Sur sa chaîne YouTube, Romain Molina a livré une analyse dense et sans détour de la situation actuelle de l’Olympique de Marseille. Seul face caméra, comme à son habitude, le journaliste a évoqué les tensions internes, les responsabilités de la direction, le rôle de Pablo Longoria, de Mehdi Benatia, ainsi que les choix sportifs et économiques récents du club. Un constat nuancé, loin des caricatures sur le "contexte marseillais".
Des tensions internes, mais rien d’exceptionnel
D’emblée, Romain Molina refuse d’attribuer les difficultés actuelles au seul environnement marseillais. Selon lui, les dirigeants, le staff et les joueurs se sont placés eux-mêmes dans cette situation. Il reconnaît une forme de toxicité qu’il admet avoir sous-estimée, tout en relativisant : il affirme avoir observé des dysfonctionnements bien plus graves dans d’autres clubs français, citant notamment Valenciennes, le Paris FC, Monaco, Auxerre, Rennes ou encore Metz.
Pour lui, à Marseille, il s’agit davantage de tensions liées aux ego et à des querelles internes que d’une crise structurelle hors de contrôle. Il évoque notamment la relation entre Pablo Longoria et Mehdi Benatia, soulignant que des incompréhensions et des rivalités ont émergé, parfois alimentées par des fuites dans la presse. Des comportements qu’il qualifie d’« enfantillages ».
Benatia, Longoria et la chaîne de commandement
Le journaliste rappelle que l’entraîneur a obtenu les joueurs qu’il souhaitait et que les décisions sportives ont été validées collectivement. Il pointe néanmoins certaines ingérences inhabituelles, notamment l’implication d’un directeur marketing, Alessandro Antonello, dans des dossiers liés aux transferts. Assurant toutefois que cela se voit dans tous les clubs et qu'il n'est pas capable de révéler le degré d'implication du dirigeant. Une accusation un peu au doigt mouillé donc.
Concernant Mehdi Benatia, Romain Molina reconnaît ses défauts, notamment une volonté de tout contrôler, qui a pu agacer certains joueurs. Mais il insiste : tant que les résultats suivaient, les tensions restaient limitées. Selon lui, les défaites ont révélé des fractures déjà présentes. Un tournant majeur, selon Romain Molina, réside dans la position de Frank McCourt. L’actionnaire ne souhaite plus combler les pertes comme auparavant. Ce changement modifie profondément le projet et oblige le club à vendre davantage pour équilibrer ses comptes.
Pablo Longoria se retrouve désormais en première ligne. Romain Molina souligne que le président espagnol a traversé de nombreuses crises et s’en est toujours sorti politiquement. Pour le créateur de contenu, le véritable enjeu dépasse de toute façon les querelles personnelles : il s’agit de préserver la compétitivité du club malgré des moyens financiers restreints. L’OM doit désormais assumer ses choix, stabiliser sa gouvernance et éviter de s’agiter inutilement. La suite dépendra autant des résultats sportifs que de la capacité de ses dirigeants à faire front commun.