PSG-OM : comment l'arbitre a perdu le fil du match

L'arbitrage de Jérôme Brisard a été largement contesté par les deux équipes. Retour sur un match qu'il n'a pas su maîtriser.

Publié le 14/09/2020 à 12:00

Avec seulement 66 matches en Ligue 1, Jérôme Brisard fait certainement partie des arbitres français les mieux notés, puisqu'il c'est lui qui a été nommé pour diriger PSG-OM (0-1) dimanche soir. Un choix surprenant qui a débouché sur une partie très compliquée pour le Lavallois, très largement critiqué dans la presse et par les deux équipes pour ses décisions (voir la réaction de Villas-Boas en vidéo), qu'il s'agisse des cinq cartons rouges en fin de match, mais aussi sur des faits de match litigieux. On pense au carton jaune infligé à Pape Gueye, au but refusé à Pipa Benedetto, ou encore à un penalty réclamé par les Parisiens en début de rencontre.

"Je pense qu'il a essayé de ménager tout le monde en sanctionnant des deux côtés, mais ce n'était pas la bonne méthode"

Une soirée compliquée pour Jérôme Brisard, 34 ans, qui a certainement payé son manque d'expérience au plus haut niveau. C'est ce qu'explique au Phocéen l'ancien arbitre professionnel Claude Medam : "Ce manque de maîtrise est certainement dû à son manque d'expérience sur les matches avec un tel enjeu sportif et médiatique. Là, on a vu un Classique qui ressemblait à ce que l'on voyait dans les années 90. Il a parfois été dépassé et s'est trompé sur plusieurs actions. On le voit avec les cartons rouges qui ont été partagés entre les deux équipes, alors que ce sont les Parisiens qui ont allumé la mèche. On a vu aussi le carton sur Pape Gueye alors qu'on voit clairement qu'il ne fait pas faute, ou encore le hors-jeu sifflé sur le but refusé à Benedetto. Je pense qu'il a essayé de ménager tout le monde en sanctionnant des deux côtés, mais ce n'était pas la bonne méthode". Ceci dit, à la décharge de Jérôme Brisard, on peut estimer aussi qu'il n'a pas du tout été aidé par la VAR, qui l'a laissé prendre ses décisions tout seul alors que l'assistance est censée l'aider sur des litiges tels que les hors-jeu. Peut-être le signe d'un rétropédalage de la part de l'UEFA que l'on avait déjà remarqué lors du Final 8 de la C1, où les décisions arbitrales n'ont quasiment jamais été remises en cause. "Effectivement, c'est ce que l'on remarque et ce n'est que justice, à mon avis, estime Claude Medam. On a vu les limites de la VAR tout au long de la saison dernière en transférant les pouvoirs de l'arbitre sur le terrain à des gars derrière des écrans, sans toutefois arriver à des décisions justes. Là, ce n'est pas plus mal si on en revient à la normale, quitte à ce qu'il y ait parfois des erreurs. On le voit encore une fois sur le but refusé à Benedetto, alors que M. Brisard aurait dû s'abstenir de siffler hors-jeu dans le doute".

"Il a donné des cartons très tôt, et il s'est retrouvé prisonnier de ses décisions par la suite"

Malgré cela, ce Classique a donc été terni par un arbitrage rapidement hors sujet. Sans remettre en cause l'honnêteté de Jérôme Brisard, ni ses qualités, on peut estimer qu'il s'est mis en difficulté tout seul en essayant de rattraper un début de match raté. "Il a donné des cartons très tôt, et il s'est retrouvé prisonnier de ses décisions, confirme Claude Medam. Il aurait dû faire d'abord des rappels à l'ordre et réunir les deux capitaines, car il ne savait plus trop quoi faire par la suite. Il a mis la barre très haut bien trop tôt et s'est retrouvé bloqué, ce qui fait que beaucoup de fautes grossières n'ont pas été sanctionnées à leur juste valeur ensuite". Pour la petite histoire, on signalera que Jérôme Brisard avait distribué 11 cartons jaunes et un rouge lors de sa seule et unique apparition en Europa League lors d'un Getafe-Bâle (0-1) en octobre dernier. Les prémices d'une certaine fébrilité ?