OM : Benedetto, à quand le déclic ?

L'attaquant argentin de l'OM est muet depuis le début de la saison.

Publié le 19/10/2020 à 12:00

Six matches, zéro but (même si celui refusé à Paris était valable) et pas plus de passes décisives. Avec un tel ratio, difficile de s'opposer aux détracteurs actuels de Pipa Benedetto. Il est vrai que l'Argentin nous avait habitués à mieux la saison dernière, notamment lors de la première partie, avec son pressing rageur, ses déplacements dans les intervalles et donc, ses buts. Mais aujourd'hui, l'inefficacité de Benedetto avec l'OM interroge, au point que l'on réclamait d'urgence un avant-centre lors du dernier mercato. Un revirement compréhensible au vu de l'attente que suscite un attaquant à l'OM, et encore plus lorsqu'il ne marque pas. Ceci dit, en se penchant un peu plus sur le contenu des matches, on s'aperçoit que Pipa exerce depuis le début de la saison un métier ingrat, un peu comme un guitariste à qui on ne donnerait pas d'ampli ou un chanteur privé de micro. Alors, sans chercher absolument à trouver des excuses au mutisme de l'Argentin, le procès qui lui est fait actuellement semble un peu rapide, comme l'explique au Phocéen l'ancien attaquant olympien Marc Libbra : "le système de jeu de l'OM n'est pas approprié, pour n'importe quel attaquant. Je pense à un Thauvin qui rentre toujours sur son pied gauche et qui, du coup, ne centre jamais. C'est donc compliqué pour Benedetto, car on a vu la saison passée qu'il était capable de marquer des buts et avait une vraie influence dans le jeu. Là, que ce soit avec lui ou avec Germain, il est très difficile pour eux de marquer. On a vu du mieux face à Bordeaux avec un 4-4-2 et des latéraux offensifs, mais ça reste compliqué pour la pointe. Du coup, si on regarde les stats, on se dit que Benedetto est mauvais. On ne parle pas de son travail invisible, il ouvre des portes avec ses appels, redescend dans le milieu pour servir de point d'appui, mais tout ce travail n'est pas récompensé. S'il avait dix occasions par match sans en mettre une, d'accord, mais ce n'est pas du tout le cas".

"Benedetto fait des appels, n'arrête pas de presser, mais les gens ne le voient pas et, à la fin du match, il est mal noté"

Cet avis semble partagé par son entraîneur André Villas-Boas qui continue de lui faire confiance et semble lassé par ce débat, comme il l'expliquait récemment : "Si le but de Pipa à Paris est accordé, tu ne te poses pas cette question. Il n'a pas beaucoup d'occasions parce que l'on a mal joué. Avant ses trois buts face à Nîmes la saison dernière, le discours était le même : il est nul, c'est un désastre. Il n'y a pas de nouveauté sur ce plan. Ce qui ne change pas non plus, c'est la confiance que lui porte l'entraîneur et celle qu'il a en lui-même". Évidemment, AVB conforte un joueur qu'il est lui-même allé chercher en Argentine, mais il n'y a pas que ça. Le travail fourni par Benedetto sur le terrain, même sans marquer, mérite certainement un peu plus de considération. "C'est comme le débat sur Giroud, explique Marc Libbra, on dit qu'il est nul, qu'il ne sert à rien. Mais, s'il n'est pas là, Mbappé et Griezmann ne peuvent pas briller. Benedetto fait des appels, n'arrête pas de presser, mais les gens ne le voient pas et, à la fin du match, il est mal noté. Mais je persiste à dire que c'est un combattant capable de marquer des buts, à condition d'être servi. D'ailleurs, on voit que Villas-Boas continue de lui faire confiance et ne souhaite pas s'en passer parce qu'il connait son importance. Il n'est pas bête, si Pipa ne servait vraiment à rien, il ne le ferait pas jouer". Touché à la cheville face à Bordeaux samedi, Pipa Benedetto est encore incertain pour l'Olympiakos mercredi, même si les examens n'ont rien révélé de grave. S'il est apte, on devrait encore le voir en pointe face aux Grecs, peu importe ses statistiques...