OM : du monde au milieu, reste à trouver la bonne formule

Avec les arrivées de Gueye et Cuisance cet été, la bataille au milieu s'annonce rude.

Publié le 12/10/2020 à 01:00

Alors que l'on attendait des latéraux et un avant-centre cet été, l'OM s'est assuré de doubler le poste de Jordan Amavi (et de Hiroki Sakai) avec Yuto Nagatomo et a fait un pari sur l'avenir avec l'ailier Brésilien Luis Henrique. Pour le reste, les recruteurs olympiens ont surpris en recrutant deux milieux de terrain dans un secteur déjà fourni, avec Pape Gueye et le prêt de Mickaël Cuisance. Deux jeunes joueurs de grand talent déjà opérationnels qui débarquent à un poste où le trio Kamara/Rongier/Sanson semblait pourtant indéboulonnable après une saison dernière parfaitement réussie. Des nouveautés qui instaurent une concurrence inattendue avec six joueurs (Strootman compris) pour trois postes dans le 4-3-3 de Villas-Boas.

"Rongier et Sanson ont parcouru énormément de kilomètres la saison dernière et ils payent aujourd'hui cette générosité"

Alors, y avait-il besoin de recruter deux joueurs dans un secteur qui marchait si bien ? Au vu du début de saison, la réponse n'est pas aussi évidente qu'elle l'aurait été il y a deux mois. En effet, le trio majeur de l'OM Kamara/Rongier/Sanson semble tirer la langue face aux adversaires de L1, ouvrant la porte à de possibles changements, même s'ils ont des circonstances atténuantes. "Leur baisse de performances s'explique surtout sur le plan athlétique, à l'image de toute l'équipe, explique au Phocéen le technicien marseillais Bernard Rodriguez. Pour Rongier et Sanson surtout, car ce sont des joueurs qui ont parcouru énormément de kilomètres la saison dernière et ils payent aujourd'hui cette générosité, ce qui est normal. En ce qui concerne Kamara, son activité est moins débordante sur le plan du jeu. Il participe beaucoup moins en tant que sentinelle, ce qui lui permet de moins subir le contrecoup sur le plan physique".

"Posséder six joueurs pour un milieu à trois, c'est complètement normal. Ce qui ne le serait pas, ce serait d'en avoir cinq ou dix"

Pour en revenir à cette boulimie estivale de milieux, il faut quand même savoir que l'OM a recruté Pape Gueye en imaginant que Morgan Sanson était très proche d'un départ, et qu'une attaque étrangère sur Bouba Kamara n'était pas inenvisageable. Pour ce qui est de Cuisance, c'est un peu différent puisqu'il s'agit d'une belle opportunité sur un jeune élément talentueux qui manquait de temps de jeu au Bayern. Une mise sur l'avenir, avec une option d'achat certes élevée (18 M€), mais que Villas-Boas voulait absolument tenter. Du coup, on peut estimer que dans cette concurrence à six joueurs, c'est ce dernier qui a le plus de chances de bousculer l'ordre établi. "Un entraîneur ne raisonne pas en terme d'équipe, mais en terme d'effectif, précise Bernard Rodriguez. Donc, posséder six joueurs pour un milieu à trois, c'est complètement normal. Ce qui ne le serait pas, ce serait d'en avoir cinq ou dix. Là, les postes sont doublés pour parer aux absences mais aussi pour instaurer une concurrence. Dans mon esprit, je pense qu'un Strootman est plus voué aux fins de matches pour conserver un score, et que Gueye reste un jeune joueur qui va se montrer petit à petit pour grignoter du temps de jeu. Donc, j'estime que ces trois places vont se jouer entre le trio habituel et Mickaël Cuisance. Ce dernier n'étant pas une sentinelle pour moi, la concurrence va se jouer pour lui avec Sanson et Rongier pour une place de relayeur. Kamara ne risque pas grand-chose et Gueye est là pour le suppléer si besoin". Au final, cet embouteillage n'est pas un empilement, mais bien un calcul des forces en vue d'un très gros calendrier et adapté aux ambitions du club olympien. Reste à savoir qui tirera son épingle du jeu...