OM - Genesio pousse un coup de gueule sur les sanctions contre les supporters !

OM - Genesio pousse un coup de gueule sur les sanctions contre les supporters !

En conférence de presse avant OM-Toulouse, Bruno Genesio a pris du recul sur plusieurs sujets dépassant le cadre sportif immédiat. L'entraîneur de l'OM a évoqué l'exigence médiatique marseillaise, l'évolution du niveau de la Ligue 1 et les difficultés rencontrées par les clubs français en Coupe d'Europe. Il s'est également exprimé sur la place essentielle des supporters dans les stades, regrettant notamment les sanctions collectives et la fermeture du virage Nord du Vélodrome.

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Après ce qui s'est passé dimanche, pendant le match mais aussi lors de la conférence de presse d'après-match, j'aimerais revenir sur le traitement médiatique et le contexte marseillais. Vous avez bien compris le sens de certaines de nos questions après la rencontre. On parle souvent de l'exigence particulière qui entoure l'OM. Est-ce qu'elle se traduit aussi dans les questions que vous recevez en conférence de presse ? Est-ce différent de ce que vous avez connu avec les journalistes qui suivaient Lyon, Rennes ou Lille ?

Bruno Genesio : Non, je crois que dans tous les clubs ambitieux, il y a de l'exigence à tous les niveaux. Elle doit être présente sur le terrain, elle doit être présente dans l'organisation du club, elle doit être présente dans les questions que vous pouvez poser. C'est inhérent à un club de haut niveau. Donc je ne suis pas surpris de ça et je trouve que c'est normal.

Vous êtes l'un des entraîneurs qui connaissent le mieux le championnat de France, puisque vous avez entraîné Lyon, Rennes et Lille, avec une expérience de plus de dix ans au plus haut niveau depuis vos débuts à Lyon en 2015. Comment jugez-vous l'évolution de la Ligue 1 sur cette période ? Avez-vous constaté une progression technique, tactique ou physique, ou au contraire une régression liée au départ de nombreux très bons joueurs vers l'étranger ?

B.G. : C'est une question à laquelle il est très difficile de répondre parce que c'est vrai que, depuis onze ans que je suis entraîneur, les meilleurs joueurs partent pour la plupart à l'étranger, et de plus en plus tôt. C'est-à-dire qu'avant, on arrivait à garder nos très bons jeunes joueurs trois, quatre, cinq ans. Aujourd'hui, on les perd beaucoup plus vite et beaucoup plus tôt. Par contre, je trouve que le bon côté, c'est que finalement on est obligé de se renouveler, on est obligé d'anticiper. Il y a aussi l'apport d'entraîneurs étrangers qui nous amènent une approche différente, qu'elle soit tactique, athlétique ou mentale. Et je pense que ça a aidé quand même à garder un niveau global qui reste bon. Pour regarder beaucoup de matchs des grands championnats étrangers, je trouve qu'il y a des purges en Ligue 1, mais il y en a aussi en Premier League, il y en a aussi en Serie A, il y en a en Espagne, il y en a en Bundesliga. Donc voilà, je trouve que globalement le niveau reste quand même correct, malgré l'affaiblissement dû à la situation économique du football français, qui contraint les clubs à vendre leurs meilleurs joueurs de plus en plus tôt et de plus en plus vite.

Plusieurs de vos prédécesseurs étrangers à l'OM, comme Roberto De Zerbi, Gennaro Gattuso, Igor Tudor ou Jorge Sampaoli, ont souligné le bon niveau du championnat de France et parfois même leur surprise face à sa qualité. Pourtant, à l'échelle européenne, en dehors du PSG, de l'OM lors de ses parcours en Ligue Europa et de Lille, les résultats français restent globalement assez pauvres. Comment expliquez-vous ce décalage entre le niveau réel de la Ligue 1 et les performances de ses représentants en Coupe d'Europe ?

B.G. : C'est vrai qu'il y a une interrogation à ce niveau-là. Peut-être qu'elle est aussi liée au fait que, quand vous jouez plusieurs compétitions, le championnat, la Coupe d'Europe et forcément la Coupe nationale, donc la Coupe de France, vous avez besoin d'avoir un effectif en quantité qui soit suffisamment étoffé pour pouvoir jouer ces trois compétitions. Et c'est peut-être là que le bât blesse au niveau des clubs français, puisque forcément on perd beaucoup de joueurs chaque année et que c'est difficile de créer un effectif qualitatif et quantitatif qui permette d'assumer ça. Je vois peut-être cette explication-là. Mais c'est vrai que quand on regarde, par exemple, les clubs portugais, qui performent quand même un peu mieux que nous dans les compétitions européennes, il y a des questions à se poser. Est-ce que l'approche est la bonne ou pas ? C'est difficile de répondre à cette question, mais en tout cas, c'est un constat. C'est clair.

Vous avez évoqué l'absence des supporters du virage Nord. On constate que de plus en plus de matchs, pas seulement au Vélodrome, se déroulent avec une tribune fermée en raison de sanctions. C'est assez rare de connaître deux rencontres consécutives à domicile dans cette situation. Concrètement, qu'est-ce que cela change pour vous et pour votre équipe ? Qu'avez-vous ressenti le week-end dernier ?

B.G. : Déjà, je pense que le foot sans les supporters, et on l'a connu pendant le Covid, ce n'est pas le même foot. On a besoin des supporters, les nôtres, ceux de l'équipe qu'on reçoit, parce que je pense que ça aussi, c'est important. Ce serait important qu'on puisse retrouver aussi dans les stades les différents groupes de supporters. Et forcément, lorsque vous avez un groupe de supporters qui ne peut pas venir au stade, déjà pour eux, je trouve que c'est regrettable parce que parfois on sanctionne un groupe alors que peut-être que ce sont deux, trois ou quatre individus qui peuvent être responsables de certaines choses. Et puis pour nous, ça change énormément parce que ce sont des encouragements en moins, c'est une ambiance en moins. Et ça nous aide énormément lorsque le stade est plein et lorsque l'ambiance est comme elle est au Vélodrome la plupart du temps.

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