OM 4/3 Le Havre - Genesio explique pourquoi il en veut à Abdallah et Kamissoko !

OM 4/3 Le Havre - Genesio explique pourquoi il en veut à Abdallah et Kamissoko !

Après la victoire mouvementée de l'OM face au Havre (4-3), Bruno Genesio n'a pas caché sa colère en conférence de presse. Malgré une troisième victoire consécutive en Ligue 1 et 80 minutes convaincantes, l'entraîneur marseillais a sévèrement recadré deux jeunes entrants, pointant leur manque d'humilité et d'exigence. Il est également revenu sur les progrès de son équipe, les performances individuelles, l'importance de Hojbjerg et cette fin de match qui a failli tout gâcher.

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Quelle est votre réaction après cette victoire importante, mais ternie par les trois buts encaissés dans le dernier quart d'heure ? Comment avez-vous vécu ces moments-là ?

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Bruno Genesio : J'ai sûrement perdu un peu d'espérance de vie sur les dernières minutes ! Une fois qu'on a dit ça, le football, c'est comme dans la vie, c'est l'humilité. J'ai eu un propriétaire, à Rennes, qui me disait souvent : "Le football, c'est comme la vie, mais en accéléré." Et c'est exactement ça. Quand on manque d'humilité, parce qu'on croit qu'on est arrivé, parce qu'on vous fait croire qu'on est arrivé, parce qu'il y a une petite musique autour de vous qui vous fait penser que tout est parfait et que maintenant on a des revendications à faire, eh bien il nous arrive ce qui nous est arrivé. Et encore, on s'en sort bien, on s'en sort très bien, parce que pendant trois minutes, à la VAR, on a tous tremblé. Donc ça doit être un avertissement. Il ne faut pas oublier les 80 premières minutes. On a fait du jeu, marqué des buts, on s'est créé des occasions, il y a eu un bon esprit. Mais il faudra aussi bien se souvenir des 10 ou 15 dernières minutes et de ce qui s'est passé pendant cette période.

Vous nous disiez, il y a quelques semaines, que vous étiez venu ici pour vivre des émotions, notamment dans ce stade. Peut-être pas celles-ci... Comment expliquez-vous que tout le monde ait tremblé pendant quinze minutes, avec trois buts encaissés en douze minutes ? Et que voulez-vous dire lorsque vous parlez de revendications ?

B.G. : Déjà, on regrette que notre virage Nord n'ait pas été là pour assister à cette victoire, malgré tout. Parce qu'il y a une victoire. Je pense notamment, et vous savez que je n'aime pas dire ça, mais je vais quand même le dire parce que je pense que c'est leur rendre service, à deux jeunes qui sont entrés ce soir (Abdallah et Kamissoko ndlr). Ils ont l'ambition de jouer titulaires à Marseille. On leur dit qu'ils ont les qualités pour jouer titulaires à Marseille. On leur dit que c'est peut-être presque une injustice parce qu'ils ne sont pas titulaires à Marseille. Mais quand on entre à Marseille et qu'on mène 4-1 ou 4-0, la moindre des choses, c'est, dans l'attitude, de faire preuve d'humilité. Par respect pour ceux qui ont débuté le match, par respect pour l'institution, par respect pour plein de gens. Mais c'est l'apprentissage et je vais me charger de leur faire apprendre plus vite ce qu'il faut, puisqu'on va en avoir besoin. Maupay, Gomes, j'ai vu des attitudes qui me conviennent. Ulisses (Garcia) aussi.

Après la défaite à Graz et cette fin de match face au Havre, est-ce que cela confirme que vous avez très peu de marge derrière votre équipe titulaire ? Himad Abdelli semblait également aller dans ce sens dans ses déclarations d'après-match. Avez-vous le sentiment de ne pas pouvoir beaucoup faire tourner ?

