Genesio après Sturm Graz : « Le premier qui doit se poser des questions, c'est moi »

Genesio après Sturm Graz : « Le premier qui doit se poser des questions, c'est moi »

Après la défaite de l'OM sur la pelouse de Sturm Graz (1-0), Bruno Genesio est revenu sur les difficultés rencontrées par son équipe en première période. L'entraîneur marseillais a notamment expliqué ses deux changements à la pause, pointé un manque d'engagement collectif et reconnu des difficultés techniques. Refusant de désigner des responsables individuels, il a également assumé sa propre part de responsabilité dans la préparation et la gestion de cette rencontre européenne.

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Face à Sturm Graz, vous avez sorti à la mi-temps deux joueurs que vous aviez intégrés à votre onze de départ pour cette rencontre. Faut-il y voir une forme de désaveu, au-delà d'un simple réajustement tactique ?

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Bruno Genesio : Non, j'ai sorti deux joueurs parce que je n'étais pas satisfait de ce que je voyais. Mais il aurait pu y en avoir d'autres, notamment parce que je n'étais pas satisfait de notre engagement. Comme je le dis souvent, il ne s'agit pas de faire porter le chapeau uniquement aux deux joueurs qui sont sortis à la mi-temps. C'était aussi un problème collectif, qui concernait les onze joueurs ayant débuté le match. Je peux admettre et comprendre qu'on rate des choses. Ça fait partie du football. On peut rater une passe, commettre des erreurs. Il n'y a que ceux qui n'ont jamais joué au football qui pensent qu'on peut toujours tout réussir. Mais on a beaucoup, beaucoup trop manqué d'engagement en première mi-temps. Et on sait qu'en Coupe d'Europe, c'est un élément essentiel de la performance. Ce serait trop simple de stigmatiser deux joueurs parce qu'on a envie de taper sur eux, parce que c'est plus facile. Je ne suis pas du tout dans cet esprit-là. Il faut aussi se remémorer le parcours de certains joueurs qui sont aujourd'hui à l'Olympique de Marseille, qui ont vécu une saison dernière très difficile mentalement et qui ont besoin de confiance. On sait très bien qu'avec de la confiance, on peut réaliser de bien meilleures performances que lorsqu'on en manque.

Sur cette rencontre, on a le sentiment que les cadres ont davantage failli. Les jeunes peuvent commettre des erreurs d'apprentissage, mais n'attendez-vous pas davantage des joueurs expérimentés ? Plus globalement, comment expliquez-vous ces différences d'engagement et de performance au sein de votre équipe, d'un match à l'autre ou même d'une mi-temps à l'autre ?

B.G. : C'est la deuxième partie de votre question qui m'intéresse, parce qu'elle me concerne aussi directement. Lorsqu'on observe des comportements qui fluctuent d'un match à l'autre ou d'une mi-temps à l'autre, avec parfois de très bonnes choses, comme on l'avait vu à Angers avec notre réaction après l'ouverture du score, ce qui n'était pas simple, lorsqu'on est entraîneur, on est aussi dans l'obligation de se remettre en question. C'est notre métier. Ce serait tellement simple de dire que c'est la faute des cadres, des jeunes ou des changements. Mais il y a aussi une responsabilité que nous devons assumer, et que je dois assumer en tout premier lieu. Si ces matchs n'ont pas été abordés comme ils auraient dû l'être, c'est aussi peut-être parce que mon message n'a pas été suffisamment diffusé avant le match, pendant le match ou à la mi-temps. C'est pour cela que je n'aime pas parler de cas individuels, parce que tout est lié. Il est tellement simple de taper sur une seule personne, deux ou trois joueurs. Le premier qui doit aussi se poser des questions sur notre approche de ces matchs de Coupe d'Europe, c'est moi.

Vous évoquez votre propre remise en question, notamment dans le discours et les choix effectués. Que pourriez-vous changer pour que votre groupe soit davantage réceptif et réactif dès le début des rencontres ?

B.G. : C'est notre métier de nous remettre en question et d'être au milieu de nos joueurs, et non pas au-dessus ou à côté. En tout cas, c'est ma façon de voir le métier. Encore une fois, il est tellement facile de se déresponsabiliser en cherchant des explications ou des excuses. Ce n'est pas ce que j'ai envie de faire. Je sens aussi que ce groupe a des moyens et qu'il a montré qu'il était capable de rebondir et de réagir. C'est donc aussi mon devoir, ainsi que celui de mon staff, de nous poser des questions pour savoir ce que nous pouvons améliorer, individuellement, collectivement, tactiquement et techniquement. J'ai parlé du manque d'engagement en première mi-temps, mais nous avons aussi eu un gros problème technique. Nous avons perdu énormément de ballons dans des zones où nous ne devons pas les perdre, alors que nous avons des joueurs capables de faire beaucoup mieux techniquement. Nous nous interrogeons donc sans cesse sur notre message, notre attitude et nos choix, pour déterminer ce que nous pouvons améliorer. Cela fait partie de notre travail. Sinon, cela ne sert à rien de faire ce métier.

Au-delà du manque d'engagement, comment expliquez-vous les nombreuses difficultés techniques observées en Autriche, notamment dans les sorties de balle ? Est-ce que votre effectif possède réellement les qualités nécessaires pour ressortir court sous pression, ou faudrait-il parfois privilégier un jeu plus direct ?

B.G. : Je pense que nous avons la possibilité de ressortir court parce que nous avons des joueurs qui sont techniquement capables de le faire, y compris sous pression. Nous l'avons déjà montré lors d'autres matchs, notamment face à des équipes comme le PSG, qui est peut-être l'une des meilleures formations dans le pressing sur ce genre de situations. Après, c'est vrai que nous devons aussi être capables de nous adapter à certaines situations et au contexte du match. Notamment lorsqu'on sent, comme jeudi en début de rencontre, que c'est un peu limite ou que nous avons davantage de difficultés. Dans ces moments-là, il ne faut pas hésiter à jouer un peu plus long, à aller chercher les deuxièmes ballons dans le camp adverse, à nous y installer et à adopter ensuite un positionnement un peu plus haut.

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