Bordeaux 0-0 OM : les bons et les mauvais soldats...

Retour sur le match nul de l'OM à Bordeaux (0-0).

Publié le 15/02/2021 à 01:00

Comme à Paris (0-1), ou à Lyon (1-1) cette saison, l'OM n'a donc pas terminé la rencontre à onze contre onze à Bordeaux (0-0). Mais une nouvelle fois, l'OM a tenu en infériorité numérique. Si, par définition, un match nul offre deux perceptions possibles, deux lectures différentes pour les acteurs et spectateurs d'une rencontre, ces matchs-là mettent encore plus en exergue cette dualité. Est-ce qu'il faut admirer l'abnégation des Phocéens pour avoir résisté dans cette configuration particulière ou plutôt se demander comment il est possible de se mettre dans un bourbier pareil ? Les deux, en réalité, surtout à ce moment-là de la saison. Soyons clairs, ce match à Bordeaux n'avait qu'un intérêt, celui de briser la fameuse série en cours face à cette équipe, qui est sûrement allée célébrer ce 0-0 avec ses supporters par un clapping sur le parking dans la nuit. Match nul ou défaite, un point ou zéro, vu la situation actuelle des Marseillais au classement, cela ne change pas grand-chose. Heureusement, cette purge un dimanche soir de Saint-Valentin n'a pas servi à rien. Car si l'on se refait bien l'histoire de ce Bordeaux-Marseille 2021, il y a ceux qui ont empêché l'OM de gagner et ceux qui lui ont permis de ne pas perdre. 

Faute professionnelle pour Benedetto ?

Autant donc s'en servir pour faire un tri en vue de la saison prochaine. Bien sûr, rien n'est définitif, ce n'est qu'un match et il peut encore se passer bien des choses dans les semaines qui viennent. Il n'empêche, cette rencontre dégage une tendance : par ordre chronologique, on ne peut pas faire confiance à Valère Germain, qui a refusé un duel face à Costil alors qu'il était seul au but. L'OM est une des équipes en Europe qui tire le moins au but cette saison. Autant dire que là, il était dans les conditions parfaites pour faire vibrer ses supporters et il n'a même pas essayé. On ne peut pas non plus faire confiance à Léonardo Balerdi. André Villas-Boas expliquait qu'il pouvait devenir un des meilleurs centraux du monde, mais vu qu'il ne semble pas apprendre de ses erreurs, cela risque d'être compliqué. Expulsé pour une faute grossière à l'automne lors de la réception de Porto, il a remis ça pour un gros antijeu sur Oudin. Sans même parler d'expérience, il y avait largement la place d'être plus fin et de ne récolter qu'un gros jaune. On ne peut pas non plus compter sur Benedetto, qui est d'un coup d'un seul devenu un joueur rugueux pour se faire Laurent Koscielny par derrière. Une faute professionnelle, car on sort même là du contexte du football. 

Motif d'espoir pour la suite ?

Mais on peut aussi se dire qu'il y en a qui n'ont pas baissé les bras. Qui ont vu ces actions ahurissantes mais qui sont restés concentrés. C'est le cas d'un Steve Mandanda, pas pour rien dans le clean sheet ramené par sa formation, de Boubacar Kamara, décidément très plaisant en patron de défense, de Pape Gueye, qui devient, semaine après semaine, le milieu de terrain le plus fiable du club. Pol Lirola a aussi été intéressant, bien que parfois brouillon au niveau de ses passes. Mais cela n'a rien à voir avec un Michaël Cuisance car, il y a un état d'esprit, une volonté de jouer haut, d'être force de proposition pour ses partenaires. Le déchet est de suite beaucoup plus pardonnable. On peut également noter la rentrée de Lucas Perrin, parfaitement dans l'esprit. Tout n'est pas à jeter dans cette équipe, il y a une partie qui ne demande qu'à être modifiée, par l'impulsion d'un nouveau coach ainsi qu'un bon mercato l'été prochain. A ces moments-là, quand il faudra trancher, il faudra peut-être repenser à ce match à Bordeaux pour dissocier les bons des mauvais soldats. Donc non, vraiment, ça valait le coup de le voir, ce match...