Genesio : « Beaucoup de joueurs ont été traumatisés »

Genesio : « Beaucoup de joueurs ont été traumatisés »

À la veille du déplacement de l'OM à Lens, Bruno Genesio a fait le point sur son effectif. L'entraîneur marseillais a évoqué les incertitudes concernant Emerson et Amine Harit, mais aussi la progression de CJ Egan-Riley, le retour au premier plan de Nayef Aguerd et la situation de Kamissoko. Le technicien est revenu sur les difficultés psychologiques rencontrées par certains joueurs et sur l'importance du travail accompli par le staff médical et physique du club.

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Avant le déplacement à Lens, pouvez-vous faire un point sur votre groupe ? Où en sont notamment Emerson et Amine Harit ?

Bruno Genesio : On va voir cet après-midi s'ils sont opérationnels ou non pour le déplacement de demain. Pour ceux qui ont participé au match à Leverkusen, comme souvent après les rencontres, il y a eu quelques petits bobos, des coups, des choses comme ça. Mais il n'y a rien de grave. Tous les joueurs qui étaient à Leverkusen sont donc aptes à être présents demain. Nous ferons un point cet après-midi concernant Amine et Emerson.

Vous évoquez régulièrement les traumatismes vécus par certains joueurs de votre effectif la saison dernière. CJ Egan-Riley fait-il partie de ceux-là ? Il a découvert la Ligue 1 dans une saison où il a souvent été sur le banc. A-t-il fallu lui redonner confiance pour qu'il réalise une prestation comme celle de jeudi à Leverkusen, au-delà de son association avec Nayef Aguerd ?

B.G. : Oui, entre autres. Lui comme d'autres. Parce que la performance au haut niveau dépend évidemment de nombreux paramètres techniques, tactiques et physiques, mais il y a aussi une part prépondérante du mental. On le sait. Un joueur qui joue, qui est en confiance et qui évolue dans un environnement plus tranquillisant sera forcément plus performant que dans la situation inverse. Je pourrais prendre, peut-être pas énormément, mais beaucoup d'exemples dans notre équipe de joueurs qui ont été traumatisés. J'ai peut-être un peu abusé de ce mot, mais ce sont des joueurs qui ont vécu une situation difficile l'année dernière. Cela concerne ceux qui étaient déjà ici, mais aussi ceux qui n'étaient pas là. Ils ont besoin de temps pour retrouver, ou simplement trouver, cette confiance qui est nécessaire et indispensable pour réaliser de bonnes performances.

Nayef Aguerd incarne aujourd'hui la solidité défensive retrouvée de l'OM. Après ses difficultés physiques et sa blessure en début de saison, estimez-vous qu'il a retrouvé la pleine possession de ses moyens ? Et que vous apporte-t-il précisément, avec et sans ballon ?

B.G. : Oui, mais on en revient toujours aux situations individuelles. Nayef est resté six mois blessé, avec en plus une blessure particulière, puisqu'il ne savait pas vraiment à quel moment il allait pouvoir reprendre. Lorsque vous avez une blessure grave, mais que vous savez qu'au bout de six mois vous pourrez revenir, vous avez un objectif. Là, lui, il a navigué entre deux eaux pendant un long moment. Et cela, c'est très, très difficile à vivre mentalement. Il a quand même raté une Coupe du monde. Ce n'est pas rien dans la carrière d'un joueur. Et lui aussi a vécu un départ, puis un retour. Il faut se rappeler qu'il était sur le point de rejoindre la Real Sociedad en début de saison, avant de revenir. Cela fait donc beaucoup de choses à gérer pour un joueur. Il fallait aussi lui laisser du temps pour retrouver son niveau physique. Et là, je tiens à saluer tout le travail du staff performance et du staff médical, qui ont su mettre des choses en place avec lui pour le remettre progressivement à niveau sur le plan physique. Après, Nayef, je le connais très, très bien. Je connais son niveau puisque je l'ai eu à Rennes. Et aujourd'hui, il retrouve le niveau que je lui ai connu lorsqu'il évoluait à Rennes. Concernant ce qu'il nous apporte, c'est beaucoup de choses. C'est un garçon qui possède un très bon jeu aérien, qui va vite et qui, techniquement, est capable de ressortir les ballons. On parlait tout à l'heure des sorties de balle : pour ressortir proprement de derrière, il faut que les joueurs qui occupent ces positions soient capables de jouer sous pression, de ressortir le ballon et de rester lucides. Il nous apporte donc énormément dans ce domaine. Et puis, c'est aussi un garçon qui possède désormais de l'expérience, ce qui est très utile pour notre groupe.

Concernant Kamissoko, il avait enchaîné plusieurs rencontres avant de voir son temps de jeu diminuer fortement. Il continue d'être convoqué, mais ne joue quasiment plus. Vous aviez également évoqué les entrées en jeu de certains jeunes il y a une dizaine de jours. Comment expliquez-vous vos choix récents à son sujet ? Est-il dans une période où il doit retrouver certaines choses ?

B.G. : Il y a déjà le retour de Pierre-Emile (Hojbjerg). Ensuite, chez les jeunes joueurs, il est assez naturel de connaître de bonnes périodes et des périodes un peu moins bonnes. Lors du match à Leverkusen, j'avais envie de voir Kondogbia, parce que j'estimais qu'il pouvait nous apporter davantage de maîtrise technique au milieu de terrain dans une rencontre comme celle-là, mais aussi son expérience. Voilà, je fais toujours mes choix en fonction du match et de l'équipe. Mais Kamissoko est pleinement concerné par le projet du club et de l'équipe. Il aura bien sûr d'autres occasions de se montrer. Je suis satisfait de ce qu'il fait, aussi bien de ce qu'il a montré lorsque j'ai fait appel à lui en match que de ce qu'il montre à l'entraînement. Après, il a encore des choses à travailler et à améliorer. C'est normal. Mais il n'y a aucun problème.

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