OM : le salary-cap rêvé par Longoria est-il applicable ?

Le directeur sportif de l'OM souhaiterait instaurer des salaires plafonnés.

Publié le 26/01/2021 à 01:00

Crise financière oblige, l'ensemble des clubs européens réfléchit à une meilleure maîtrise des salaires, ces derniers ayant gonflé de manière démesurée ces dernières années. C'est encore plus le cas à l'OM, déjà largement déficitaire bien avant la crise sanitaire, et plombé de manière endémique par une masse salariale incroyablement haute par rapport aux résultats sur le terrain. Cette fuite en avant, Pablo Longoria souhaiterait y mettre fin, ou du moins la freiner. C'est pour cela qu'il a oeuvré pour faire partir des poids morts comme Strootman ou Mitroglou, mais aussi qu'il ne souhaite pas faire n'importe quoi pour prolonger un Thauvin à tout prix. Mieux que ça : une fois l'effectif délesté de ses plus gros salaires, Longoria songerait à mettre en place un système de salary-cap (salaires plafonnés), comme il avait commencé à le faire lorsqu'il officiait à Valence avec trois tranches de joueurs : les stars, avec des revenus autour de 2,7 M€ net annuels, les intermédiaires entre 1,2 et 1,5 M€, et enfin les pépites entre 600 et 800 000 euros par saison. Un souhait vertueux, dont on a déjà souvent parlé par le passé en France, mais sans succès.

"Ce fantasme du salary-cap est très compliqué à mettre en place, et encore plus à l'OM qu'ailleurs, où la masse salariale est supérieure aux recettes du club"

Pablo Longoria montre déjà son envie de rajeunir l'effectif et abaisser la pression salariale en misant sur de jeunes joueurs depuis son arrivée. Mais, peut-il vraiment mettre en pratique son idée de salary-cap dans un club comme l'OM ? Beaucoup en doutent, et c'est le cas de l'agent français Bruno Satin : "Sincèrement, c'est surtout de la com'. Je vois plus ça comme un message de Longoria vis-à-vis de son actionnaire et de sa direction, compte tenu de l'état des finances du club. Ce fantasme du salary-cap est très compliqué à mettre en place, et encore plus à l'OM qu'ailleurs, où la masse salariale est supérieure aux recettes du club, et même lors de la saison avant le Covid. C'est un club où les supporters réclament des noms, et les noms ça se paye, ou alors ils ne viennent pas. On le voit bien avec le transfert de Milk qui devient le plus gros salaire du club suite au départ de Strootman. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire". Pas sûr, sachant qu'un joueur comme Milik entrerait au sommet des trois catégories imaginées par Longoria, et que l'on peut tout à fait imaginer que les autres arrivants fassent partie des tranches plus basses. Mais, là encore, la difficulté consisterait à réussir à convaincre les joueurs et leurs agents. "Ce système des trois catégories de salaires, l'Ajax le faisait déjà il y a vingt ans avec les confirmés, les intermédiaires et les jeunes, explique Bruno Satin. Mais en fait ça ne veut rien dire, car si un joueur est considéré comme intermédiaire mais qu'il y a du monde qui commence à taper à la porte pour lui, il faut lui faire un nouveau contrat. Même chose à Saint-Etienne il y a quelques années, qui avait soi-disant instauré un plafond à 100 000 euros. Mais il y avait un système de grosses primes de début d'année qui compensait. Là aussi c'était de la com' vis-à-vis des supporters. Je sais qu'il y a la crise financière et qu'il faut réfléchir à une maîtrise des salaires, mais il y aura toujours cette course à l'armement pour les bons joueurs et toujours des clubs concurrents prêts à payer".

"Le meilleur système est le système allemand. Des salaires fixes plus bas avec des primes à la performance. En gros, plus tu joues, plus tu gagnes"

Alors, comment endiguer cette inflation galopante tout en réussissant à monter des effectifs compétitifs ? Difficile à dire tant que les grosses écuries continueront à surpayer leurs joueurs. La difficulté consisterait surtout à convaincre les supporters d'accepter d'avoir une équipe de seconds couteaux, ce qui est difficilement envisageable à l'OM. "En fait, plus que le salary-cap, le meilleur système est pour moi le système allemand, estime Satin. Des salaires fixes plus bas avec des primes à la performance. En gros, plus tu joues, plus tu gagnes, et encore plus si tu es décisif. Il n'y a pas d'autres solutions, mais il faut être capable de faire accepter ça aux joueurs". Toujours là où ça coince, on l'a vu pas plus tard qu'au printemps dernier lorsqu'il s'agissait de faire un effort en plein confinement...