DD, à quoi tu joues ?

le 06/10/2009 à 18:13

Actualité - Trêve internationale

On a tendance à dire qu’à Marseille, il y a 60 000 entraîneurs les soirs de match. Certes mais en ce moment, il y a surtout 60 000 spectateurs qui ne comprennent pas les choix, aussi bien sur le plan «ta-que-tique» que «tè-que-nique» de Didier Deschamps. Le nouvel entraîneur de l’OM tâtonne, change de plus en plus souvent de système de jeu, teste différentes options pour au final nous perdre en route. Perdre… ce mot honni par DD est revenu sur le devant de la scène à trois reprises en l'espace d'une semaine. C’est bien qu’il y a un souci quelque part.

Trop de changements tue le changement

Depuis le début de la saison, Deschamps a déjà utilisé de nombreux schémas de jeu. Le fameux 4-3-3 vanté lors de la préparation estivale a régulièrement été transformé pour passer tantôt en un 4-4-2 losangé, tantôt en un 4-3-3 avec trois pointes devant, tantôt en un 4-4-2 à plat… Depuis le retour dans l’équipe de Lucho au Mans, DD a modifié son schéma de base, estimant l’Argentin - appelé à être la pièce maîtresse de l’équipe - trop juste pour évoluer au milieu de terrain en tant que pendant droit de Cheyrou. Le résultat s’est avéré calamiteux sur le plan défensif (13 buts encaissés en 6 matchs).

Dimanche contre Monaco, le coach marseillais est enfin revenu à son 4-3-3 initial, alignant quasiment son équipe type avec les titulaires qu’il a recrutés cet été (Diawara, Heinze, Mbia, Lucho, Morientes). Mais là encore, la réussite n’a pas été au rendez-vous. La faute à ces joueurs-là, tous en méforme lors d’une première mi-temps désastreuse. Sans aller jusqu’à dire que Deschamps s’est trompé dans son recrutement estival, les nouveaux ne sont pas à la hauteur. DD donne également l’impression de leur accorder trop d’indulgence, témoin le non-remplacement de Lucho et Morientes dimanche alors que ces deux derniers étaient inutiles sur le terrain.

En attendant, le coach marseillais utilise avec parcimonie Valbuena, voire Ben Arfa. Pourtant, c’est sous leur impulsion en seconde période que l’OM a acculé Monaco devant ses buts. Quant aux autres joueurs, ils ont déjà été utilisés à plusieurs postes à l’instar de Niang, Cheyrou (meneur de jeu contre Monaco en 2e mi-temps !), Mbia, Cissé ou encore Abriel. Pas l’idéal pour une équipe déjà largement transformée cet été et qui se cherche toujours après deux mois de compétition.

Deschamps face au mécontentement général

Sur le sondage lancé par Le Phocéen, qui cherchait à stigmatiser les raisons de la mauvaise passe actuelle de l’OM, les choix tactiques de Deschamps sont en ligne de mire :

Quelle raison explique le plus la spirale négative actuelle de l'OM ?
Deschamps change trop souvent de système de jeu
blue 29.1%
Le mental, l'état d'esprit des joueurs n'est pas à la hauteur
yellow 22.8%
Les recrues (Diawara, Morientes, Heinze, Lucho...) sont décevantes
red 22.2%
Le manque de réussite (offensive et défensive)
orange 20.2%
Une autre raison...
green 4.7%
Ne se prononce pas
grey 1.1%

Une critique que l’on retrouve auprès des groupes de supporters.  "On voit la différence entre Gerets et Deschamps, le système n’est pas approprié cette année, tonne-t-on du côté des South Winners. La mayonnaise ne prend pas avec les joueurs qu’il a mis en place. On ne sait pas comment l’équipe joue, en 4-3-3, en 4-4-2. Il n’y a pas de logique". La gestion de l’effectif est également mise en cause : "Deschamps change de système mais il ne change pas les hommes. Il ne prend pas de risque. Il faut bousculer cette hiérarchie qui semble s’être mise en place mais qui n’a pas lieu d’être" dit-on chez les Dodger’s. La comparaison avec Gerets semble inévitable : "Gerets faisait lui aussi souvent des changements de système de jeu, seulement il n’a pas commencé à le faire dès la première saison, remarque-t-on du côté des Yankee. Il l’a fait après de longs mois de vécu d’équipe, une fois que le collectif tournait bien, que les joueurs avaient l’habitude de jouer ensemble. C’est l’opposé de ce qu’on a cette année. On a des individualités, mais elles ne forment pas une équipe."

Face à ce début de fronde, Deschamps se veut serein, lui connaît et maîtrise le contexte marseillais : "C’est normal que les supporters soient déçus. Il faut l’accepter. Je comprends leur réaction comme je comprends la déception de mes joueurs aussi. C’est un moment très difficile, pour les supporters et pour nous tous. Mais la route est encore longue, je suis convaincu par le potentiel de mon équipe. C’est à moi de trouver les solutions et j’assumerai toujours mes choix". Au moins, DD ne se défile pas. Cela tombe bien, surtout quand on lit les dernières déclarations de Jean-Claude Dassier et de José Anigo : "On a un problème mais je suis certain que Didier va le régler, c’est son job et je ne doute pas un instant qu'il va y arriver" a lancé le président de l’OM dans L’Equipe de mardi. "Je fais confiance à Didier, a renchéri le directeur sportif marseillais sur Europe 1. Il a le potentiel, tout comme l'équipe, pour revenir dans ce championnat. Je le sais assez intelligent pour nous sortir de cette situation. Ce n'est pas quand ça va mal qu'il faut tout jeter ou tout casser." Tout ce joli monde a quinze jours pour cogiter...

R.C.

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AREMA*/J.ALMA * La société AREMA, en charge du projet de reconfiguration du stade Vélodrome et de ses abords, a pour actionnaires la Caisse des Dépôts, la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse, le FIDEPPP, le fonds InfraVia, GFC Construction et EXPRIMM. Cette société s’appuie sur l’expertise des cabinets d’architectes SCAU (Maxime Barbier, Bernard Cabannes, Luc Delamain, François Gillard, Michel Macary, Aymeric Zublena) et DIDIER ROGEON ARCHITECTE, architecte associé, qui ont conçu le projet, ainsi que sur les bureaux d’études IOSIS, GARCIA Ingénierie et BETEREM Ingénierie.