Foot - le témoignage bouleversant de Didier Santini, ancien Minot de l'OM

Foot - le témoignage bouleversant de Didier Santini, ancien Minot de l'OM

Ancien joueur de l'OM, où il a débuté chez les professionnels sous Bernard Tapie, Didier Santini traverse une terrible épreuve. L'entraîneur de Rodez, âgé de 58 ans, a dû subir une opération des cervicales après avoir progressivement perdu l'usage normal de ses jambes. Dans un entretien poignant accordé à L'Équipe, le Marseillais raconte son calvaire, ses regrets et son combat pour retrouver une vie normale.

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C'est un témoignage aussi poignant qu'inquiétant. À 58 ans, Didier Santini traverse l'une des épreuves les plus difficiles de sa vie. L'entraîneur de Rodez a dû subir une opération des cervicales en urgence après avoir progressivement perdu une partie de ses capacités physiques. Dans un entretien accordé à L'Équipe, il raconte avec beaucoup de sincérité les semaines terribles qu'il vient de vivre. Un récit qui touche particulièrement à Marseille, puisque Santini est un enfant de la ville, formé à l'OM, où il avait intégré le groupe professionnel sous l'ère Bernard Tapie, notamment comme doublure d'un autre Minot, Éric Di Meco, en 1989.

Tout commence le 8 septembre, alors qu'il prend un café avec son président, Pierre-Olivier Murat. Santini ressent soudainement un malaise particulièrement étrange : « J'ai la sensation d'être totalement soûl, ça tourne et surtout, cette impression que mon cerveau et mon corps ne sont plus connectés. » Les examens révèlent une compression de la moelle épinière provoquée par deux vertèbres cervicales qui se touchent. Les médecins lui annoncent qu'une opération est indispensable et urgente. Mais l'ancien Olympien refuse d'abord d'envisager un arrêt, allant jusqu'à demander s'il peut attendre la fin de la saison.

« Tout le monde voit que ça ne va pas. Sauf moi »

Son état se dégrade pourtant rapidement. Après une défaite de Rodez à Saint-Étienne, le 10 octobre, Didier Santini ne parvient quasiment plus à marcher. Ses joueurs s'en aperçoivent, son entourage s'inquiète, mais lui continue de minimiser la situation. « Tout le monde voit que ça ne va pas. Sauf moi. » Pendant la trêve internationale, les douleurs deviennent insupportables et ses difficultés à se déplacer de plus en plus impressionnantes. Il finit par accepter l'intervention, réalisée le 23 octobre.

Dans cet entretien, l'ancien défenseur marseillais évoque également les conséquences possibles de sa carrière de joueur. Il estime que les contacts répétés, les coups de tête et le manque de précautions de son époque ont pu fragiliser ses cervicales. « À l'époque, c'était n'importe quoi. Les tacles, les contacts. On mettait la tête plutôt que le pied. Et puis on ne respectait rien après une blessure. Je me souviens avoir rejoué deux jours après un trauma crânien, c'est vous dire. » Un constat douloureux de la part d'un homme qui reconnaît avoir trop souvent ignoré les signaux envoyés par son corps.

Un retour espéré, mais la santé avant tout

Ce qui frappe également, c'est la culpabilité ressentie par Didier Santini envers ses joueurs. Alors que Rodez traversait une période sportive compliquée, il avait de plus en plus de mal à accomplir ses missions quotidiennes. « À chaque causerie de dix minutes, je devais récupérer pendant une heure et demie. Je ne les ai pas beaucoup aidés dans les moments difficiles. Ma tête voulait, pas mon corps. » Des mots particulièrement forts pour un entraîneur passionné, contraint de regarder son équipe à distance.

Heureusement, Santini peut compter sur le soutien de son club et de son président, qui l'a accompagné tout au long de ses démarches médicales. Après la victoire de Rodez à Dijon, le 24 octobre, ses joueurs l'ont même associé aux célébrations par visioconférence. Une attention qui l'a profondément touché.

Désormais, l'ancien Marseillais entend respecter scrupuleusement les consignes médicales. Il doit notamment dormir avec une minerve, éviter les déplacements en voiture et attendre début décembre pour envisager le début de sa rééducation. Chaque petit progrès constitue déjà une victoire. « Je marche tous les jours et c'est déjà une victoire. Je peux prendre un stylo dans la main. »

Pour celui qui a connu les vestiaires de l'OM à une époque mythique de son histoire, le football reste évidemment présent dans les pensées. Mais, cette fois, il faudra savoir attendre. À Marseille comme à Rodez, on ne peut que souhaiter à Didier Santini de retrouver pleinement la santé et de pouvoir, un jour, reprendre sa place au bord des terrains.

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