Harit : « A 4-2 on a perdu le fil »

Harit : « A 4-2 on a perdu le fil »

Malgré la victoire de l'Olympique de Marseille contre Le Havre (4-3), Amine Harit n'a pas caché sa frustration en zone mixte. Le milieu offensif marseillais a regretté le relâchement de son équipe dans les dernières minutes, évoquant un manque d'humilité et une nécessaire remise en question collective. Il est également revenu sur l'attitude des entrants, la dynamique retrouvée en Ligue 1, sa complicité avec Himad Abdelli et son propre retour en forme.

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Amine, tu as dû perdre quelques années de ta vie dans le dernier quart d'heure. On retient la victoire, mais cette fin de match fait quand même du mal...

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Amine Harit : C'est dommage parce que je pense qu'on fait 70 très bonnes minutes. Mais voilà, je pense que c'est une bonne piqûre de rappel pour tout le monde. Ça va nous apprendre à être beaucoup plus humbles à l'avenir et à comprendre qu'un match de football se joue sur 90 minutes. Il ne faut pas penser que tout est fait, même quand on mène 4-0.

Les trois premiers quarts du match ont quand même donné beaucoup de satisfaction dans le jeu. Si on oublie la fin, il y a eu de très beaux mouvements...

AH : Non, c'était bien, franchement, c'était bien. On s'est super bien trouvés, on s'est créé énormément d'occasions. Je pense même qu'on aurait pu mettre plus de buts. C'est top pour la confiance offensive, mais comme je l'ai dit, il y a un petit goût d'amertume à cause de cette fin de match.

Comment expliques-tu ce relâchement ? Tu as parlé d'humilité. Est-ce que c'est ce qui a manqué ?

AH : C'est un manque d'humilité. Parfois, à se voir trop beaux, on est rappelés à l'ordre. Je pense qu'à 4-0, on n'imagine pas un instant qu'ils puissent revenir. Moi, par le passé, j'ai vécu une situation pareille, mais j'étais dans le camp inverse et on était revenus à 4-4. Donc je sais très bien que tant que le match n'est pas fini, si on peut tuer le match, il faut le faire jusqu'au bout. Je pense que c'est une bonne leçon pour tout le groupe ce soir.

Le coach et Himad Abdelli ont parlé de l'attitude des entrants. Est-ce que c'est quelque chose que tu as également constaté sur le terrain ?

AH : Je ne suis pas là pour pointer du doigt qui que ce soit. Je pense qu'il y a eu des manques, c'est sûr. Après, c'est une piqûre de rappel pour les entrants, mais aussi pour ceux qui ont joué. Parce que nous aussi, on doit comprendre qu'à 4-0, ce n'est pas fini. Si on peut mettre le cinquième, le sixième, il faut le faire. Et les entrants doivent comprendre que, lorsqu'ils rentrent et qu'il y a 4-0 ou 4-1, ce n'est toujours pas fini. C'est une piqûre de rappel pour tout le monde, que ce soient les jeunes ou les moins jeunes. Ça va nous servir pour la suite.

L'important, ce sont les trois points, mais il reste ce petit goût d'amertume. Comment as-tu vécu les dernières minutes, notamment cette situation où Le Havre réclame un penalty ? Est-ce que tu penses qu'il y avait penalty ?

AH : Je ne vois pas, je suis un peu loin. Je n'ai pas revu les images et, honnêtement, je n'ai pas envie de les revoir. Tout ce que je sais, c'est qu'on a pris les trois points. Après, c'est clair que vivre ça depuis le banc, c'est différent. Mais moi, j'ai eu la sensation qu'à 4-2, on était en train de perdre le fil. C'est comme ça, le football. Si on n'est pas concentrés du début à la fin, il peut y avoir des trous d'air. Malheureusement, il va falloir bosser. Et surtout, aujourd'hui, on a été rappelés à l'ordre : le football, ça se respecte.

Amine, on a presque l'impression que tu analyses une défaite alors que vous venez de gagner...

AH : C'est clair, parce qu'une prestation très aboutie, je pense, tombe un peu à l'eau à cause de ces 15 ou 20 dernières minutes. Mais dans la situation dans laquelle on est, c'est une très, très bonne piqûre de rappel. Ça a permis à tout le monde de se rendre compte que le football, ça se respecte et qu'on respecte l'adversaire jusqu'au bout. Je pense qu'il faut arrêter de penser qu'à 4-0 ou 5-0, un match est fini. C'est une très bonne leçon pour tout le groupe.

Est-ce que vous vous êtes dit les choses dans le vestiaire après le match ?

AH : On s'est dit les choses, bien sûr. Dans ces moments-là, c'est le moment de dire les choses, de taper du poing sur la table et de faire comprendre que le football, ça se respecte, comme je l'ai dit. Pour ceux qui n'ont jamais vécu une situation comme ça, il faut qu'ils comprennent que si on ne respecte pas le football, il peut être très cruel derrière.

Avec cette victoire, c'est quand même un troisième succès consécutif en Ligue 1. Avant la trêve, il y avait beaucoup d'interrogations, avec une 17e place et cinq défaites consécutives toutes compétitions confondues. Aujourd'hui, l'OM relève la tête, avec neuf buts inscrits sur les deux derniers matchs. Est-ce une dynamique sur laquelle vous pouvez vous appuyer pour la suite ?

AH : C'est clair. L'important, c'est d'essayer de faire le maximum à chaque match pour prendre les trois points. Que ce soit contre une équipe ou une autre, à la fin, le résultat est le même : ce sont trois points de plus. Je pense que, sur le plan comptable, on n'a pas bien commencé le championnat. Mais j'avais des certitudes par rapport au contenu qu'on proposait et je savais qu'à un moment, ça allait tourner en notre faveur. Sur les trois derniers matchs, ça a été le cas. Donc tant mieux. Il faut s'appuyer sur les points positifs et continuer comme ça parce que, comme je l'ai dit, il ne faut pas se reposer sur ce qu'on a fait. Un championnat, c'est long et compliqué.

J'avais une question sur ta relation avec Himad Abdelli dans le jeu. Il avait démarré la saison dans le double pivot et évolue désormais un cran plus haut. On a vu que vous aviez beaucoup cherché à combiner. De manière générale, qu'as-tu pensé de votre association et de son match ?

AH : C'est un joueur de ballon, un super joueur. À Angers, il a été top. Je pense qu'il a eu une petite crise de confiance en arrivant la saison dernière. Aujourd'hui, je le trouve beaucoup plus relâché, très fit. Il apporte énormément, que ce soit défensivement ou offensivement. Il fait un travail remarquable et il est récompensé de son travail. Il a beaucoup travaillé pendant la préparation. Forcément, moi qui aime bien combiner, c'est un plaisir de pouvoir jouer avec ce genre de joueur.

Et toi, personnellement, comment te sens-tu en ce moment ?

AH : Je me sens bien, je me sens bien. Je retrouve du plaisir. Mais la saison est longue et je sais que vous n'allez pas me rater au moment où ça se passera un peu moins bien. Donc je me prépare !

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