Comment avez-vous vécu cette victoire sur la pelouse du Bayer Leverkusen ?
Bruno Genesio : Je suis fier et heureux de voir mon équipe s'imposer à l'extérieur, qui plus est ici, où ce n'est jamais facile. Je suis surtout satisfait de voir l'équipe respecter le plan de jeu. Quand les choses se passent comme vous les avez prévues, c'est toujours une grande satisfaction. Pendant la préparation, nous avions mis l'accent sur l'aspect défensif et sur la nécessité d'être solides. Je suis ravi de la réponse de mon équipe. C'est une avancée importante dans notre jeu.
Cette première victoire veut dire que l'OM est enfin lancé dans cette Ligue Europa ?
B.G. : Je ne sais pas si c'est le match qui prouve nos progrès, mais nous avons réussi à inverser la dynamique. Nous avons encore du travail. Sur le plan comptable, cette victoire nous relance complètement. Il nous reste quatre matchs à jouer, dont trois à domicile. Cela nous laisse toutes nos chances de terminer parmi les 24 premiers.
Amine Gouiri reste sur deux prestations convaincantes, et il semble lui aussi monter en puissance. Quel regard portez-vous sur sa prestation ?
B.G. : Il s'inscrit dans la continuité de ses dernières performances. C'est bien de le voir aussi performant à l'extérieur, car il l'était déjà à domicile. L'action de son but est belle, mais la différence se fait grâce à son talent. Comme l'équipe, il progresse et gagne en confiance. Mais j'ai envie de tempérer tout le monde. Je sais très bien qu'il reste du travail et que tout n'est pas réglé. Cela dit, ça fait plaisir de voir une équipe afficher autant de maîtrise.
Pourquoi avoir choisi d'aligner votre meilleure équipe possible pour cette rencontre ?
B.G. : Parce que nous avons un enchaînement de trois matchs en une semaine, avant la trêve internationale. Nous avons eu une semaine complète pour préparer cette série. C'est largement faisable pour des joueurs de haut niveau. Nous sommes aussi dans une situation différente de celle d'il y a un mois en championnat. Je voulais m'appuyer sur nos matchs de Ligue 1, qui nous ont donné beaucoup de confiance, pour confirmer en Coupe d'Europe. Je souhaitais également donner du temps de jeu à un collectif qui se dessine de plus en plus.
Est-ce que cette victoire à Leverkusen comme un exploit ?
B.G. : Non, je ne dirais pas que c'est un exploit. C'est un très bon résultat qu'il faut souligner.
L'intensité et la régularité de votre équipe ont également fait la différence. Est-ce un progrès important ?
B.G. : Oui, cela nous permet d'avoir davantage de continuité dans un même match. Auparavant, nous avions de très bonnes périodes, puis nous flanchions. Ce soir, nous avons été plus performants dans la régularité. Nous progressons, nous travaillons tous les jours quand nous en avons le temps et nous insistons beaucoup sur cet aspect. Il faut également souligner l'état d'esprit de ce groupe. Compte tenu de tout ce qui se passe depuis le début de saison, cela nous a peut-être tous soudés. Cela donne envie d'accomplir encore plus de choses que ce que l'on pense être capable de faire. Petit à petit, nous remontons la pente. Il faut être satisfait, apprécier cette victoire, mais aussi rester prudent.
CJ Egan-Riley a livré une grosse prestation défensive. Que retenez-vous de son match ?
B.G. : C'est l'un de ses meilleurs matchs sur le plan défensif. Il a remporté beaucoup de duels, aussi bien dans les airs qu'au sol. Ce n'était pas évident face à Patrik Schick, qui est très imposant. J'ai beaucoup aimé le travail de notre charnière centrale, mais aussi celui de toute l'équipe. Il y a également eu beaucoup de choses intéressantes avec le ballon, notamment dans nos sorties de balle. Mais ce qui m'a le plus plu, c'est l'aspect défensif. Nous n'avons quasiment jamais été mis en danger dans ce match.
Comment envisagez-vous désormais la suite de cette Ligue Europa et la course à la qualification ?
B.G. : Cette victoire nous fait évidemment beaucoup de bien. J'ai regardé les autres résultats. Il y a des surprises, des victoires à l'extérieur et de grandes équipes qui perdent à domicile. Ce n'est jamais simple de gagner un match européen, nous sommes bien placés pour le savoir. C'est une belle victoire face à l'une des équipes qui avait le mieux débuté la compétition. Cela nous relance, puisqu'il reste douze points à distribuer. Nous avons toutes nos chances d'atteindre les dix ou onze points nécessaires pour nous qualifier. Mais rien n'est définitif et il y aura encore des matchs difficiles.
Cette victoire prouve-t-elle que votre équipe possède le niveau pour rivaliser en Ligue Europa ?
B.G. : À Besiktas, nous avions lourdement perdu malgré une bonne heure de jeu. Mais le match dont je suis ressorti le plus frustré, c'est celui face à Sturm Graz. Nous étions passés au travers dans beaucoup de domaines, à commencer par l'engagement, qui est pourtant essentiel en Coupe d'Europe. Contre l'Olympiakos, nous avions réalisé un bon match avant de perdre sur un coup de pied arrêté. Cela montre que nous avons une équipe capable de se hisser à un bon niveau sur un match européen. Mais ce qui compte dans le sport de haut niveau, c'est la régularité. Je suis impatient de voir le visage de mon équipe dimanche à Bollaert.
La très lourde défaite de Lens face à Côme (1-9) en Ligue des champions vous rassure-t-elle avant le déplacement de dimanche ?
B.G. : Il est difficile de savoir dans quel état sera Lens et comment cette équipe va réagir, car ce sont des situations compliquées à vivre. C'est aussi le danger qui nous guette. Nous pourrions nous dire qu'ils ont été touchés, qu'ils sont diminués, alors que nous sommes dans une bonne dynamique. Mais les déplacements à Bollaert sont toujours difficiles, avec des matchs très intenses. Les Lensois auront aussi à cœur de montrer autre chose à leurs supporters. Je ne suis donc pas rassuré par leur prestation contre Côme.
Avez-vous trouvé la bonne formule pour dominer les rencontres au milieu de terrain ?
B.G. : L'idée était d'apporter de l'expérience et de la maîtrise technique, tout en permettant à Chukwu Nnadi de souffler avec la présence de Geoffrey Kondogbia. Mais c'est avant tout un travail collectif, même si le milieu de terrain reste un secteur essentiel pour dominer une rencontre.
Quel message souhaitez-vous adresser aux supporters marseillais, encore très nombreux pour soutenir l'équipe en Allemagne ?
B.G. : J'étais frustré de ne pas pouvoir leur donner davantage. Depuis le début de saison, ils sont irréprochables. Les voir encore aussi nombreux nous porte. Nous sommes très heureux de pouvoir enfin les récompenser et de partager avec eux ces émotions positives.