Il y a encore quelques semaines, difficile d'imaginer Himad Abdelli parmi les hommes forts du rebond marseillais. Décevant depuis son arrivée à l'OM l'hiver dernier, l'international algérien peinait à justifier les attentes placées en lui. Mais depuis la dernière trêve internationale, quelque chose a changé. Trois matchs, trois buts et, surtout, une influence grandissante dans le jeu. Sans s'enflammer, le constat s'impose : L'OM découvre enfin le joueur qu'il pensait avoir recruté.
Un penalty pour débloquer quelque chose
Tout commence à Troyes. Dans une rencontre où sa prestation reste quelconque, Abdelli insiste pour tirer un penalty dans les dernières secondes, alors que Faris Moumbagna souhaite également s'en charger. Il marque, scelle la victoire (2-0) et inscrit son premier but sous le maillot olympien. Un événement presque anodin sur le plan sportif, beaucoup moins sur le plan personnel.
Car Abdelli n'est pas un joueur comme les autres dans cet effectif. Supporter de l'OM, il avait peut-être fait de son rêve une pression supplémentaire. « Je me suis peut-être mis la pression moi-même, parce que tout le monde sait que j'aime Marseille », reconnaissait-il quelques jours plus tard en conférence de presse. Un premier but vécu comme une délivrance par certains de ses proches.
La suite donne du poids à cette interprétation. À Angers, dans son ancien jardin, Abdelli égalise et livre cette fois une prestation convaincante. Puis vient Le Havre, dimanche, avec un match plein, récompensé par un nouveau but et un 8/10 attribué aussi bien par nos journalistes Slim Hanayen et Idriss Kasmi que par les lecteurs du Phocéen. L'Équipe lui décernera également cette note.
Genesio a trouvé la bonne place
Mais réduire cette transformation à un simple déclic psychologique serait passer à côté de l'essentiel. Le changement est aussi tactique. Utilisé initialement dans un double pivot, Abdelli évolue désormais plus haut, avec davantage de liberté entre les lignes. Moins contraint par les responsabilités liées à l'équilibre collectif, il peut multiplier les déplacements, se rendre disponible et exploiter sa qualité technique.
« Le coach m'a un peu libéré », expliquait-il avant l'Olympiakos. Une phrase simple qui éclaire beaucoup de choses. À Angers, puis face au Havre, ses associations avec Amine Harit ont notamment illustré cette nouvelle dimension. Abdelli ne se contente plus de participer : il crée du lien, propose des solutions et donne de la fluidité aux offensives marseillaises.
Un renouveau qui ne doit rien au hasard
Il existe enfin une troisième explication, moins visible : le travail. Interrogé par Romain Canuti après la victoire contre Le Havre, Amine Harit insistait sur la condition physique de son partenaire : « Aujourd'hui, je le trouve beaucoup plus relâché, très fit. Il apporte énormément, que ce soit défensivement ou offensivement. » Et d'ajouter : « Il a beaucoup travaillé pendant la préparation. »
Cette dimension saute désormais aux yeux. Plus mobile, plus endurant et plus impliqué à la récupération, Abdelli semble enfin disposer des moyens physiques d'exprimer pleinement ses qualités.
Évidemment, trois rencontres ne suffisent pas à effacer des mois de difficultés. Et Abdelli devra confirmer contre des adversaires plus exigeants. Mais dans une période où l'OM n'avait plus le droit à l'erreur face à des équipes supposées abordables, son réveil tombe à point nommé.
Le plus encourageant n'est finalement pas qu'Abdelli marque trois fois de suite. C'est que, désormais, même lorsqu'il ne marque pas, on commence à comprendre ce qu'il peut apporter à cet OM.