OM - Genesio met les choses au clair sur les jeunes et défend Gomes et Maupay

OM - Genesio met les choses au clair sur les jeunes et défend Gomes et Maupay

En conférence de presse avant OM-Toulouse, Bruno Genesio est longuement revenu sur la gestion de plusieurs joueurs marseillais. L'entraîneur de l'OM a expliqué ses décisions concernant les jeunes, défendu Angel Gomes et Neal Maupay et souligné les progrès d'Himad Abdelli. Il a également évoqué la personnalité d'Amine Harit, les qualités de Pierre-Emile Hojbjerg et le potentiel d'Antoine Valero. Des déclarations qui éclairent sa méthode de management et sa gestion de la concurrence au quotidien.

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La semaine dernière, après le match, vous aviez évoqué le manque d'humilité de deux jeunes joueurs (Abdallah et Kamissoko, ndlr). Vous n'aviez en revanche pas cité Ulisses Garcia, Neal Maupay et Angel Gomes. Cela signifie-t-il que vous étiez satisfait de leur prestation ? Et, plus globalement, que pensez-vous des débuts de saison de Gomes et Maupay ?

Bruno Genesio : La première chose, c'est que je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit après le match. Et la deuxième, c'est que si je n'ai pas cité d'autres joueurs, c'est que j'avais mes raisons. Vous pouvez les deviner puisque j'ai parlé d'attitude. C'est tout. Sur le début de saison, je sais qu'on aime bien avoir des boucs émissaires, mais Angel a fait des matchs plutôt intéressants en début de saison. Et comme tous les joueurs, il a peut-être une période où il est un petit peu moins bien. Neal, c'est un garçon qui a été énormément en échec l'année dernière, pour plein de raisons, et il a besoin de confiance. Tout simplement. Ce que je vois de Neal à l'entraînement, ce n'est pas le même Neal que je vois en match ou lorsqu'il rentre. Je pense que c'est essentiellement parce qu'il a, à l'entraînement, la confiance qu'il n'a pas forcément en match, ce qui ne lui permet pas de s'exprimer suivant ses possibilités. On travaille là-dessus avec lui notamment, mais pas seulement, avec tout le monde.

Concernant Abdallah, en quoi le fait de redescendre avec la Pro 2 peut-il lui faire du bien ? Est-ce une manière de l'amener à se remettre en question plutôt qu'une sanction ? Avez-vous discuté avec lui ?

B.G. : Je me suis exprimé, ce que je fais rarement. Je crois même que c'est la première fois de ma carrière où je fais ce genre de choses. Je l'ai assez fait et je n'ai pas envie de revenir sur ce que j'ai dit après le match. Pour moi, c'est passé. J'ai parlé avec les concernés, c'est le plus important pour moi. Ce n'est pas une sanction. Je ne suis pas là pour sanctionner ou punir. Ce n'est pas ma façon de gérer les joueurs, ni les jeunes ni les moins jeunes. Mais voilà, c'est une décision qui est mûrement réfléchie et qui a pour but de le faire avancer, enfin de les faire avancer.

Antoine Valero était encore présent à l'entraînement avec le groupe professionnel aujourd'hui et a récemment fait le déplacement avec l'équipe. Sera-t-il dans le groupe dimanche ? Pourrait-il faire sa première apparition en Ligue 1 et représente-t-il une solution supplémentaire en attaque ?

B.G. : Je crois que j'ai déjà parlé de tout ça. Je ne suis pas dupe, il y a une sorte de lobbying autour des jeunes joueurs de l'OM depuis le début de saison parce que, forcément, la situation fait qu'on a besoin d'eux. Mais je ne me laisserai pas gagner par ça. Ce que je souhaite, c'est les faire progresser parce qu'il y a de la qualité. Antoine fait partie des jeunes qui ont la qualité pour pouvoir s'exprimer un jour dans leur club. Mais j'ai aussi des références derrière moi sur les jeunes et sur ce qu'il faut pour être titulaire en Ligue 1. C'est aussi par rapport à ces références et à ce que je vois que je décide si un joueur est prêt ou s'il ne l'est pas. Encore une fois, je suis là pour faire des choix, pour les assumer, et non pas pour répondre à une sorte de climat ambiant, pour quoi que ce soit.

Himad Abdelli semble métamorphosé depuis quelques matchs, avec trois buts lors de ses cinq dernières rencontres. Comment expliquez-vous cette évolution ? Son repositionnement en numéro 10 et votre management ont-ils joué un rôle ?

