Vente OM : comment interpréter la sortie d'Ajroudi ?

Le businessman franco-tunisien en a dit un peu plus sur ses intentions s'il parvient à acheter l'OM.

Publié le 11/07/2020 à 01:00

La soirée de jeudi a encore été palpitante pour les suiveurs du hashtag #VenteOM sur les réseaux sociaux. En effet, alors que l'on pensait le projet de Mohamed Ayachi-Ajroudi se dégonfler suite aux démentis du clan McCourt et à la confirmation de ce dernier de son refus de vendre l'OM directement à l'intention de la DNCG, le dossier est donc revenu sur la table. Tout d'abord avec le dévoilement du nom de la banque d'affaires mandatée par les acheteurs potentiels, la banque Windgate, mais aussi avec la sortie forcément tonitruante du businessman franco-tunisien dans les colonnes du Figaro. Outre la confirmation de son envie d'OPA sur l'OM, Ayachi-Ajroudi a fait part de son rêve de voir Zidane et Ronaldo investir la pelouse Vélodrome. En terme d'effet d'annonce, on ne pouvait guère faire mieux. Ces propos ont d'ailleurs été tempérés rapidement par son partenaire Mourad Boudjellal, mais ces noms mythiques ont bien été prononcés et l'impact a suivi, inévitablement.

"Si l'offre est solide et sérieuse, on imagine que McCourt est prêt à l'entendre, mais je ne suis pas sûr que l'Américain soit un homme à se laisser influencer, voire intimider"

Alors, comment interpréter cette nouvelle démonstration du clan Ajroudi ? Le racheteur potentiel a-t-il raison d'exposer publiquement ses plans avant même d'avoir commencé à négocier avec l'actuel propriétaire. À chacun de se faire son avis, mais la méthode n'est pas courante et elle en étonne plus d'un, surtout dans ce type de négociation. C'est ce qu'explique l'ancien président de l'OM Christophe Bouchet au Phocéen : "Vu de l'extérieur, c'est pour le moins étonnant. Il est quand même rare d'entrer dans un processus de vente avec tout ce tintamarre qu'on entend. Encore une fois, ce sont des choses que l'on fait de manière plus discrète si on veut qu'elles aboutissent. Là, ça ressemble à un passage en force, un peu comme à l'époque de l'épisode Kachkar. Mais on peut aussi faire le parallèle avec l'arrivée de Bernard Tapie en 1986, et là, la suite s'était très bien passée. On prend l'opinion à témoin, notamment les supporters, avec des noms ronflants et en décrédibilisant la gestion précédente. Si l'offre est solide et sérieuse, on imagine que McCourt est prêt à l'entendre, mais je ne suis pas sûr que l'Américain soit un homme à se laisser influencer, voire intimider, par ce genre de manoeuvre. En fait, chacun joue sa partition dans cette histoire". Ajroudi et Boudjellal sont entrés dans le jeu à leur manière, et McCourt observe dans la position de celui qui détient les clés de cette histoire.

Le clan Ajroudi joue des coudes pour acheter le club le plus vite possible, sachant qu'en cas de nouvelle bonne saison, l'OM vaudra encore plus cher

Effectivement, le propriétaire de l'OM joue un rôle lui aussi : celui du courtisé, et c'est certainement le plus confortable. Par le biais de son entourage, il a déjà répondu à deux reprises. Il n'est pas vendeur et il n'y a aucune négociation avec qui que ce soit. McCourt s'est même engagé personnellement, c'était la semaine dernière face à la DNCG à qui il a affirmé non seulement qu'il ne souhaitait pas se séparer de son club et qu'il ne discutait avec personne, mais aussi qu'il s'engageait à renflouer les caisses à hauteur de 20 M€. De quoi rassurer le gendarme financier du foot français, mais aussi les supporters qui sortaient de plusieurs mois de cauchemars avec les menaces du Fair-play financier. Après avoir réussi à conserver André Villas-Boas, l'Américain marque un nouveau point en montrant aux supporters que le club n'est pas condamné à vivre un mercato en spectateurs. Ceci dit, doit-on vraiment le croire sur parole quant à son intention de conserver l'OM coûte que coûte ? On n'est pas obligé, sachant qu'il joue aujourd'hui sur du velours pour faire monter les enchères avec un club sur les bons rails et qualifié en Champions League. C'est probablement pour cela que le clan Ajroudi joue des coudes pour acheter le club le plus vite possible, sachant qu'en cas de nouvelle bonne saison, l'OM vaudra encore plus cher. "McCourt est complètement dans son rôle en ne bougeant pas, confirme Christophe Bouchet. Il doit penser à la gestion au quotidien du club, que ce soit dans le trading des joueurs mais aussi dans les négociations avec les sponsors. Deux secteurs qui seraient totalement déstabilisés s'il confirmait que le club est en vente. C'est pour cela que son engagement devant la DNCG ne veut pas dire qu'il restera forcément, car elle demande des garanties à un moment précis, et c'est tout. Mais, McCourt n'a aucun intérêt à bouger". Autant dire que l'affaire est loin d'être jouée, dans un sens ou dans l'autre. La seule certitude est que Mohamed Ayachi-Ajroudi fait le forcing pour accélérer les choses sur un club très intéressant à l'instant T, et que son propriétaire a toutes les chances d'être gagnant dans tous les cas de figure.