OM - Ne pas laisser les vingt dernières minutes tout gâcher

OM - Ne pas laisser les vingt dernières minutes tout gâcher

En s'imposant face au Havre (4-3), l'OM a signé une troisième victoire consécutive en Ligue 1. Mais cette rencontre, maîtrisée pendant plus d'une heure avant de basculer dans l'irrationnel, raconte surtout les deux visages d'une équipe. Capable de produire enfin le football attendu, Marseille semble aussi incapable de préserver ses acquis dès que son équilibre est bouleversé. Un paradoxe qui mérite une analyse plus profonde que le simple procès des remplaçants.

⏱️ 1 min de lecture

Il y a quelque chose d'assez fascinant dans cette victoire contre Le Havre. Pendant 70 minutes, l'OM a ressemblé à l'équipe que ses supporters espéraient voir depuis le début de saison. Et pendant les vingt dernières, il a rappelé pourquoi cette même équipe avait déjà accumulé tant de désillusions. Deux visages radicalement opposés, dans un seul match. De quoi ressortir du Vélodrome avec trois points, mais davantage de questions que de certitudes.

Chargement de la vidéo

Un onze qui ressemble enfin à quelque chose

Commençons par ce qui mérite d'être souligné. Pour la première fois, ou presque, Bruno Genesio disposait d'un onze de départ qui faisait l'unanimité. Et ce onze a donné raison à ceux qui le réclamaient. Abdelli a apporté de la fluidité entre les lignes, Harit de l'inspiration, tandis que Hojbjerg et Nnadi ont offert une assise au milieu. Ce n'était plus une addition d'individualités, mais une équipe capable de jouer ensemble.

Certes, Le Havre est dernier du championnat. Mais l'OM avait déjà montré cette saison qu'il pouvait se compliquer la tâche face à n'importe qui. Cette fois, les intentions étaient justes, les circuits cohérents et les automatismes visibles. Quatre buts inscrits, et la possibilité d'en marquer davantage. Il serait absurde de laisser la fin du match effacer cette réalité.

Le problème dépasse les remplaçants

Puis tout s'est désagrégé. Les changements ont considérablement affaibli l'équipe, c'est indéniable. Mais réduire cet effondrement à l'attitude d'Abdallah ou à l'entrée décevante de Maupay et Angel Gomes serait trop facile.

Car les difficultés défensives existaient avant leur apparition. Egan-Riley, malgré son ouverture du score, avait déjà montré des signes de fébrilité. Et surtout, les sorties successives ont privé Marseille de ses capacités à conserver le ballon, à combiner et à menacer dans la profondeur. Sans cette menace, Le Havre a pu avancer sans véritable crainte d'être puni.

C'est aussi là que le coaching interroge. Fallait-il absolument procéder poste pour poste, alors que les entrants n'avaient manifestement pas les mêmes qualités que les titulaires ? Une réorganisation, avec davantage de densité au milieu ou un repositionnement de Weah, aurait peut-être permis de conserver un équilibre. Rien ne garantit que cela aurait fonctionné, mais la question mérite d'être posée.

Le problème est également structurel. L'OM semble avoir trouvé son équipe type sans posséder les solutions pour la faire vivre pendant 90 minutes. Et lorsqu'un entraîneur ne peut plus remplacer ses meilleurs joueurs sans provoquer une chute aussi brutale du niveau collectif, cela dépasse les seules responsabilités individuelles.

Voilà finalement le véritable enseignement de dimanche. L'OM sait désormais à quoi il veut ressembler. Reste à savoir s'il possède les moyens de le rester. C'est à la fois une avancée encourageante et une limite inquiétante. Mais au moins, pour la première fois depuis longtemps, Marseille dispose d'une base sur laquelle construire. À condition de ne pas confondre onze de départ et véritable équipe.

Commentaires
Voir nos formules d’abonnement, sans publicité

Votre Phocéen, à votre façon !

Pour personnaliser votre accueil, créez gratuitement votre compte Le Phocéen.

Créer mon compte gratuitement

Déjà membre ? Se connecter