OM-PSG : comment le PSG est né artificiellement en 1970

La rubrique Histoire OM, sous la plume et les souvenirs de Fernand Bonaguidi.

Publié le 24/10/2021 à 14:03
OM-PSG : comment le PSG est né artificiellement en 1970

Le PSG fête ses 50 ans d'existence. Il nous a semblé intéressant de rappeler les débuts difficiles de son enfantement. Où l'on s'aperçoit aussi des relations complexes entre ce club et l'OM... Il a succédé aux autres clubs de la capitale (Racing, Club Français, Stade Français, Red Star, le club de banlieue...) qui eurent leurs heures de gloire eux aussi, surtout le Racing et le Red Star, vainqueurs de nombreuses Coupes de France.

Il y a 50 ans, le Paris Football Club fut créé à l'initiative de la Ligue, qui voulait un club pour le futur Parc des Princes qui devait voir le jour en 1972. En effet, le Racing et le Stade Français ont disparu du professionnalisme et le Red Star est trop marqué comme club de la banlieue rouge. Mais ce club artificiel doit fusionner avec Saint-Germain, qui joue en CFA (et que l’OM a éliminé en Coupe en 1969), pour récupérer la structure amateur et les équipes de jeunes, selon les règles de la 3F. Le protocole de fusion est signé le 10 juin 1970. Immédiatement, le club monte en D1 avec Jean Djorkaeff comme capitaine, lui qui vient juste de quitter l'OM. Le premier match au Vélodrome a lieu en décembre 1971 avec une victoire olympienne 4 à 2 avec deux buts de Josip Skoblar. Suite à des pressions de la mairie de Paris qui refuse de subventionner un "club banlieusard", le club est scindé en deux en mai 1972. La section professionnelle passe sous les couleurs (orange) du Paris FC et reste en D1, tandis que les amateurs du PSG sont relégués en CFA. Le mariage avec le PFC aura duré moins de deux ans.

Nouvel avatar : Le PFC redescend en 1974 ! L'année même où le PSG, qui a été repris par Daniel Hechter (qui vient juste de sortir un livre racontant son aventure parisienne) remonte en Première Division. Le hasard du destin. Le PSG est donc le seul club à être monté deux fois en Première Division sans jamais être redescendu. On pourrait dire deux naissances et un faux enterrement. Daniel Hechter : "Pour moi, la date de création du PSG se situe en 1973 plutôt qu'en 1970. Quand j'ai repris le club, le PSG n'existait plus. C'était devenu un petit club amateur et on a dû redemander le statut pro. Les gens du Paris FC se sont servis du FC Saint-Germanois pour accéder à la D1. Et au moment où ils y sont parvenus, ils ont supprimé Saint-Germain pour garder le Paris FC. Moi, je me suis engagé auprès du maire de Saint-Germain-en-Laye pour que le nom du club ne change pas. Quelques jours après l'accord avec Henri Patrelle, le PSG affrontait Poissy en finale de la Coupe de Paris et j'ai fait la connaissance de Just Fontaine grâce à Jacky Bloch qui travaillait chez moi comme directeur des sports. On a vu ensemble la finale et ça a collé immédiatement entre nous. La première année. Just occupait le poste de directeur technique mais c'est lui qui manageait l'équipe. C'était un fantastique technicien."

La deuxième montée se fait avec une équipe entraînée par Just Fontaine qui joue un football spectaculaire, avec défense en ligne, et deux authentiques Marseillais formés à l’OM, les regrettés Jean-Louis Leonetti et Jean-Pierre Dogliani. Comme quoi, la rivalité PSG - OM n'est pas si évidente que ça ! Jean-Pierre Dogliani trompera Jean-Paul Escale, alors gardien de Valenciennes, et ancien Olympien, sur un but controversé lors du barrage pour la montée en 1974. Le PSG est vraiment né sous le signe de la Provence avec une engueulade à la Pagnol entre les Jean(s) du Sud, Jean-Paul, Jean-Louis et Jean-Pierre sur la validité du but. Marseille-Paris a toujours engendré les passions. La rivalité historique des deux villes s'appuie sur une réalité incontournable, Paris est la capitale. Comme le dit l'écrivain et historien Pierre Echinard : "Pendant 25 siècles, Marseille n'a eu besoin de personne. Elle avait de l'argent grâce à son commerce maritime et se comportait comme une petite république italienne. Depuis cinquante ans, elle est obligée de se sentir vraiment dépendante d'un pouvoir central ... Et ça, ça ne passe pas". Et quand César demande à Monsieur Brun qui revient de Paris : "Vous n'avez pas vu Landolfi ?"

C'est une manière de transformer Paris en quartier de Marseille où tout le monde se connaît. Reste aux hommes de Sampaoli de faire tomber les vedettes parisiennes dans un Vélodrome en fusion. Avec une pensée pour Bernard Tapie et la victoire du titre en 1989 sur un but exceptionnel de Franck Sauzée. A Marseille, on a de la mémoire !