Lazio-OM : Sarri contre Sampaoli, finale du beau jeu ?

Présentation du match entre la Lazio Rome et l'Olympique de Marseille en Europa League.

Publié le 21/10/2021 à 01:00

C'est une formule un peu bateau dans le football. Notamment en fin de saison, où, pour tous les clubs, il faut jouer "tous les matchs qui restent comme des finales". Jorge Sampaoli s'y est aventuré dès le mois d'octobre, comme vous pouvez le voir dans la vidéo. Mais cela s'entend puisqu'on parle d'une poule d'Europa League. Depuis 20 ans, les phases de groupes sont réglées comme du papier à musique : l'équipe affrontée à la troisième journée est aussi celle jouée lors de la quatrième. Et comme le goal-average particulier est privilégié pour départager les deux équipes, oui, cela peut être considéré comme une finale de groupe, surtout que l'OM n'affronte pas n'importe qui : la Lazio Rome, européenne depuis cinq ans, sortie de sa poule de Ligue des champions l'an dernier en étant invaincue. 

Depuis quand l'OM n'a pas gagné contre une équipe du calibre de la Lazio ?

Depuis le début de saison, il y a toujours à redire sur les victoires de l'OM. "Oui mais c'était contre Montpellier, Lorient, un Saint-Etienne en crise...", "même Monaco au moment de l'affrontement ils étaient à l'agonie". Forcément, comme la perception reste subjective car on peut faire dire ce que l'on veut aux chiffres, même en cas de succès ce jeudi à Rome, certains pourront argumenter, résultat à l'appui, que, soit ce n'était pas la vraie Lazio alignée, soit ils n'étaient pas vraiment concentrés. Mais une rencontre contre la Lazio n'est pas anodine. C'est un grand nom du championnat italien, un nom prestigieux, un club qui a une histoire. Sans vouloir minimiser la formidable épopée en Europa League en 2018, qui n'est pas facile, preuve en est un club comme Lyon n'arrive jamais en finale de coupe d'Europe, quels sont les derniers gros que l'OM a sortis en phase aller-retour ? Il faut peut-être remonter dix ans en arrière avec l'OM de Deschamps qui élimine l'Inter Milan après avoir tapé le Borussia Dortmund en poule à l'aller comme au retour. 

 

 

Pressing très haut contre défense très technique

Pour pimenter le tout, en face, il y aura un autre technicien apôtre du beau jeu : Maurizio Sarri. Trois saisons à Empoli, puis trois saisons à Naples ont fait sa légende. Avec cet ancien employé de banque, comme Sampaoli, le personnage est digne d'un film, mais comme Sampaoli, tout est millimétré sur le terrain. Les schémas de relance de ses équipes sont des modèles, et cela faisait drôle de voir Chelsea jouer subitement comme Naples (ce qui ne les a pas empêchés de gagner une coupe d'Europe à la fin). Si les cadres de la Juventus l'ont rapidement forcé à renoncer, il est en train de recréer à Rome ce qui avait fait sa force. Il y a quelques mois, il se serait bien vu à la tête de l'équipe nationale italienne. C'est ce qu'il aurait confié, lorsque Pablo Longoria a approché Maurizio Sarri pour l'OM après André Villas-Boas. Mais Roberto Mancini, une légende de la Lazio, a remporté l'Euro. Alors Sarri va tenter de connaître le succès sur ses terres. Face à un Sampaoli qui aime avoir beaucoup de joueurs offensifs pour presser haut quitte à créer le déséquilibre dans son schéma, Sarri oppose un 4-3-3 immuable où l'on repart de très bas en faisant la différence techniquement. Sampaoli pourrait bien marquer de précieux points en dominant cette équipe romaine à sa manière ou en s'adaptant, c'est au choix. Sur les deux matchs et pas qu'un seul. L'objectif est bien d'être devant la Lazio sur les deux confrontations, même si les buts à l'extérieur ne comptent plus. Derrière, les calculs pour finir dans les deux premiers avec les deux journées restantes seront plus simples.