AVB, Mercato, FPF... Boudjellal dit tout au Phocéen !

Joint par Le Phocéen, Mourad Boudjellal fait un point sur la situation de son éventuel rachat de l'OM.

Publié le 27/06/2020 à 14:27

Mourad Boudjellal a répondu aux questions posées par Le Phocéen et fait un point très précis, le plus complet à ce jour, sur la situation et sur ses ambitions pour le club marseillais. Louis Acariès, transferts, directeur sportif, Fair-play financier, groupes de supporters, et José Anigo... toutes les questions que se posent les supporters aujourd'hui sont passées en revue.

Est-ce que vous avez eu des conversations avec Franck McCourt ou Jacques-Henri Eyraud ? 

Mourad Boudjellal : "Le vendeur du club s'appelle Franck McCourt. Nous on souhaite donc parler avec Franck McCourt."

Vous lui avez parlé ? Vous avez parlé avec des intermédiaires ?

M.B
: "Ce sont des banques qui vont parler après".
 
Vous confirmez qu'il s'agit de la Banque Rotschild, comme cela a été écrit à plusieurs reprises ? 
 
M.B : "Du tout, moi, je ne vous confirme pas du tout ça."
 
Pour revenir sur votre conférence de presse d'hier, c'est vrai que c'était assez étonnant. On vous a senti un peu subir cette annonce-là, par rapport aux engagements que vous avez auprès du SC Toulon...

M.B : "J'avais surtout des engagements avec ces investisseurs avant, et j'avais bien dit la semaine dernière que j'avais pris des engagements et que si je ne pouvais pas m'en séparer, je les tiendrais, bien sûr. Toulon c'est ma ville, je suis né à Toulon, Marseille ce n'est pas très loin. Je ne comprends pas très bien la petite rivalité entre les villes, que je trouve d'une stupidité absolue. Elles sont séparées de 60 kilomètres. Ça me fait bizarre à chaque fois que je parle d'autre chose que Toulon, mais je m'adapte".
 
On parle dans la presse de montants assez pharaoniques...

M.B : "Moi, je n'ai jamais parlé de montant."
 
Mais vous avez utilisé ce terme, vous êtes bien conscient que c'est un terme qui fait rêver tous les supporters, notamment sur notre site ?

M.B : "Tout ce qui touche à l'OM est pharaonique pour moi. L'OM est un club pharaonique, qu'on le veuille ou non, ça fait partie des clubs en Europe et dans le monde qui sont les clubs les plus connus, qui ont une histoire. C'est le seul club français champion d'Europe. Tout ce qui touche à l'OM est pharaonique, pour moi."
 
Vous avez précisé que vous alliez donner l'identité du porteur du projet...

M.B : "Il doit se dévoiler très vite, je pense".
 
Et vous l'avez dévoilé à Emmanuel Macron ?

M.B : "Oui, j'ai été appelé hier par un responsable du cabinet du président, et je lui ai donné, bien sûr".
 
Et vous avez une idée de la façon dont cela a été reçu en plus haut lieu ?

M.B : "Je pense que si ça avait été mal reçu, je le saurais."
 
Pour en revenir à cet engagement que vous souhaitez avec l'OM, De nombreuses questions de supporters reviennent pour la saison à venir, concernant notamment André Villas Boas. Quelle serait votre attitude vis-à-vis de lui ?
 
M.B : "Qu'il prolonge. Quand on trouve un entraîneur de ce calibre, la première chose à faire, c'est le prolonger".
 
Est-ce que des contacts ont été établis avec lui ? 

M.B : "Je ne peux pas vous répondre".
 
Parlons un peu mercato, vous venez avec de très grosses ambitions, donc des idées, est-ce que dans votre projet, vous avez pensé à ça aussi ?

M.B : "On sait que le mercato se termine le 15 octobre, à cause du Covid. Pour l'instant non, c'est step by step. Quand on arrivera à penser au mercato, ce sera facile, simple, agréable. Pour le moment, il faut d'abord entrer en discussions, et j'espère en négociations avec l'OM. Pour l'instant, on y va étape par étape".
 