B.G. : Ce n'est pas ce que j'ai envie de dire. Je me suis déjà suffisamment exprimé là-dessus, au risque de passer pour un pleurnicheur ou une pleureuse, je ne sais plus quel terme certains ont employé. Donc je ne vais pas m'exprimer là-dessus. Je dis simplement que quand on a des ambitions, quand on revendique certaines choses, il faut démontrer sur le terrain qu'on les mérite. Voilà. Et c'est fort dommage, parce que j'aurais tellement aimé que ce match se termine à 4-1 ou 4-0. Il y a eu tellement de bonnes choses dans ce match, y compris dans les attitudes, mais aussi dans le jeu, que je trouve vraiment dommage qu'on reste peut-être finalement sur ces dix dernières minutes. Parce que c'est souvent comme ça dans le football, on reste sur le dernier quart d'heure, et c'est ce que je regrette. Maintenant, si cet avertissement sans frais, parce qu'il est sans frais puisqu'on prend les trois points et que c'était quand même l'objectif prioritaire, peut nous permettre d'avancer, tant mieux. Mais il faudra bien s'en souvenir.

C'est tout de même une troisième victoire consécutive en championnat. Il y a un mois, l'OM était 17e et se retrouve désormais 8e. Est-ce que cette fin de match peut finalement être un mal pour un bien, notamment pour rappeler à certains joueurs, même expérimentés, qu'ils doivent rester mobilisés ?

B.G. : Je ne sais pas. Mais en tout cas, sur les 80 premières minutes, j'ai vu beaucoup de bonnes choses, collectivement et individuellement. On peut toujours faire mieux parce qu'on est exigeants, mais franchement, avant ce dernier quart d'heure, il n'y avait pas grand-chose à jeter. Et je ne sais pas si c'est un mal pour un bien. Je pense que cela aurait quand même été plus intéressant de terminer à 4-0 ou 4-1, d'avoir encore plus de confiance. Et puis on n'aime pas terminer un match comme ça, tout simplement parce qu'on est des compétiteurs, qu'on a de l'exigence. Et c'est ce qu'il faut vite comprendre. C'est vrai qu'on a un effectif qui est peut-être limité en quantité, mais on a de bons joueurs. Il faut donc se servir de ce qui s'est passé ce soir. Si cela peut servir à tout le monde, tant mieux. Parce que ce soir, je stigmatise un petit peu certains joueurs, mais cela aurait peut-être pu arriver à d'autres. Si on manque d'humilité, c'est ce qui nous pend au nez. J'espère que cela nous servira de leçon.

Vous avez aligné cette équipe pour la première fois de la saison. Est-ce qu'elle ressemble vraiment à votre équipe type, notamment au regard de ce qu'ont montré les entrants ? Et qu'est-ce qui vous a particulièrement plu dans la première heure de jeu ?

B.G. : Ce qui m'a plu, c'est déjà notre animation, la volonté qu'on a eue d'aller chercher très haut, de presser haut, de récupérer les ballons très haut, et l'agressivité qu'on a montrée dans ces phases-là. Ensuite, dans l'utilisation du ballon, dans les déplacements, notamment dans l'utilisation de nos latéraux, parce que c'est quelque chose qu'on avait pas mal identifié contre cette équipe. Il y a eu beaucoup de très bonnes choses, avec des dédoublements, du jeu sur les côtés, des débordements, de beaux buts, de beaux mouvements qui auraient pu amener d'autres buts. On marque aussi sur un deuxième ballon à la suite d'un corner, ce qui est quand même plutôt positif. Il y a donc plein de bonnes choses, de la complémentarité. Mais encore une fois, on ne peut pas se contenter ni se satisfaire d'une telle fin de match.

Didier Digard a notamment souligné le travail de votre milieu de terrain. Avec Himad Abdelli, Nnadi et Hojbjerg, avez-vous le sentiment d'avoir trouvé le bon trio dans l'entrejeu, comme vous cherchez également la bonne alchimie en défense centrale ?

B.G. : Après Angers, je crois que j'ai eu le même genre de question. C'était Kamissoko, Nnadi et Himad (Abdelli). Pour ceux qui en doutaient, on a aussi vu l'importance de Pierre-Emile (Hojbjerg) dans notre équipe, lorsqu'il était sur le terrain et lorsqu'il ne l'était plus.

Sur l'aspect mental, on sait que cet OM est encore convalescent après plusieurs semaines difficiles. Lorsque la situation est devenue compliquée en fin de rencontre, avez-vous eu le sentiment que certains joueurs replongeaient dans le doute ?

