Himad, cette victoire à Leverkusen peut-elle être un tournant dans la saison de l'OM ?
Himad Abdelli : Oui, mais je pense qu'on est bien et qu'on s'inscrit dans la continuité de ce qu'on fait en Ligue 1. Ce soir, on a réalisé un gros match, on a su souffrir ensemble. C'est ce qui fait du bien. C'est peut-être même encore plus beau de souffrir et de gagner. Surtout ici, face à une grosse équipe. On a réussi à s'imposer et on est très contents.
Cette victoire récompense-t-elle les progrès affichés depuis plusieurs semaines, notamment en Ligue 1 ? Vous avez enfin réussi à les confirmer sur la scène européenne, dans un match présenté comme celui de la dernière chance. Cela vous a-t-il mis une pression supplémentaire ?
H. A. : Non, le coach ne nous a mis aucune pression. Il nous a simplement demandé de jouer comme on le fait ces derniers temps. On a réussi à le faire, même si on a un peu plus souffert qu'en Ligue 1. Mais on a su souffrir ensemble et c'est le plus important.
On vous a vu particulièrement heureux au coup de sifflet final, notamment en célébrant avec les supporters. À quel point cette victoire représente-t-elle un soulagement ?
H. A. : On avait beaucoup de frustration parce qu'en Ligue Europa, on avait zéro point. C'était vraiment frustrant. Ce soir, on gagne contre une grosse équipe, donc on est très, très heureux.
Cette victoire relance-t-elle véritablement l'OM dans la course à la qualification européenne ?
H. A. : Oui, c'est sûr. On prend des points et on est encore dans la course. Maintenant, c'est à nous de faire le boulot et d'aller gagner les prochains matchs.
Peut-on parler d'un exploit face au Bayer Leverkusen, compte tenu de la qualité de l'adversaire et de la dynamique des deux équipes ?
H. A. : Ce n'est pas à moi d'en juger. Si vous pensez que c'est un exploit, tant mieux ! Mais je pense qu'on a souffert tout en produisant du jeu. On s'est aussi procuré quelques grosses occasions. Je ne dirais pas qu'on a totalement fait jeu égal parce qu'ils ont eu un peu plus de situations, mais on a répondu présent sur le terrain.
En tout cas, cette victoire ne semble pas volée...
H. A. : Non, elle n'est pas volée. Je suis d'accord avec vous.
Vous parlez beaucoup de souffrance, mais on a l'impression que vos temps faibles sont de mieux en mieux maîtrisés et de moins en moins longs. Est-ce aussi le signe des progrès de l'équipe ?
H. A. : J'espère que ça va continuer tout au long de la saison parce qu'en début de saison, c'était compliqué. Maintenant, on progresse et j'espère qu'on va continuer à progresser jusqu'à la fin.
Sur le plan mental, une victoire de cette importance peut-elle libérer le groupe ?
H. A. : C'est sûr, mentalement, ça fait beaucoup de bien. Comme je le dis et le répète, c'est une très bonne équipe en face. Ce soir, on a montré qu'on pouvait battre de grosses équipes. Maintenant, à nous de faire le boulot lors des prochains matchs.
L'OM occupe désormais la 31e place, mais ne compte qu'un point de retard sur le 22e. Avec trois réceptions lors des quatre dernières journées de cette phase de ligue, peut-on réellement envisager une qualification parmi les 24 premiers ?
H. A. : On est compétitifs, donc je l'espère. J'espère vraiment qu'on va réussir. Après, comme je l'ai dit, c'est à nous de faire le boulot. On va jouer à la maison et il ne faudra pas reproduire les erreurs commises lors des derniers matchs.
On connaît votre amour pour Marseille et pour l'OM. Au-delà de votre satisfaction personnelle, que représente cette victoire pour le supporter du club que vous êtes ?
H. A. : C'est sûr que ça me fait plaisir. Comme tout le monde le sait, je suis le premier supporter ! Donc ça me fait du bien de voir les supporters heureux. C'est tout ce qu'ils méritent.
Il reste un dernier rendez-vous avant la trêve, dimanche à Lens. Une nouvelle victoire en Ligue 1 serait-elle la cerise sur le gâteau de cette période ?
H. A. : Je l'espère ! Comme tu l'as dit, je suis un compétiteur et toute l'équipe l'est aussi. On va aller à Lens pour essayer de faire le meilleur match possible et revenir avec des points.
Vous connaissez bien Amine Gouiri, notamment en sélection algérienne. Quel regard portez-vous sur son superbe but ce soir ?
H. A. : Moi, je le connais bien, je suis en sélection avec lui. Franchement, ces buts-là, il les aime ! Ça me rappelle un but qu'il avait marqué l'année dernière contre Saint-Étienne. Il avait mis quasiment le même. Et à l'entraînement, à chaque fois qu'il se retrouve dans cette position, il frappe. Donc je pense que je l'aurais engueulé s'il n'avait pas tenté sa chance !
Votre positionnement a évolué depuis quelques semaines. Vous semblez jouer plus haut, parfois comme un véritable numéro 10, parfois entre les lignes. Quelles sont les consignes de Bruno Genesio et comment vous sentez-vous dans ce rôle ?
H. A. : Je joue plus haut, c'est sûr. Mais comme je l'ai déjà dit, le coach me laisse beaucoup de liberté. Il me demande d'aller chercher les espaces libres. Donc j'essaie de les exploiter du mieux possible. Parfois, ça marche, parfois un peu moins. Mais oui, je joue plus haut et je me sens bien dans ce rôle.
Cette victoire semble confirmer la progression de l'OM sous Bruno Genesio. Quelle est l'importance de l'entraîneur dans cette évolution, notamment dans la confiance qu'il transmet au groupe ?
H. A. : Oui, c'est sûr. Le coach nous a toujours mis en confiance et franchement, je tiens à le féliciter pour ça. Parce qu'en début de saison, ce n'était pas facile. Mais nous, on essaie de progresser, de continuer à avancer jusqu'à la fin de la saison et de terminer le plus haut possible.