Brun : "Envie de voir ce que la défense à trois de l'OM peut donner"

La Ligue 1 a repris ses droits. Pour la deuxième saison consécutive, on retrouvera très souvent les Olympiens sur Prime Vidéo. Rencontre avec l'excellent commentateur de la chaîne, Julien Brun, qui a commenté OM-Reims aux côtés de Benoît Cheyrou.

Publié le 10/08/2022 à 12:10

Julien, avant un match, prends-tu des renseignements auprès de certains de tes collègues consultants, les anciens joueurs pros ?

Julien Brun : "Ce serait idiot de ne pas le faire. On a la chance d'avoir des gars qui étaient encore il n'y pas si longtemps sur les terrains et qui ont encore des contacts dans les clubs. Quand on a des gens qui savent avoir des contacts et savoir ce qu'il se passe dans un groupe, ne pas tenir compte de leurs expériences, ce serait bête de ne pas saisir cette chance-là. Ca fait évidemment partie du travail qu'on a. Il y a des choses informelles. On parle de préparation invisible, mais ça existe aussi pour nous. Ce midi (dimanche avant OM-Reims, ndlr), on a tous mangé ensemble, ça permet de faire une mise à jour de ce que l'on sait, de ce que l'on a vu, de ce que l'on a appris. Travailler avec des anciens joueurs, c'est une chance. Il faut en profiter quand on est journaliste".

Même en tant que journaliste neutre, y a-t-il un plaisir supplémentaire à commenter à l'Orange Vélodrome ?

J.B. : "C'est évident. Ca fait partie du plaisir de pouvoir se trouver là où on est très peu nombreux à avoir la chance de se trouver. Là haut (au poste de commentateur, ndlr), j'ai vraiment une des meilleures vues du stade. Sur la pelouse, respirer l'odeur, discuter avec certains dirigeants, les membres des staffs, voir les joueurs qui arrivent, ça fait partie du boulot, mais ça fait surtout partie du plaisir, parce que j'ai aussi conscience du fait qu'on fait un métier qui est une passion, il n'y a pas d'autre mot. On est payés pour ça et je croise les doigts pour que ça dure le plus longtemps possible. Mais, oui, tous ceux qui font ce boulot-là, on est tous des passionnés de foot. Il faudrait être sacrément blasés pour ne plus prendre de plaisir pour avoir ces accès-là et ces chances-là au quotidien, notamment ici à Marseille".

As-tu une routine de travail pour la préparation de tes interventions lors des matchs ?

J.B. : "J'aime bien avoir une certaine routine pour derrière en sortir. Pour la préparation des matchs, je m'astreins à une certaine routine parfois un peu contraignante dans la gestion des fiches, en me disant qu'il faut absolument que je ne me dise pas que ça fait plusieurs années que je fais ça et que je n'ai plus besoin de préparer. Donc, je m'astreins à une routine un peu fastidieuse parfois. Faire ça, ça permet de se rendre compte qu'une fois qu'on a fait le travail un peu compliqué entre guillemets, on arrive au stade. Et quand j'arrive à Marseille ou dans tous les stades de Ligue 1, je me rappelle aussi du gamin que j'étais. Je viens du fin fond de la Picardie et le stade ça paraissait très, très loin. Aujourd'hui, je pense à chaque fois au môme qui se disait "j'aimerais bien y aller plus régulièrement". Chaque match je me dis que je suis en plus super bien placé, dans les chanceux et les privilégiés qui sont au stade, mais qui en plus ont la possibilité d'être au plus près de tout ça. Donc, la routine, on la met de côté quand on est au stade. Et l'autre routine qui est possible, c'est celle du commentaire, d'avoir toujours un peu les mêmes formules et tout. Et quand je m'en rends compte, j'essaie de bazarder tout ça. Et quand j'ai des amis ou de la famille qui me disent "tiens, cette expression tu l'as déjà utilisée plusieurs fois", j'essaie aussi de la bazarder pour ne pas rentrer dans cette routine. La routine est nécessaire au départ et il faut absolument la dégager ensuite pour pouvoir profiter au maximum du plaisir d'être là".

Concernant l'OM, y a-t-il un joueur ou un système de jeu que tu veux suivre en particulier ?

J.B. : "Ca ne va pas être super sexy, mais en début de saison j'ai vraiment envie de voir ce que ça peut donner la défense à trois, d'avoir des changements défensifs complets comme ça a été le cas... Au milieu et devant, on sait à peu près comment ça tourne au niveau des joueurs. Il faut voir comment on va réussir à mettre en place rapidement des automatismes entre des gars qui ne se connaissent pas et après une préparation qui n'a pas été idéale de façon objective. C'est plus sexy de parler de Payet ou Milik et cetera, mais d'avoir une idée de ce que cette défense-là va donner, ça peut être sympa".