Quel est l'état du groupe avant le déplacement à Marseille ?
Didier Digard : Ce sera le même groupe que la semaine passée, avec les mêmes absents, mais le retour de Seko. Concernant Timothée Pembele et Elias Jelert, les deux avancent et sont désormais plus proches du retour. Je pense qu'Elias sera disponible la semaine prochaine et qu'il faudra attendre un peu plus pour Timothée.
Comment le groupe s'est-il relevé de la lourde défaite contre Auxerre ?
D.D. : Ça a forcément beaucoup touché les joueurs. J'espère même que cette défaite sera une bonne chose. Pour une fois, on peut reconnaître qu'on aurait pu faire plus et mieux, parce qu'on a été inférieurs à notre adversaire. C'est une claque que le groupe n'avait pas encore reçue et qui doit l'obliger à regarder la réalité en face. J'espère que cela nous permettra de montrer un autre visage. J'ai vraiment hâte au match de dimanche.
Cette défaite a-t-elle permis de faire émerger des leaders dans le vestiaire ?
D.D. : Sincèrement, je n'ai pas constaté de grosse évolution à ce niveau-là pendant la semaine. Ce qu'on attendait des joueurs, c'était d'abord qu'ils prennent conscience de la situation, et ils en ont conscience. Mais c'est dans les performances qu'on verra qui peut se révéler comme leader. On n'a pas seulement besoin de très bons joueurs à l'entraînement. C'est sur le terrain, dans un stade comme le Vélodrome et dans notre situation actuelle, qu'on pourra vraiment voir ce qu'ils ont dans le ventre. Et je considère que cette responsabilité part aussi de moi, de ce que je suis capable de tirer d'eux.
Quel regard portez-vous sur l'OM de Bruno Genesio, qui alterne les bonnes et les mauvaises performances depuis le début de saison ?
D.D. : Cette alternance montre assez bien où ils en sont. Ils sont à cinq points du dernier, que nous sommes, et à cinq points du premier. Ils ont un effectif de qualité, qui a parfois manqué de confiance parce qu'on sait que c'est un contexte très difficile. J'admire beaucoup Bruno pour ce qu'il fait là-bas et pour la force qu'il a eue afin de maintenir son groupe mobilisé. Mais, de notre côté, on ne prête pas vraiment attention à tout ça. On doit avant tout se concentrer sur nous-mêmes.
Une lourde défaite au Vélodrome avait été fondatrice pour le maintien du Havre il y a deux ans. Ce déplacement peut-il, à son tour, marquer un tournant ?
D.D. : Ce que j'espère surtout, c'est que la claque reçue le week-end dernier contre Auxerre sera celle qui nous permettra de révéler un autre visage. Jusqu'ici, ce sont surtout les résultats qui nous ont fait mal, davantage que les prestations. Mais à la fin, ce qui compte, c'est le nombre de points. On doit vraiment montrer autre chose pour espérer en prendre. Dans ces moments-là, il n'y a plus de bon contexte ou de bon adversaire. Quand on est Le Havre, dans notre situation, on ne peut pas se permettre de choisir. On doit faire face à la situation dans laquelle on s'est mis.
Malgré l'absence de victoire, vos concurrents restent proches au classement. Est-ce un motif d'espoir ?
D.D. : Oui, et j'ai vraiment envie d'aller dans ce sens. Je reste satisfait de beaucoup de nos prestations jusqu'ici. Mais je me dis aussi que, si nous n'avons pas réussi à gagner, je dois peut-être changer quelque chose dans mon discours. Je ne veux plus simplement me satisfaire du fait que les autres équipes ne soient pas loin. J'ai envie qu'elles soient encore plus proches, qu'on commence à en dépasser certaines. Ce n'est pas forcément devenir plus négatif ou plus agressif, mais peut-être présenter les choses différemment. Les autres ne sont pas loin, mais je voudrais qu'ils soient encore plus proches.
La LFP a envisagé de décaler OM - Le Havre, finalement maintenu dimanche à 17h15. Auriez-vous été favorable à un changement d'horaire ?
D.D. : Oui, on nous a posé la question et j'ai répondu favorablement. Il y a un contexte qui me semble prioritaire par rapport à ce match et il vaut mieux pouvoir l'aborder dans les meilleures dispositions possibles pour tout le monde. Finalement, avec le couvre-feu mis en place à Marseille, il n'était plus possible de déplacer la rencontre en soirée. On avait également entendu parler d'un éventuel report d'une journée. Je suis favorable à toutes les possibilités et je n'ai aucun problème avec ça. Je veux simplement que ce match ait lieu et qu'on sorte de cette situation. Quoi, quand, où et comment, c'est secondaire.
Quelles seront les clés pour contrarier l'OM et espérer obtenir un résultat au Vélodrome ?
D.D. : Dans notre situation, on ne peut qu'ajouter des ingrédients, on ne peut plus en enlever. Il faudra notamment du réalisme, parce que c'est souvent ce qui nous a manqué jusqu'ici. Il faudra conserver notre confiance, élever encore notre niveau technique, être meilleurs dans les impacts, les courses et les transitions, et être irréprochables défensivement. Cela fait énormément d'ingrédients, mais quand on veut faire un bon gâteau, on n'a pas le choix.