Trois matchs, trois défaites. Le bilan de l'OM en Ligue Europa est aussi simple à résumer que difficile à accepter. Battus par Besiktas (4-1), l'Olympiakos (0-1) et Sturm Graz (1-0), les Marseillais se déplacent ce jeudi (21h) sur la pelouse du Bayer Leverkusen avec un compteur désespérément bloqué à zéro. Et face à une formation allemande qui a remporté ses trois premières rencontres européennes, la perspective d'une quatrième désillusion est bien réelle. Pourtant, l'OM n'a plus vraiment le droit de considérer l'Europe comme une compétition secondaire. Même lorsque le calendrier invite à faire des choix.
Lens dans les têtes, Leverkusen dans les jambes
Car il serait hypocrite de prétendre que tous les regards sont exclusivement tournés vers l'Allemagne. Dimanche, Marseille se déplacera à Lens pour un rendez-vous autrement plus important dans la course au top 6 de Ligue 1. Dans un championnat où les Olympiens ont retrouvé une dynamique positive, notamment confirmée par leur victoire contre Toulouse (2-0), préserver les forces vives de l'effectif relève presque de l'évidence.
Bruno Genesio devrait donc procéder à plusieurs changements. Emerson et Amine Harit, forfaits pour ce déplacement, ne seront pas concernés. Pour les autres, le technicien devra arbitrer entre fraîcheur physique, temps de jeu et compétitivité. Une rotation compréhensible, à condition qu'elle ne ressemble pas à un renoncement.
Car faire tourner n'interdit pas d'exister. Et surtout, préparer Lens ne doit pas signifier abandonner Leverkusen.
Une qualification compromise, mais pas enterrée
Malgré ce départ catastrophique, Bruno Genesio refuse d'ailleurs de tirer un trait sur la compétition. « Après ce match, il n'y aura rien de fait, quoi qu'il arrive », a-t-il expliqué en conférence de presse, rappelant que l'OM disputera ensuite trois rencontres européennes à domicile. Avec neuf points, la qualification pourrait rester envisageable, tandis que dix ou onze offriraient davantage de garanties selon lui.
Un discours également relayé par Jeffrey de Lange. « Ce n'est pas terminé jusqu'à ce que ce soit fini. Il ne faut jamais abandonner et continuer », a insisté le gardien olympien.
Reste à traduire ces paroles sur le terrain. Car au-delà des calculs comptables, c'est une certaine idée de l'OM qui sera défendue à la BayArena.
Le maillot européen mérite mieux
Marseille possède une histoire européenne, un public qui a toujours accordé une place particulière à ces rendez-vous et une réputation à entretenir. Les éliminations et les défaites font partie du football. Les prestations sans révolte, beaucoup moins.
Personne ne réclame à Genesio de sacrifier ses ambitions nationales sur l'autel d'une qualification devenue incertaine. Mais personne ne peut non plus se satisfaire de voir l'OM accumuler les revers sur la scène continentale, comme si ceux-ci étaient désormais une fatalité.
À Leverkusen, le résultat comptera, évidemment. Mais l'attitude, la solidarité et la capacité à rivaliser seront tout aussi scrutées. L'OM peut perdre contre un adversaire supérieur. Il ne peut pas se permettre de donner le sentiment d'avoir choisi de ne pas se battre.
Dimanche, il faudra gagner à Lens. Jeudi, il faudra déjà rappeler que le maillot marseillais mérite d'être respecté en Europe. Et cela commence par ceux qui le portent.