OM : Riolo explique pourquoi il a toujours soutenu Sampaoli

Figure emblématique de l'After sur RMC, l'émission de foot qui cartonne le plus en France, Daniel Riolo, qui a défendu Jorge Sampaoli toute la saison, s'explique sur ce soutien et distribue forcément quelques baffes au passage.

Publié le 20/05/2022 à 01:00

Oui, à l'origine, Daniel Riolo est un supporter du PSG. Mais le journaliste, éditorialiste, polémiste, a passé ce cap depuis bien longtemps. Il l'a prouvé cette saison, avec son désarroi plutôt virulent le soir où des supporters de l'OGC Nice s'en sont pris à Payet, et bien évidemment à chaque fois que l'on s'en est pris à Sampaoli. Pourquoi d'ailleurs ? Il s'en explique à l'occasion de la sortie de la dernière revue de l'After. 

Daniel, tout au long de la saison, tu as pris la défense de l'entraîneur de l'OM dans l'After. Et on a l'impression qu'avec Jorge Sampaoli, il n'y a pas de juste milieu, c'est soit un génie incompris en France soit un argentin surcoté... 

Daniel Riolo : "Déjà, je ne sais pas qui sont ceux qui le défendent de A à Z sans réserve, moi je n'en connais pas et j'estime ne pas en faire partie. Je dirais qu'on est sur du 75-25, 80-20 de positif. Si on fait un peu l'histoire récente de l'OM et l'installation du duo avec Longoria, ils n'ont qu'un an et quelques mois, c'est peu pour porter un jugement définitif quand on veut réellement quelque chose. Les plus extrémistes dans ce dossier sont ceux qui se sont mis en tête avant même de le voir agir que c'était une pipe, parce que c'est un entraîneur particulier, qu'il est volubile, qu'il a des idées, qu'il bouscule les choses, qu'il apporte un regard un peu nouveau. Je ne suis pas un défenseur acharné de Sampaoli, j'essaie d'analyser globalement, bien sûr desfois je suis un peu étonné parce ce qu'il fait, mais l'OM a toujours été très bien classé en Ligue 1 et va finir bien classé. Alors bien sûr qu'on sera déçu si ça ne fait pas 2. Mais ça sera très bien s'il fait 2, ça sera bien s'il fait 3, et ça sera un peu moins bien si c'est 4. Mais ça restera quand même dans le camp du bien. Tu mets ton club en Europe, il y a des concurrents, ils ont le droit de bien travailler aussi. J'ai entendu que ce serait une catastrophe pour cet OM de ne pas être en Ligue des champions. Et Lyon, ils font quoi alors ? Tout le monde se suicide en ville ? Ca n'a pas de sens. Monaco ils ont un budget démesuré plein de supers joueurs, on a cru qu'ils seraient pas à leur place mais finalement ils le sont. Derrière, il y a une équipe qui surperforme c'est Rennes. Mais tous les ans il y en a une, ce n'est pas nouveau. L'OM a eu la coupe d'Europe, on sait qu'en France on a du mal à gérer les deux compétitions, c'est historique. Sampaoli a essayé... Moi, le reproche, c'est plus face à Feyenoord, il y avait mieux à faire, et ça aurait été vraiment formidable d'être en finale de cette compétition. Donc quand on voit d'où vient l'OM c'est bien. Maintenant l'année prochaine on portera un autre jugement, il faudra que Longoria continue d'avoir de bonnes idées, que Sampaoli ne s'use pas. Mais des critiques je peux en faire aussi, je trouve qu'il est trop excité au bord du terrain, même si je ne veux pas de mecs totalement lisses je trouve que parfois il en fait un peu trop, il prend trop de cartons, il devrait apporter un peu plus de calme. Mais tout ce qui est gestion de joueurs, ça m'énerve. Milik, machin... je trouve qu'on en a beaucoup fait là-dessus et que les faits lui ont plus donné raison que tort". 