B.G. : Forcément, certains peuvent douter plus que d'autres. C'est à nous aussi, le staff, de les accompagner. Mais je n'ai jamais senti de renoncement, pour l'instant en tout cas. Et cette troisième victoire en championnat, parce qu'il faut quand même le souligner, c'est une troisième victoire consécutive en championnat. On était attendus sur cette série de matchs, il en reste encore quelques-uns, mais pour l'instant, on a répondu présent en termes de résultats. Il fallait le faire parce que Le Havre est une équipe valeureuse. Je l'avais dit avant le match, c'est une équipe qui ne mérite pas du tout son classement. Elle l'a démontré, avec beaucoup de caractère et beaucoup de qualité. Ce n'était donc pas si simple de faire cette série de trois matchs et de gagner les trois. Maintenant, on a une semaine pour préparer Toulouse et récupérer, parce qu'il y a eu un enchaînement de matchs. Mais non, je n'ai pas senti une équipe touchée mentalement, même dans la période difficile. On n'est pas encore sortis de cette période difficile, on l'a vu.

Pour terminer sur une note d'optimisme, il y a tout de même trois victoires consécutives, une remontée de la 17e à la 8e place, et l'OM est, avec Rennes, l'équipe qui a marqué le plus de buts après huit journées, avec 18 réalisations. Cela donne quand même des raisons d'être optimiste pour la suite ?

B.G. : Ce que j'ai vu pendant 80 minutes m'a beaucoup plu, honnêtement. Même en encaissant un penalty, parce que cela peut arriver. Moi, j'étais très satisfait de ce match, qui était un petit peu dans la continuité de celui d'Angers, mais en mieux encore dans le contenu. On marque des buts, et c'est ce que j'aime. J'adore que mes équipes marquent des buts, mais j'aime bien aussi qu'on en encaisse le moins possible. Et on en encaisse beaucoup trop, notamment ce soir. C'est à nous d'amener cette exigence. Quand on est à l'OM, on est dans un club où l'on sait que tout va très vite. Mais on se doit d'être exigeants si on veut progresser et si on veut connaître un championnat un petit peu plus tranquille que ce qu'on a pu vivre sur les cinq ou six premières journées.

Sur la situation litigieuse en fin de match, lorsque Clément Turpin est allé consulter la vidéo, pensiez-vous qu'il allait accorder un penalty au Havre ?

B.G. : Honnêtement, je ne sais pas. Parce que nous, on a des images qui ne sont pas très nettes sur le banc. J'ai l'impression que le ballon touche plutôt le torse. Mais quand cela dure trois minutes, quand l'arbitre va voir les images, en général, cela veut quand même dire que c'est assez incertain. S'il n'a pas sifflé, c'est qu'il n'y avait pas penalty, comme sur Himad Abdelli. Il n'a pas sifflé parce qu'il estimait qu'il n'y avait pas penalty. Ce que je n'ose même pas imaginer, c'est ce qu'on aurait dit si une main avait été sifflée et qu'on avait terminé à 4-4.

Au-delà de ces trois victoires consécutives, plusieurs joueurs semblent monter en puissance individuellement. Avez-vous le sentiment que votre équipe progresse au rythme que vous souhaitez ?

B.G. : Pas au rythme que je souhaite, parce que sinon, on aurait gagné 4-1 ou 4-0, je le répète. En revanche, oui, je vois des joueurs monter en puissance. Je pense notamment à Nayef (Aguerd), qui a fait un très bon match ce soir et qui retrouve un niveau que j'ai connu avec lui à Rennes, après sa longue blessure. Je vous ai déjà parlé de Pierre-Emile (Hojbjerg). On peut parler d'Himad aussi. Je n'aime pas trop parler individuellement des joueurs, parce qu'Igor (Paixao) a marqué, j'ai trouvé Emerson très intéressant, Timothy (Weah) aussi, qui a confirmé ses dernières performances. Je n'ai pas envie d'en oublier. Mais globalement, collectivement, pendant 80 minutes, c'était un très bon match de la part de mon équipe. Amine (Gouiri), même s'il n'a pas marqué, a été décisif. Il y avait donc plein, plein, plein de bonnes choses. C'est vraiment regrettable et dommage, parce qu'on ne va pas passer la soirée qu'on aurait dû passer. On a un peu gâché tout ça en dix minutes. Mais encore une fois, si cela nous sert de leçon, et j'espère que cela va nous servir de leçon, ce sera bénéfique.

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