Radonjic : l'heure d'éclater enfin à l'OM

L'ailier serbe jouera gros cette saison dans un effectif où il doit se trouver une place.

Publié le 27/08/2020 à 15:00

Annoncé comme une attraction lors de son arrivée à l'OM fin août 2018, Nemanja Radonjic divise ses entraîneurs comme ses supporters. Il faut dire que les pépites ont des âges limites, que celui du Serbe (24 ans) le sort d'ores et déjà de cette catégorie, et la difficulté est justement de lui en trouver une. Pour le moment, la seule certitude est que Radonjic est régulièrement appelé avec la sélection de Serbie, ce qui devrait en faire une référence naturelle sachant le niveau de cette équipe. Pour le reste, on a observé trois phases de sa progression à l'OM. Tout d'abord, de grosses interrogations lors de ses entrées en jeu. Le dribbleur à haute vitesse annoncé avait du mal à allier ces deux qualités présumées. En gros, soit il dribblait, soit il accélérait, mais jamais les deux à la fois. La deuxième phase découlait de la première et faisait de NR7 au bout d'une saison complète l'objet de nombreuses interrogations, pour ne pas dire de suspicions d'escroquerie en règle. En effet, les 12 M€ de son transfert en provenance de l'Étoile Rouge n'étaient non seulement plus justifiés, mais plutôt qualifiés d'onéreuse boulette que l'OM allait traîner longtemps. Enfin, il y une troisième phase, et heureusement. Celle d'une jolie série d'entrées en jeu à succès la saison dernière où l'on s'est aperçu que Radonjic n'était peut-être pas le canard sans tête qu'on décrivait. On a enfin découvert que NR7 avait autre chose qu'une réputation surfaite. Au-delà de ses cinq buts inscrits en Ligue 1 souvent décisifs (tous comme remplaçants, sauf à Saint-Etienne), on a enfin vu quelque chose, des appels en profondeurs, des contre-pieds et du sang-froid devant le but. Bref, du talent, et il était temps.

Il ne peut plus se contenter de son statut de pépite présumée ni de supersub, comme il l'a fait la saison dernière

Ce talent, Nemanja Radonjic a tout intérêt désormais à l'afficher autrement qu'à doses homéopathiques. Avec deux années pleines au compteur à l'OM, il ne peut plus se contenter de son statut de pépite présumée ni de supersub, comme il l'a fait la saison dernière. Au contraire, le Serbe doit aller chercher sa place de titulaire, lui qui est le seul véritable ailier gauche de l'effectif et qui, de plus, peut facilement basculer de l'autre côté. Évidemment, ce couloir gauche est occupé, voire préempté, par un certain Dimitri Payet et ce dernier n'est pas vraiment du genre à accepter de partager son job avec qui que ce soit. Mais Radonjic ne doit pas tenir compte de cet ordre établi, il doit au contraire tout faire pour pousser le Réunionnais à se chercher d'autres plates-bandes. Dans l'axe par exemple. Bien sûr, AVB semble attaché à son 4-3-3 qui a si bien fonctionné la saison dernière, mais une affirmation de Radonjic pourrait le pousser à reconsidérer sa position, d'autant que les 33 ans de Payet le recentrent naturellement vers un poste de meneur axial. Tout cela pour dire que le Serbe a une grosse carte à jouer dès maintenant, que ce soit pour s'imposer à l'OM mais aussi attirer les convoitises s'il souhaite aller voir ailleurs. Il est largement temps de montrer, en L1 comme en Champions League, que les dirigeants ne se sont pas trompés à son sujet.