En termes de jeu, il y a une différence entre le début de saison pétaradant, la victoire à Montpellier pour la première journée, et le dernier match à Rennes avec Guendouzi et Pape Gueye devant Kamara au milieu... 

D.R : "C'est vrai qu'il y a de moins en moins d'audace. On a dit qu'il s'était adapté à la Ligue 1 qui est un championnat où il y a beaucoup d'équipes qui jouent en transition et c'est vrai que si tu te remémores des matchs contre Brest, contre Lens, ça fait mal à la tête. Ca arrive, c'est le foot. Mais si tu fais le bilan global : le PSG, ça n'a pas bien joué, Monaco, ça a été poussif pendant des mois. Marseille, ça ne va pas être dans le top3 des équipes qui ont le mieux joué cette année ? A chaque fois que je veux parler de jeu, on me bâche ce débat, on veut me parler de résultat, il faudrait savoir au bout d'un moment. Moi j'ai plus kiffé ce jeu, avec celui de Rennes. Je ne vois pas qui va pouvoir venir donner des leçons à l'OM sur le jeu produit sur toute la saison. Et n'oublions pas que sur la fin de saison, l'OM doit faire sans Payet et que c'est un gros manque".

En conférence de presse, Sampaoli a évoqué les moyens à disposition en Ligue des champions au moment d'évoquer son avenir. Tu en penses quoi ?

D.R : "La Ligue des champions, comme pour tous les autres clubs français, l'objectif c'est d'être troisième de ta poule. Le reste ne peut être que du bonus, comme Lille cette année, qui est tombé dans un groupe abordable, ce qui est très rare, et ils en ont profité. Tu fais 3e, t'es reversé en Europa League, compétition à la hauteur de nos clubs. Et encore, façon de parler parce qu'on n'y fait rien au final. Si on va dans ce sens, et qu'en février-mars tu te demandes si tu n'as pas un effectif cassé en deux physiquement, je peux comprendre l'exigence de Sampaoli. Cette saison il fait une saison riche, pleine en émotions, il n'y en a pas beaucoup qui étaient sur deux tableaux jusqu'au mois de mai. C'est positif, il veut progresser, c'est normal de vouloir progresser. Après est-ce que McCourt va vouloir ? Il faut remettre la main au pot et pas juste prendre les sous de la Ligue des champions. Ça peut être une stratégie. Mais on peut comprendre un entraîneur qui ne veut pas faire de la figuration". 

Outre Sampaoli, tu as vigoureusement défendu Marseille, notamment après les incidents de Nice-OM. Tu as des anecdotes sur cette nouvelle popularité marseillaise ? 

D.R : "Pour moi, c'est du bidon des réseaux. A l'OM, la grande majorité des supporters a toujours su que j'étais objectif, et que mon amour déçu du PSG n'est jamais rentré en ligne de compte dans mes commentaires. C'est toujours la même histoire. Quand tu dis un truc pas bien tu es anti, quand tu dis un truc bien, tu as changé. C'est du bidon, je ne m'attarde pas là-dessus, je fais mon travail de manière objective en donnant mon avis, à l'époque de Bielsa c'était pareil. Ce sont des discussions de jeunes supporters sur les réseaux sociaux, ça n'a aucun intérêt". 

La dernière revue de l'After sort aujourd'hui avec un gros dossier Foot & Religion. A quand un gros dossier en rapport avec l'OM, avec Marseille ?

D.R : "On a parlé de toutes les religions, de l'impact qu'elles pouvaient avoir sur la vie des hommes et dans le foot évidemment. Mais aucun papier n'est critique. Là c'est pareil, sur les réseaux sociaux, on est déjà jugés alors que les gens ne l'ont même pas lu... Mais ça ne nous arrêtera pas, évidemment. En ce qui concerne Marseille, quand on avait fait un numéro sur le rôle des supporters, on était revenu à l'origine de la banderole "l'OM c'est nous". Mais le prochain numéro sera consacré au peuple du football, donc je pense qu'il y aura au moins un ou deux articles très axés OM..."