OM/Le Havre : Digard salue le milieu marseillais mais ne digère pas l'arbitrage

OM/Le Havre : Digard salue le milieu marseillais mais ne digère pas l'arbitrage

Après la défaite du Havre au Vélodrome face à l'OM (4-3), Didier Digard est revenu sur une rencontre marquée par les erreurs défensives de son équipe, une spectaculaire réaction en seconde période et plusieurs décisions arbitrales contestées. L'entraîneur havrais a notamment évoqué les mains litigieuses, les explications de Clément Turpin et les manquements de ses joueurs.

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Didier, pour commencer par la fin, que pensez-vous de l'action litigieuse dans la surface marseillaise ? Avez-vous revu les images ?

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Didier Digard : J'ai revu les images et je continue de dire ce que j'ai dit : pour moi, il y a main. Je comprends que l'adversaire dise qu'il n'y a pas main. De toute façon, il n'y a rien de très clair avec ça et personne n'y comprend rien. Mais encore une fois, ma plus grosse déception, c'est que sur une telle action, à ce moment-là du match, après les efforts des joueurs pour revenir, on ne comprenne pas la frustration de mon joueur et qu'on lui mette un carton jaune qui entraînera sa suspension. Je trouve que cela traduit très peu de compréhension et de prise en considération des événements et de ce qui se joue pour nous.

Il y a cette main de Nnadi, mais également une autre action avec Maupay, qui ne semble même pas avoir été vérifiée par la VAR...

D.D. : Non, on ne va pas perdre de temps.

Vous semblez pourtant plutôt serein malgré cette fin de match totalement folle et ce point que votre équipe aurait peut-être pu obtenir. Comment l'expliquez-vous ?

D.D. : Parce que j'ai compris que ça ne servait à rien et qu'au contraire, ça pouvait nous desservir. Je sais très bien que le club et la direction sont très énervés. Mais si, en plus, on se sert de ce que je peux dire dans la presse pour continuer d'appuyer sur nous, on ne va malheureusement pas s'en sortir. Le plus important, c'est ce que j'avais à dire à mes joueurs et ce que nous devons faire. Cela rejoint ce que j'ai dit il n'y a pas très longtemps : on ne peut rien attendre des autres. Il va falloir qu'on fasse mieux et qu'on aille chercher les choses nous-mêmes, même lorsqu'il s'agit des décisions arbitrales.

Que pouvez-vous dire à vos joueurs après un tel match ? Pendant quasiment une heure, Le Havre a été complètement dépassé avant de terminer la rencontre en boulet de canon.

D.D. : En fait, on est surtout ridicules sur les phases arrêtées. On se rend compte que ce sont des choses qui ne sont pas normales dans la situation où nous sommes. Quand on parle d'état d'esprit, prendre des buts sur des oublis de marquage, c'est quelque chose qui ne peut vraiment pas arriver dans notre situation. Ce que nous faisions dans le jeu était cohérent, mais cela passait totalement aux oubliettes tellement nous étions ridicules dans le reste. On ne peut pas se permettre de passer autant à côté sur les phases arrêtées dans notre situation. On sait que c'est crucial. Après, il faut faire des efforts incroyables pour espérer revenir dans le match. Donc félicitations aux joueurs qui, malgré tout, ont réussi à le faire et ont offert un beau réveil. Parce que cela aurait été très compliqué pour nos supporters, qui ont effectué un tel déplacement, de repartir avec un score aussi lourd que celui qui était affiché jusqu'à la 60e minute.

Au-delà des phases arrêtées, il y a également le deuxième but, inscrit par Timothy Weah. Il élimine plusieurs défenseurs avant d'ajuster facilement le gardien. N'est-ce pas aussi un manque d'agressivité et de caractère ?

D.D. : Très sincèrement, tous les buts que nous avons encaissés ne sont pas dignes de la situation dans laquelle nous sommes. C'est vraiment quelque chose qui me dérange. Ça ne peut pas arriver, ça ne doit pas arriver, ça ne peut plus arriver. On peut le conjuguer à tous les temps envisageables, mais en tout cas, il ne faut plus que cela se reproduise.

Vous évoquez bien le deuxième but, celui de Weah, et le manque d'agressivité de vos défenseurs ?

