Mercato OM : le temps presse, mais le marché ne s'emballe toujours pas

L'OM peut-il encore espérer des mouvements d'ici lundi dans un marché paralysé par la crise ?

Publié le 30/09/2020 à 01:00

Lundi, Le Phocéen se penchait sur la difficulté pour l'OM de vendre ses joueurs qu'il a mis sur le marché cet été, et même lors des mercatos précédents. Un dilemme qui poursuit le club olympien ces dernières années, sans que les dirigeants successifs ne parviennent à y remédier. Joueurs payés trop cher pour certains, ou trop âgés, ou pas assez performants, et surtout disposants de salaires trop élevés pour les acquéreurs potentiels. Une situation endémique au club olympien, mais qui n'est pas la seule barrière, puisque tout le monde s'accorde à dire depuis des mois que ce mercato ne ressemblera à aucun autre, crise sanitaire oblige. En effet, si quelques clubs français ont réussi à tirer leur épingle du jeu sur le recrutement, à l'image de Rennes ou Lille, les autres observent un calme plat sur les achats comme sur les ventes. Résultat : les contrats trop lourds sont bien partis pour le rester.

"Les clubs ne sont plus prêts à tout accepter pour se renforcer, y compris les plus riches"

Un marasme économique qui va plomber l'ensemble des clubs de Ligue 1, déjà touchés par les manques à gagner générés par la crise sanitaire et qui se retrouvent, à l'image de l'OM, avec des contrats indésirables sur les bras. "Je fais souvent l'analogie avec l'immobilier, explique au Phocéen un des principaux agents français, en démontrant que lorsqu'on achète un appartement le double du prix du marché, on ne trouve pas preneur ou on perd forcément de l'argent lorsqu'on souhaite le revendre. C'est la même chose dans le football et surtout cette année avec la crise sanitaire. Les clubs ne sont plus prêts à tout accepter pour se renforcer, y compris les plus riches. En dehors de Chelsea, qui n'avait pas pu recruter l'an dernier, tout le monde reste très prudent à cause des pertes gigantesques que les clubs ont subies. Résultat : des clubs qui, comme l'OM, ont donné des salaires et des contrats trop importants ces dernières années se retrouvent bloqués avec ces joueurs. C'était déjà le cas l'été dernier dans un marché qui, pourtant, était très ouvert, et ça l'est encore plus aujourd'hui. À la limite, les indemnités de transferts ne sont pas vraiment un problème, puisqu'on arrive à trouver des équilibres avec les amortissements. En revanche, on subit jusqu'au bout les salaires hors marché, avec des joueurs qui préfèrent ne pas jouer plutôt que de partir dans un club où ils toucheront deux fois moins. C'est cette disproportion totale entre la valeur des joueurs et les salaires accordés qui plombe les clubs. Évidemment, l'OM n'est pas seul dans ce cas, mais le nombre de contrats trop lourds est beaucoup trop important".

"Dans cette dernière semaine, il faudra éventuellement surveiller Leicester qui a un peu d'argent et souhaite faire un ou deux beaux coups"

Des contrats qui pèsent sur chaque mouvement du club, même si les dirigeants sont prêts à faire des efforts pour faciliter des départs. Et puis, il y a les joueurs sur lesquels l'OM peut réaliser des plus-values, on pense à Morgan Sanson, Duje Caleta-Car ou même Maxime Lopez. Mais, là encore, il ne faut pas se faire trop d'illusions, y compris chez les habituels dépensiers. "Le marché anglais reste très prudent, même si Chelsea s'est lâché, explique notre source. Dans cette dernière semaine, il faudra éventuellement surveiller Leicester qui a un peu d'argent et souhaite faire un ou deux beaux coups. Pour le reste, c'est calme, City a encore dépensé une fortune pour un défenseur central (Ruben Dias), mais c'est à peu près tout. En Espagne, c'est pire. On le voit avec des transactions gratuites comme Suarez (Atlético) ou Rakitic qui part pour 1,5 M€ (Séville), et surtout le Real qui ne recrute personne. Idem en Italie ou en Allemagne. Il faut garder à l'esprit les pertes gigantesques de ces gros clubs, ne serait-ce qu'en billetterie. Ils iront peut-être chercher le gros joueur qui leur manque, mais ils n'iront pas plus loin".

"Des prêts vont forcément se débloquer dans les gros clubs. Déjà pour réaliser des économies de salaires, mais surtout pour exposer des joueurs"

Reste cette traditionnelle dernière ligne droite, celle où les clubs en difficulté sont prêts à faire des folies pour satisfaire leurs entraîneurs. C'est le cas de l'OM qui, sans parler de folie, compte bien dénicher un avant-centre. On voit mal le club olympien en rester là, compte tenu de l'état actuel de l'effectif. Mais, sans argent, il faudra faire preuve d'habileté. "Oui, ça va forcément bouger un peu car les championnats ont commencé et que certains clubs sont déjà en manque de résultats, mais on ne connaitra pas la folie habituelle, explique l'agent. Pour l'OM, on peut imaginer que les difficultés rencontrées lors des derniers matches vont les pousser à faire un effort. Mais, sans vente significative, je ne les vois pas mettre 15 ou 20 M€ sur un joueur". On peut donc estimer que la mission principale de Pablo Longoria, voire de Paul Aldridge avec la Premier League, sera de dégoter un ou deux prêts. "C'est pour moi la solution la plus probable, confirme notre source. Des prêts vont forcément se débloquer dans les gros clubs. Déjà pour réaliser des économies de salaires, mais surtout pour exposer des joueurs qui n'ont pas leur place chez eux et qui souhaitent du temps de jeu en vue des compétitions internationales comme l'Euro l'été prochain". Des profils qui existent et que la perspective de jouer la Champions League peut attirer. Réponse lundi prochain...