"L'article n'a surpris personne à l'OM"

Publié le 22/05/2019 à 07:00

L'annonce a eu l'effet d'une bombe dans le microcosme marseillais, et a totalement éclipsé, samedi soir, les réactions après la victoire de l'OM à Toulouse (2-5). Quelques heures avant sa parution, le Journal du Dimanche annonçait que Jacques-Henri Eyraud allait annoncer la fin de la collaboration avec Rudi Garcia au plus tard ce lundi. Des tractations sont effectivement en cours selon nos informations (elles ont été évoquées lundi soir sur le plateau du Talk Show que vous pouvez retrouver en vidéo). Mais il n'y a pas eu d'annonce présidentielle. Mickael Caron, la plume du JDD, accepte donc de revenir sur cette affaire.

Mickaël, pourquoi une telle annonce samedi soir, est-ce que c'était l'objet initial de l'article ?

Mickaël Caron : "Je suis l'OM régulièrement depuis 10 ans, je suis donc amené à parler à un certain nombre de personnes. On savait que c'était dans l'air mais j'ai pu avoir une information plus précise ce samedi, qui m'a permis d'annoncer que la rupture entre l'OM et son entraîneur était imminente pour ainsi dire conclu pour le principe. L’idée est d’informer le plus justement possible, surtout pas de chercher le buzz. J’ai horreur de ça. Je l’ai néanmoins publiée au conditionnel car ce genre d’article peut avoir des effets insoupçonnés"

Tu en as pensé quoi toi de cette stratégie ?

M.C : "J’ai un avis personnel, mais je le garde. Ce que je constate c'est que ce qui est en train de se passer n'est pas très différent de ce que l'on peut voir dans d'autres clubs. Avec Saint-Etienne par exemple. C'est la période qui est propice à ce genre de séparation, de négociations. Quant à savoir si c'est bien de l'annoncer pour calmer les supporters... on peut se dire que l'année dernière toutes les composantes du club étaient portées aux nues et que cette année on en est là, qu'il faudrait un juste milieu. Mais ça se saurait s'il y avait un juste milieu dans le football".

Tu t'attendais à une telle effervescence dès le teasing de l'article samedi soir ?

M.C : "Pour être franc, j'étais à Munich pour un reportage sur le dernier match de Franck Ribéry donc physiquement loin de tout ça. Il y a toujours, quand on sort une information sur l'OM, de l'effervescence. Je m'efforce de ne pas faire attention aux réactions extrêmes. Il y a trois ans quand j'avais annoncé la vente de l'OM, j'avais été menacé de mort sur les réseaux sociaux dans l'attente de la confirmation. Si j'ai fait cet article-là c'est que mes sources m'ont permis de l'écrire. J'invite les gens qui commentent à partir d'un tweet, d'un résumé ou d'un site qui reprend partiellement ou mal l'information, à lire l'article dans son intégralité. Ce serait bien de revenir aux fondamentaux : un article est écrit, lisons l'article, jugeons ensuite".

La journée de lundi, où l'annonce était prévue, a été longue pour toi ?

M.C : "Qu'il y ait un léger décalage dans l'annonce n'est pas étonnant dans la mesure où, comme je l'ai écrit, l'OM est contraint financièrement par le marquage de l'UEFA avec le fair-play financier, donc ils ne peuvent pas faire n'importe quoi. Je pense que l'information essentielle, c'est la rupture qui est actée. Ensuite le marqueur temps, effectivement il y a un décalage. Il y a une conférence de presse de Rudi Garcia ce mercredi, il y a un match vendredi, je pense que tout ça va s'accélérer. Entre le moment où j'ai écrit cet article et le moment où on se parle, il s'est passé des choses au club".

On parlait de l'impact chez les supporters. Mais ça a aussi eu un impact au club non ?

M.C : "C’est possible. Mais effectivement l'OM joue sur du velours parce que Frank McCourt d'un côté, parce que le fair-play financier de l'autre, parce que le mercato va bientôt commencer et que les agents et les joueurs regardent ça de très près. Ce n'est anodin pour personne. Je ne suis pas certain que l'article du JDD ait surpris grand-monde au club. La plupart des gens qui ont réagi à cet article continueront de le faire sur l'actualité de ce club, c'est aussi l’intérêt de l'OM, il y a toujours quelque chose à raconter".