La grosse étape de cet été c'est aussi un directeur sportif. Est-ce que vous avez une idée sur celui qui doit diriger la politique sportive ?

M.B : "Non. Mais j'apprends vite. Si je dois m'atteler à ça, j'irai très vite. Pour l'instant, la seule idée que j'ai, c'est qu'il y a une personne qui me semble importante, et qui j'espère pourrait nous rejoindre, c'est Louis Acaries, car avec Pape Diouf, il a fait un travail extraordinaire. Louis a une très bonne image et c'est quelqu'un qui est important. Je lui ai demandé de nous rejoindre sur le projet".
 
Cela a été énormément commenté de diverses manières, depuis que vous avez cité son nom. C'est quelqu'un que vous connaissez ?

M.B : "Je le connais, C'est quelqu'un que je trouve brillant. Il a été présent à l'époque Pape Diouf, ce n’est pas rien".
 
Son nom est très souvent associé dans l'esprit des supporters, à José Anigo, on a reçu bon nombre de questions à ce sujet...

M.B : "Ce n’est pas dans mes projets, je n’ai pas fait un mariage dans ma tête Acariès et Anigo". 
 
On parle de plusieurs anciens Marseillais qui, éventuellement, accompagneraient votre projet ?
 
M.B : "Pour le moment, il y a juste ce projet de faire une offre pour racheter l'OM, tout ce qui se dit autour est du pur fantasme. Pour l'instant on en est à cette étape-là. Ça serait manquer de respect que de parler des étapes suivantes. on souhaite entrer aujourd'hui en relation avec Frank McCourt, via notre banque d'affaires, pour discuter de l'opportunité de racheter l'OM, parce qu'il dit que le club n'est pas à vendre. Si demain je voulais vendre quelque chose, la première chose que je dirais c'est que ce n'est pas à vendre. Est-ce une stratégie ou est-ce que c'est vraiment que le club n'est pas à vendre ? M.Eyraud peut dire ce qu'il veut, je respecte son travail, mais si demain Frank McCourt veut vendre, il vendra. Je suis moi même dans la même situation, si les investisseurs ne veulent plus acheter, ils n'accepteront pas, s'ils veulent acheter plus cher, ils achèteront plus cher. Je reste à ma place."
 
Autre problématique,  le Fair-play financier, l'état économique du club...

M.B : "Il faut trouver des ressources. Le problème du football, c'est qu'on ne parle que des droits TV. On oublie qu'un club doit se créer des ressources. Un club, c'est du marketing, de la billetterie, du partenariat, de l'engouement. On a l'impression que souvent, à part quelques clubs bien sûr, on a les droits télés, on se dit que c'est bon, on a les droits télés, c'est garanti. Non, un véritable club doit générer un engouement très fort qui génère de très fortes recettes parallèles. C'est comme ça que je vois la gestion d'un club. Et quand vous arrivez à susciter de très fortes recettes parallèles, ça veut dire que votre club, il est en vie, il fait vibrer, et que vous créez de la passion. Si vous n'avez pas ça, c'est que tout le monde s'en fout de votre club, et des droits TV".
 
Toutes les équipes qui se sont succédé ont tenté de multiplier les sources de revenus, et on voit que c'est quand même compliqué, non ?

M.B : "Oui, mais pas moi. C'est le plus gros challenge dans ce club. Créer des revenus supplémentaires. Comment fait-on pour ne pas y arriver aujourd'hui, dans un club qui a une telle image, avec un stade de cette dimension, avec le potentiel ? Ou alors c'est moi qui suis complètement à l'ouest. Moi, j'ai l'impression qu'il faut se baisser pour ramasser..."
 
Est-ce que vous avez rencontré des responsables de supporters ?