D.D. : Oui, c'est de cela que je voulais parler. Ce n'est pas normal, dans notre situation, de concéder un but comme celui-là. Et ce qui me gêne, c'est la réaction derrière, lorsqu'on essaie un peu de se rejeter la faute et de regarder le copain qui aurait dû ou pu faire mieux, au lieu d'assumer chacun ce que l'on a fait sur cette situation. Mais je trouve que sur l'ensemble des buts que nous avons pris, nous avons donné le bâton pour nous faire battre. Quand on nous parle d'état d'esprit et qu'on encaisse des buts de la sorte, forcément, cela donne des arguments à ceux qui tiennent ce discours.

Comment analyser une rencontre avec une première heure complètement manquée, puis une remontée spectaculaire, malheureusement insuffisante ? On a presque assisté à deux matchs différents.

D.D. : Pour moi, cela va simplement me servir pour commencer cette semaine d'entraînement. Si certains n'avaient pas bien saisi ce que signifiait aller à la guerre et afficher des valeurs dignes du club pour se sortir de cette situation, le fait de revenir, avec des entrants qui ont été impactants, va faire comprendre à tout le monde que les places vont être très chères. Il va falloir travailler très fort pour pouvoir figurer dans le onze qui commencera la semaine prochaine.

Pour revenir sur les deux mains litigieuses, avez-vous discuté avec le corps arbitral ? Sur la première, Clément Turpin estime-t-il que le ballon ne touche pas la main ou que le contact n'est pas sanctionnable ? Et avez-vous obtenu une explication sur l'action avec Maupay ?

D.D. : Clément Turpin commençait à me donner des explications. Pour être très franc, moi, j'ai abandonné ce genre de discussions. Une fois que la décision est prise, cela ne sert plus à rien. Je lui ai simplement reproché le carton jaune donné à Seko. L'explication, c'est qu'il y a d'abord eu un contact avec la hanche avant que le ballon ne vienne toucher la main. Sur la deuxième action, celle de Maupay, il n'y a même pas eu de discussion. Mais je n'ai plus du tout ce genre d'échanges parce que, de toute façon, cela ne mène à rien. Très sincèrement, je n'ai jamais eu quelqu'un qui reconnaissait ses torts. Donc voilà, j'avance avec mon équipe. C'est pour cela que nous devons faire mieux plutôt que de parler de l'arbitrage.

Vous évoquiez tout à l'heure la concurrence et le fait que les places allaient être chères. On a eu le sentiment que Le Havre a mieux joué après certains changements, notamment les sorties de Richardson et de votre capitaine, Rassoul Ndiaye, à l'heure de jeu. Sortir son capitaine alors que l'équipe est en grande difficulté, est-ce un message fort ?

D.D. : Je ne l'ai pas vraiment analysé de cette manière. Pour moi, être capitaine ne veut pas dire qu'on va jouer 90 minutes. Et très sincèrement, je n'ai pas parlé des cadres parce que ce que je dis est valable pour tout le monde. Les entrants ont été impactants, ce qui n'enlève rien à ceux qui ont commencé. Moi, ce qui me gêne vraiment, c'est la manière dont nous avons encaissé les buts. Et finalement, les joueurs qui sont sortis n'étaient pas vraiment impliqués dans ces phases-là. Mais ce n'est pas plus mal, cela remet un peu tout le monde au diapason. Même si l'état d'esprit général est bon, ce n'est pas suffisant quand on connaît l'histoire et les valeurs du club et qu'on veut se sortir de cette situation. On devra faire mieux que ce que nous avons fait et ne pas simplement se satisfaire de bien jouer. On doit bien jouer, mais faire davantage. Parce que tous les buts que nous avons marqués, nous les avons malgré tout amenés par le jeu. Cela passera donc par là, mais on ne peut pas avoir cet état d'esprit défensif.

Vous avez expliqué que votre équipe avait donné le bâton pour se faire battre. Mais pendant cette première heure, n'est-ce pas aussi l'OM qui vous a mis en difficulté grâce à son pressing et à ses mouvements ? Quelle est la part du mérite marseillais et celle des erreurs de votre équipe ?

D.D. : Je ne vais jamais enlever ce que l'adversaire a bien fait. Marseille a été bon dans ses phases de possession, c'est vrai. Mais cela n'empêche que les buts, à part celui de Weah, sont venus de coups de pied arrêtés. Et sur tout ce qui a été créé dans le jeu, nous avons des statistiques bien supérieures. Cela n'enlève rien au fait que Marseille a été très impactant, a gagné beaucoup de duels et a proposé beaucoup de déplacements. J'ai trouvé leur milieu de terrain très mobile et très impactant jusqu'à l'heure de jeu.

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