Un OM trop "Payet-dépendant" ?

Lors du match nul concédé par l'OM face à Strasbourg vendredi dernier (1-1), on n'a pas vu un Dimitri Payet des grands soirs. De quoi expliquer la petite prestation des hommes de Jorge Sampaoli ?

Publié le 04/05/2021 à 01:00

Vendredi, l'OM s'en est tiré avec un match nul face à Strasbourg au Vélodrome (1-1). Un résultat moyen pour un match encore plus moyen, tempéré toutefois par les défaites de Lens et Rennes dans la course à la cinquième place. À l'issue de la rencontre, il s'agissait de savoir ce qui n'a pas fonctionné face aux Alsaciens, et beaucoup de regards convergeaient vers la prestation décevante de Dimitri Payet, habituel perceur de verrous que ce soit par ses buts ou ses passes décisives. L'occasion de se dire qu'en dépit d'une saison assez moyenne, le Réunionnais reste la principale arme offensive de l'équipe, au point de parler d'une Payet-dépendance. Sauf que le sauveur semblait aux abonnés absents vendredi, même s'il n'était pas tout seul dans ce cas.

"Le problème de cette Payet-dépendance, c'est qu'il faut que le joueur soit en forme, mais il faut aussi que les autres soient connectés autour de lui"

En effet, si l'on retient la performance quelconque de Payet, il ne serait pas juste de lui attribuer la responsabilité du faux pas des Olympiens, comme l'explique au Phocéen le technicien marseillais Bernard Rodriguez : "Déjà, avant de parler d'un petit OM ou d'un petit Payet, il faut souligner que les Marseillais ne jouaient pas tout seuls et que Thierry Laurey a su parfaitement les empêcher de s'exprimer. Je pense au couloir droit qui est le côté fort de l'OM, avec la relation entre Thauvin et Lirola qui a parfaitement été maîtrisée par les Strasbourgeois, de même que les connexions de Payet avec les autres milieux et les attaquants". Pas de connexions et donc pas de solutions de passes ou de frappes pour Dimitri, empêtré au milieu du dispositif monté par Laurey. Un coup gagnant pour le coach du RCS, et le constat que l'OM serait bien inspiré de trouver d'autres circuits offensifs lorsque le maître à jouer se retrouve empêché de nuire. "Payet s'est retrouvé enfermé dans l'étau strasbourgeois, confirme Rodriguez, et il n'a jamais pu utiliser les ballons qu'il a eus comme il le fait d'habitude. C'est un peu le problème de cette Payet-dépendance, car il faut que le joueur soit en forme, mais il faut aussi que les autres soient connectés autour de lui, et ça n'a pas été le cas vendredi. Payet s'est retrouvé dans cette nasse formée par le schéma de Laurey avec une forte densité dans l'axe. C'est pour cela que je pense que Sampaoli aurait dû changer de système plus rapidement en passant, pourquoi pas, dans un 4-4-2 avec Luis Henrique à gauche et Thauvin à droite, ce qui aurait pu étirer la défense de Strasbourg".

"L'OM ne dispose pas d'autres joueurs capables de créer dans les petits espaces dans les 30 mètres adverses"

On en revient à cette difficulté pour les Olympiens à se mettre en route dès le coup d'envoi des matches, ce que l'on remarque depuis l'arrivée de Sampaoli. En fait, on a l'impression que l'OM patine avant de faire les constats nécessaires pour enfin se mettre en branle sur le plan offensif. En général, c'est là que Payet dispose enfin de suffisamment de champ pour faire la différence. Sauf que, face à Strasbourg, l'équipe n'a pas su opérer les mouvements nécessaires pour lui en donner, que ce soit dans la passe ou aux abords de la surface pour profiter de ses frappes à distance. "Payet marque des buts, il l'a toujours fait, mais c'est surtout un passeur hors pair, explique Rodriguez. Si ça ne bouge pas autour de lui et qu'il n'y a pas de solutions de passes, on voit ce qui s'est passé face à Strasbourg. Un Payet très moyen, mais ce n'est pas forcément de sa faute, et encore plus si l'adversaire crée un étau autour de lui. Cette dépendance dépend du travail de l'équipe, d'autant que l'OM ne dispose pas d'autres joueurs capables de créer dans les petits espaces dans les 30 mètres adverses". De quoi faire réfléchir Sampaoli en vue des trois derniers matches, car si on a accusé Strasbourg de bétonner, Saint-Etienne, Angers et Metz ne s'y prendront pas différemment.