance adverse et à une intervention de Paixao, symbolise cette capacité retrouvée à punir immédiatement les erreurs.
Surtout, l'OM semble progressivement corriger ses défauts plutôt que les reproduire indéfiniment. Et dans une saison où la confiance avait été sérieusement entamée par une succession de mauvais résultats, cette faculté à apprendre de ses erreurs mérite d'être saluée.
À l'heure de jeu, le moteur était vide
Reste toutefois un problème majeur, impossible à ignorer malgré les trois points : cette équipe semble encore incapable de maintenir son intensité pendant une rencontre entière. Autour de la 60e minute, le constat devenait évident : il n'y avait plus beaucoup d'essence dans le moteur. Les courses se faisaient plus rares, les sorties de balle devenaient laborieuses et les distances entre les joueurs, si cohérentes auparavant, s'allongeaient dangereusement. Toulouse en a profité pour multiplier les situations dangereuses. Entre les occasions de Russell-Rowe, les tentatives de Tengstedt et les interventions indispensables de De Lange, l'OM a parfois davantage survécu que véritablement défendu avec maîtrise. Il serait donc excessif de parler de démonstration défensive. Les Marseillais ont aussi bénéficié de la maladresse adverse et de quelques situations favorables.
Mais contrairement au déplacement au Havre, ils n'ont pas laissé leurs difficultés se transformer en effondrement. Même épuisés, même acculés devant leur surface, les Olympiens sont restés mobilisés jusqu'au bout. Cette résistance ne règle pas tous les problèmes, mais elle traduit un changement d'état d'esprit. Et c'est déjà beaucoup.
Lens plutôt que la dispersion ?
Cette baisse de régime soulève néanmoins une interrogation plus large. L'OM a-t-il aujourd'hui les moyens physiques et collectifs de mener deux compétitions de front ? La question mérite franchement d'être posée.
Alors que le déplacement à Leverkusen en Ligue Europa précédera celui à Lens en championnat, Bruno Genesio va devoir gérer les ressources de son groupe. Or, au regard des difficultés rencontrées pour tenir 90 minutes face à Toulouse, difficile d'imaginer cette équipe enchaîner plusieurs rencontres de très haute intensité sans en payer le prix. Dans ce contexte, privilégier le déplacement à Lens pourrait avoir du sens. Même si le contraire sera annoncé dans les prochains jours.