Anigo : "Ça donnerait des ailes"

le 24/03/2010 à 00:00

Interview - Avant OM-Bordeaux : Finale CdL

"Une finale, ça se joue, et surtout, ça se gagne"

José, si vous gagnez cette coupe de la Ligue, aura-t-elle la même saveur qu'une coupe de France ?

José Anigo : "C'est un titre. La différence est qu'en coupe de France, il y a les clubs amateurs, là il n'y a que les professionnels. Pour moi, c'est une coupe nationale, c'est aussi important qu'une coupe de France."

Vous pensez que c'est la même chose pour le public marseillais ?

J.A. : "Posez-leur la question à eux, je pense que oui même si je ne peux pas répondre pour eux. En tant que Marseillais, je serais très heureux que le club gagne un titre."

N'y a-t-il pas un risque de trop banaliser cette rencontre ?

J.A. : "On enchaîne les matchs tous les trois jours, là on sort d'un match contre Lyon qui était plutôt sympa. Le fait de jouer tous les trois jours nous permet de moins réfléchir à la finale et de trop y penser. On s'était dit qu'on prenait les matchs les uns après les autres, c'est un peu ce que l'on fait. À partir de jeudi, on commencera à être tous dedans, là on parle de tout et de rien, on ne se projette pas à samedi."

Même si l'objectif reste une qualification en Ligue des Champions, une victoire qualifierait au minimum l'OM pour l'Europa League...

J.A. : "L'objectif reste la Ligue des Champions. Jouer l'Europa League, ce n'est pas rien, mais l'objectif prioritaire, quand on joue une finale, c'est de la gagner. On en a perdu deux ces dernières années, on sait ce que s'est de perdre et de rentrer sans rien, ce n'est pas agréable. Il n'y a pas à regarder s'il y a l'Europa League au bout, c'est juste un titre à gagner, une coupe. Une finale, ça se joue, et surtout, ça se gagne."

"Ça va être une belle finale"

Pouvez-vous nous parler de ces deux finales perdues ?

J.A. : "Contre Paris on a perdu et puis finalement on se rend compte qu'on n’avait pas totalement la maitrise du match, on l'a perdu "normalement". Contre Sochaux, on avait la victoire en poche, on a laissé échapper les choses, c'est dommage. Perdre une finale, c'est particulier, on a l'impression d'avoir travaillé dans le vide pour rien, pendant des mois. Être en finale c'est bien, mais ce n’est finalement rien si on ne l'a pas gagné."

Bordeaux va jouer contre Lyon en Champion's League quelques jours après cette finale, cela peut-il changer les choses pour Bordeaux ?

J.A. : "Si l'on était dans leur situation, je pense qu'on jouerait la finale à fond, on ne ferait pas l'impasse. D'ailleurs, je ne crois pas que Bordeaux fera une impasse sur ce match. Peut-être qu'eux, inconsciemment, même ça, je n'y crois pas, c'est un match contre l'OM. Ça va être une belle finale, personne ne joue avec le frein à main contre nous."

Si Bordeaux "lâchait" ce match, la victoire serait peut-être galvaudée...

J.A. : "Vous savez, quand on perd, c'est toujours les autres qui sont plus grands, et quand on gagne c'est les autres qui sont plus petits. On ne va pas rentrer dans ce genre de considération, on veut juste gagner. On ne va pas regarder si Bordeaux fait un bon match ou un mauvais match. Si on gagne, on l'aura mérité, peu importe l'adversaire."

Qu’y a-t-il de plus dans l'équipe de cette année par rapport aux équipes qui ont perdu les deux finales ?

J.A. : "Il y a plus d'expériences. Il y a des internationaux qui ont l'habitude de jouer des matchs importants, de ne pas jouer les matchs avant et de bien appréhender la rencontre. C'est un peu notre force. C'est également le cas en championnat, on a perdu contre Benfica et on s'est relevé contre Lyon. L'équipe a du mental avec des joueurs de caractère."

Cela vous étonne ?

J.A. : "C'est assez étonnant, car on a eu quelques coups d'arrêt comme contre Montpellier et Benfica. À chaque fois, l'équipe a eu cette force mentale pour se relever."

"J'ai envie de voir mon club gagner"

Pensez-vous que cela peut être l'année de l'OM ?

J.A. : "Je ne veux même pas y penser. Je ne veux pas m'emboucaner le cerveau avec ça. J'ai envie de savourer la victoire contre Lyon où on a souffert.  Après coup, on la savoure de manière différente. Tout le monde dit qu'il nous reste un parcours plus facile en championnat, mais ce sera difficile pour tout le monde jusqu'au bout."

On sent qu'obtenir un titre cette saison, c'est la priorité...

J.A. : "On n'a rien gagné depuis 1993, si on pouvait enfin gagner quelque chose pour travailler dans la sérénité. Enfin ne plus espérer, mais avoir quelque chose. Le jour où le club gagnera quelque chose, il ne faudra pas oublier tous les gens qui sont passés auparavant pour donner de la stabilité au club."

Toutes ces années sans titre, vous en parlez aux joueurs ?

J.A. : "Non, on n'en parle pas. Ils connaissent très bien l'histoire du club, on leur explique à leur arrivée qu'ils sont là pour gagner des titres. On n'a pas besoin de leur rappeler."

Si l'OM gagne cette coupe, cela peut donner un allant au club pour la conquête du titre ?

J.A. : "Je ne sais pas, ce sont deux compétitions différentes. La gagner donnerait encore un peu plus de force, même si l'équipe ne se laisse pas abattre comme ça, ça donnerait des ailes."

Ce serait important de gagner aussi pour les supporters dont certains n'ont encore jamais vu l'OM gagner un titre...

J.A. : "Oui, c'est vrai. C'est pour cela que l'on se bat, pour créer une génération qui voit son équipe gagner quelque chose. Je suis dirigeant à l'OM, mais je suis avant tout Marseillais, j'ai envie de voir mon club gagner."

Vous avez prévu quelque chose en cas de victoire contre Bordeaux ?

J.A. : "Non, par superstition. On a rien prévu, mais vraiment rien. On fait notre match, si on gagne on verra, si on ne gagne pas, on rentrera chez nous."


S.F.

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AREMA*/J.ALMA * La société AREMA, en charge du projet de reconfiguration du stade Vélodrome et de ses abords, a pour actionnaires la Caisse des Dépôts, la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse, le FIDEPPP, le fonds InfraVia, GFC Construction et EXPRIMM. Cette société s’appuie sur l’expertise des cabinets d’architectes SCAU (Maxime Barbier, Bernard Cabannes, Luc Delamain, François Gillard, Michel Macary, Aymeric Zublena) et DIDIER ROGEON ARCHITECTE, architecte associé, qui ont conçu le projet, ainsi que sur les bureaux d’études IOSIS, GARCIA Ingénierie et BETEREM Ingénierie.