OM : salaires, Villas-Boas a tapé juste

Des négociations ont lieu actuellement pour tenter de négocier une baisse des salaires en Ligue 1.

Publié le 12/01/2021 à 12:00

Face à la crise du Covid, les présidents des clubs professionnels français ne cessent de répéter qu'ils sont au bord du précipice, et ils n'ont pas tort. On parle même de cessations de paiement imminentes pour certains, de faillites pour d'autres, et cette perspective effroyable n'a été que renforcée par la pitoyable affaire Mediapro. Devant un tel risque d'écroulement, les dirigeants vont encore tenter de faire prendre conscience aux joueurs des enjeux en leur demandant une nouvelle fois de participer à l'effort collectif en acceptant une baisse des salaires. C'est d'ailleurs l'objet de la réunion de crise qui se tient ce mardi au siège de la LFP entre un panel présidents de clubs et les représentants de l'UNFP, le syndicat des joueurs professionnels. Encore une fois, après une première tentative lors du premier confinement, il s'agira de solliciter des efforts pour baisser une masse salariale qui n'a jamais autant pesé sur les clubs. Un geste vital, d'autant qu'au contraire de la dernière fois, les joueurs participent aux compétitions et les clubs ne peuvent donc pas compter sur le chômage partiel.

"On a fait des conneries, avec des transferts de 300 millions... c'est donc une bonne chose que la pandémie remette tout en cause"

Ce sujet a été abordé par André Villas-Boas hier en conférence de presse (voir en vidéo) et comme sur beaucoup de thèmes, le coach olympien a tapé juste, avec la franchise et le recul qui le caractérisent. Pour lui, cette situation dramatique met enfin les joueurs et les clubs devant la trajectoire aberrante prise par le football ces dernières années. "Les clubs ont perdu la tête et ont perdu totalement le contrôle du marché des transferts. On a fait des conneries, avec des transferts de 300 millions... c'est donc une bonne chose que la pandémie remette tout en cause et que tout le monde se calme un peu. C'est une opportunité historique pour changer la face du foot, une réunion importante. Je ne sais pas si un accord va en sortir, mais les clubs commencent à parler avec les joueurs, individuellement". Dans son discours, André Villas-Boas a souvent abordé le sujet avec beaucoup de lucidité, lui qui a toujours touché de très gros salaires depuis le début de sa carrière. On se souvient d'ailleurs de son départ de Chine, lorsqu'il avait quitté le Shanghai SIPG en renonçant à un "contrat pornographique", comme il l'avait expliqué.

Les joueurs accepteront-ils de suivre ?

Les joueurs feront-ils preuve du même sens des responsabilités ? C'est une vraie question, quand on se souvient que des cadres de l'OM avaient fermé la porte à toute négociation, certains arguant du fait qu'ils avaient des prêts à rembourser. L'argument avait choqué à l'époque, tout simplement parce qu'il n'était pas audible. Finalement, une autre solution a été trouvée. Bien sûr, l'OM n'a pas attendu la crise sanitaire pour souffrir d'une masse salariale surdimensionnée, et les contrats accordés ces dernières années ont encore creusé le gouffre de façon abyssale. La faute n'est donc pas imputable aux joueurs, qui n'ont menacé personne pour obtenir ces salaires démesurés. Mais, en acceptant un effort vital pour l'avenir du club et donc pour leur avenir, ils feraient d'une pierre deux coups. La première montrerait leur sens des responsabilités face au danger qui pèse sur l'entreprise qui les fait vivre, alors que la deuxième enverrait enfin un message positif à des supporters de plus en plus tentés de s'éloigner de leur équipe et de leur sport favoris. À méditer.