Ménès : "Bafé a été comme un frère avec moi"

Publié le 21/03/2017 à 07:00

Le 2 avril prochain, Pierre Ménès fera son grand retour sur le plateau du Canal Football Club après une longue absence. En décembre dernier, le journaliste de Canal a été greffé d'un foie et d'un rein après de longs mois à attendre un donneur compatible, sans qui il ne serait plus là aujourd'hui. Depuis, il ne cesse de s'engager dans ce combat pour le don d'organes et sort un livre sur son expérience à la fin du mois : "Deuxième mi-temps" (ed. Kero).

Pour Le Phocéen, Pierre Ménès a accepté de commenter sa nouvelle vie, son retour à l'antenne, sa relation avec les supporters et le nouvel OM. Interview d'un revenant qui n'a pas fini de plaire, ni de déplaire, c'est selon :

Le Phocéen : Pierre, comment appréhendes-tu ton retour au CFC ?

Pierre Ménès : "Professionnellement, je n'ai aucune appréhension. En revanche, sur le plan émotionnel, je l'appréhende beaucoup. J'aurai certainement du mal à retenir mes larmes. J'ai reçu tellement de messages d'amour et de soutien de la part de mes collègues de l'antenne, mais aussi du milieu du foot et des anonymes sur les réseaux sociaux".

- Tu présentes la particularité d'être adoré ou détesté. Ce qu'il t'est arrivé va peut-être changer la donne ?

PM : "Je ne crois pas que mon image ait changé à ce niveau-là. Les supporters de l'OM pensent toujours que je suis anti-OM, pareil pour les Stéphanois et les autres... En revanche, j'ai reçu beaucoup de témoignages très sympas de la part de Marseillais. Je ne mets pas tout le monde dans le même panier. De toute façon, les commentateurs se font toujours allumer, c'est la règle. On ne se rend pas compte de la difficulté de l'exercice".

- Depuis le temps, tu devrais être habitué, non ?

PM : "Tu retiens toujours les 10 ou 15 commentaires haineux parmi les centaines que tu reçois. On s'habitue très bien aux compliments, mais pas aux attaques, en tout cas pour ma part. Je pensais que cela passerait avec ma maladie, mais je ne change pas. Je n'aime pas que l'on déforme mes propos. Je pensais que je serais un peu plus philosophe, mais non. Dans un sens, ça me rassure".

- Qui sont les supporters les plus virulents à ton égard ?

PM : "Peut-être un peu plus ceux de l'OM. Je n'ai jamais caché que j'allais au Parc des Princes quand j'étais ado et, depuis, je traine cette image de pro-PSG. C'est drôle, parce que j'allais toujours au Parc avec un pote marseillais qui, lui, supportait l'OM. Je suis né à Paris, c'est comme ça. Maintenant, j'ai suivi le PSG au quotidien durant des années pour L'Equipe, et je vous garantis que cela vous soigne définitivement. J'aimais le PSG de Safet Susic, pas celui-là".

- Justement, que penses-tu du nouvel OM version McCourt ?

PM : "Au départ, je n'étais pas convaincu par l'arrivée de McCourt. Mais, je trouve que ce qui est fait depuis son arrivée est très bien. Le mercato est une réussite, avec Sanson et Payet qui occuperont une place centrale la saison prochaine, alors que je suis moins convaincu par le recrutement d'Evra. Il y a une volonté de bien faire, de faire progresser le club y compris au niveau des infrastructures. Garcia essaie de faire bien jouer l'équipe. Pour moi, ce sont de très bons débuts".

- Et le président Eyraud, qui était au CFC dimanche dernier ?

PM : "Il a l'air sérieux, il communique bien, et on sait combien c'est important, surtout à Marseille avec cette relation très sensible avec les supporters. Je le trouve intelligent, et le mérite revient à McCourt qui a su bien s'entourer".

- On sait que tu es très ami avec Florian Thauvin et Bafé Gomis. Deux Olympiens qui brillent cette saison...

PM : "Flo, je l'aime beaucoup. Il fait partie de ceux qui m'ont beaucoup soutenu dans ma maladie, avec évidemment Bafé qui a été comme un frère en m'appelant toute les semaines, comme Rudi Garcia. Pour en revenir à Flo, il a pris une nouvelle dimension cette année avec de gros sacrifices pour revenir à l'OM. Je trouve ça bien qu'il soit récompensé avec les Bleus".

- Pour finir, quelle est ton action auprès des associations en faveur du don d'organes ?

PM : "Je ne fais pas partie d'une association en particulier, car je veux pouvoir répondre à différentes sollicitations. Si ma notoriété peut aider, je ferai le maximum pour faire connaitre le don d'organes. Pour le moment, 40% des familles de défunts refusent le don, ce qui peut se comprendre compte tenu du malheur qu'elles traversent. Si on réussissait à faire baisser ce taux à 20%, il n'y aurait plus de problèmes de greffon en France. Sans donneur, je serais mort aujourd'hui, alors, je veux faire passer le message".