M.B : "J'en ai rencontré un pendant le confinement. Mais comme ça, parce qu'on voulait se parler. A l'époque, il n'y avait pas de projet particulier. Vous savez, pendant le confinement, on s'emmerde. On se dit qu'on a peut-être l'occasion de rencontrer des gens sympas. Tout était en visio, c'était l'occasion de voir un peu comment ça fonctionne. J'ai rencontré un responsable de supporters agréable et intéressant. Ça m'a permis de voir à quel point la passion est forte. Marseille appartient à ses supporters".
 
Vous confirmez que le stade n'intéresse pas les investisseurs ?
 
M.B : "Ce qui intéresse les investisseurs c'est l'identité méditerranéenne. Redonner cette identité très forte à ce club".
 
On a parlé d'éventuels partenariats avec les clubs du Maghreb...

M.B : "C'est possible. Aujourd'hui, Marseille c'est la méditerranée, et ce n'est pas anecdotique. Par les temps qui courent et par les temps qui se profilent, Marseille a un véritable rôle à jouer".
 
Il y a toujours eu un rôle social pour l'OM...

M.B : "Évidemment, c'est une des choses dans le projet qui m'interpellent et qui me motivent. Mais pour que ça marche, il faut gagner. On peut faire et dire ce qu'on veut, on peut être le plus convaincant du monde, si vous ne gagnez pas, tout s'écroule".
 
Vous avez précisé que les investisseurs n'étaient pas Qataris...

M.B : "Non."
 
Est ce que ces investisseurs pourraient venir également pour casser cette hégémonie du PSG sur le Championnat de France ?

M.B : "Ce n'est pas leur intention première, mais l'appétit vient en mangeant. Aujourd'hui, leur intention, c'est d'abord de racheter l'OM. De lui redonner une identité très forte et recréer une dynamique dans ce club. Même si, quand vous êtes qualifiés pour la Coupe d'Europe, tout n'est pas à jeter. Ils n'ont pas profité du Covid, car je pense qu'ils se seraient quand même qualifiés pour l'Europe, contrairement à d'autres qui pensent que ça n'aurait pas été le cas, mais ils se trompent."
 
Autre sujet important, au fil des années, les énormes salaires sur plusieurs années de contrats, et les difficultés à vendre...

M.B : "Le trading joueur, c'est la clé aujourd'hui. Quand vous avez du mal à vendre, c'est que vous avez mal acheté. La première chose que vous regardez en achetant une maison, au cas où il arrive quelque chose, est-ce qu'elle est facile à revendre. Si la réponse est non, il ne faut pas l'acheter."
 
Beaucoup de supporters depuis hier soir ont peur de passer une nouvelle fois pour des "cons", on se souvient de l'épisode Kachkar, c'est quelque chose qui a marqué l'esprit des supporters.

M.B : "Oui, j'ai suivi l'épisode Kachkar. Écoutez, je ne veux pas de photos à la Une de L'Equipe en serrant les deux points dans les vestiaires, c'est garanti, si ça peut les rassurer. Et même moi, j'ai mis un certain temps à le croire, j'ai bien conscience des choses. Mais je le répète, aujourd'hui celui qui a la réponse, c'est Frank McCourt, et s'il ne souhaite pas vendre, on ne va pas lui mettre un pistolet sur la tête, c'est son choix, et il sera respectable".
 
Et selon vous, c'est ce que l'OM va dire dans son point presse aujourd'hui ?

M.B : "Je n'en ai aucune idée, mais j'imagine qu'ils diront que le club n'est pas à vendre. Je sais que le président Eyraud a mon portable, mais depuis hier ou avant hier je n'ai pas allumé le numéro qu'il possède, car il a tellement sonné, c'était invivable. Je n'ai pas eu le temps. Si ça se trouve, il y a un message dessus où il m'invite à une conférence de presse cet après-midi avec mon chéquier, mais malheureusement ce n'est pas mon chéquier. Je pourrais venir avec ma carte bleue, mais pas sûr qu'elle passe".
 
Vous laisserez l'empreinte ? 

M.B : "Oui, mais je ne vais pas dormir de la nuit, là (rires)"