B.G. : Non, je ne pense pas que je l'ai métamorphosé. On parlait tout à l'heure de confiance et de mental. Je pense que c'est peut-être l'exemple type, dans un sens différent, des joueurs qu'on a évoqués tout à l'heure. C'est un garçon qui est libéré mentalement, qui a de la confiance parce qu'il enchaîne les matchs, qui s'est aussi pris en charge, qui a mis en place des choses pour être plus performant. Il le sait. Maintenant, il a encore une marge de progression. Il le sait aussi. C'est quelqu'un qui est assez lucide sur ses axes de progression. En tout cas, on sait que c'est un bon joueur, on sait que c'est un joueur qui peut être décisif. Il l'a montré sur les derniers matchs. Maintenant, il a encore des étapes à franchir parce que ça reste, pas un jeune joueur, mais un joueur qui doit confirmer au très haut niveau.

Justement, qu'apporte concrètement Himad Abdelli dans ce rôle de numéro 10 ? Vous avez également évoqué sa prise en charge personnelle : pouvez-vous préciser les progrès qu'il a réalisés dans son jeu ?

B.G. : Himad, c'est un garçon qui a besoin de liberté, qui a un gros volume de jeu, qui est capable de courir beaucoup sur un terrain et qui a aussi une qualité technique qui lui permet soit de délivrer des passes décisives, soit d'être à la conclusion des actions. Je trouve que ce qu'il a développé, c'est son jeu sans ballon. Il fait aujourd'hui beaucoup plus de courses offensives pour ouvrir des espaces pour d'autres joueurs, ou pour lui-même parfois, et aussi des retours défensifs avec une agressivité défensive que je n'avais pas vue chez lui, même lorsqu'il était par exemple à Angers, puisque je le connais quand même bien. Il a donc progressé aussi à ce niveau-là. Maintenant, il doit continuer dans ce sens parce que c'est la régularité qui compte au haut niveau. Je pense qu'il a pris en compte le fait qu'il avait besoin, dans tous les efforts sans ballon, de faire plus que ce qu'il faisait.

Amine Harit est le joueur le plus ancien du vestiaire. On dit souvent que lorsqu'il a le sourire, l'OM va bien. Est-ce toujours le cas ? Et, après l'avoir affronté avec Lyon, Rennes et Lille, avez-vous été surpris par l'homme et le joueur que vous avez découvert en arrivant à Marseille ?

B.G. : Le sourire, il l'a souvent, Amine. Il fait partie, avec Igor (Paixao) par exemple, des joueurs qui sont solaires, on va dire. Lorsqu'on jouait contre Marseille, j'avais toujours une appréhension de jouer contre cette équipe avec Amine parce que c'est un garçon qui est capable de faire des différences. C'est un joueur que je trouvais intéressant. Et là, cette année, je trouve qu'il a beaucoup de régularité dans son jeu, ce qui lui manquait peut-être parfois. Il a beaucoup de régularité dans son jeu, à un poste qui n'est pas forcément son poste de prédilection. Mais encore une fois, je pense que c'est parce qu'il a de la fraîcheur mentale et ce côté positif en lui qui peut s'exprimer de la meilleure des manières sur le terrain et qui emmène aussi les autres avec lui dans cette voie-là.

Quelle relation entretenez-vous avec Pierre-Emile Hojbjerg et qu'apporte-t-il encore aujourd'hui au vestiaire et à votre équipe ?

B.G. : J'ai une relation, comme avec la plupart des cadres, comme avec tous les cadres du vestiaire, très privilégiée avec Pierre. Pour moi, c'est un joueur indispensable... Je ne pourrais pas dire ça parce que, pour moi, il n'y a pas de joueurs qui sont indispensables. Mais c'est un joueur qui est très important pour nous, pour l'équipe, parce que c'est un garçon qui a beaucoup d'expérience. C'est un garçon qui a une analyse du jeu au-dessus de la moyenne au niveau tactique. Lorsque vous avez un joueur comme ça au milieu de terrain, c'est très important parce que vous, coach, vous mettez des choses en place, vous avez un plan de jeu, vous avez une tactique, mais parfois, sur le terrain, il faut aussi qu'il y ait des joueurs qui soient capables, à l'instant T, de régler des situations, de mettre en place ou de parler à des joueurs pour régler certaines choses. Et c'est le cas de Pierre. Il a aussi une qualité technique et on le voit, il nous amène de la sérénité et de la maîtrise. Voilà, donc c'est une belle découverte personnelle.

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