Rennes 2-0 OM : encore un rendez-vous manqué...

Focus sur la défaite de l'OM à Rennes (2-0).

Publié le 15/05/2022 à 01:00

C'est la beauté (ou la preuve de la faiblesse) de la Ligue 1. L'OM de Sampaoli a beau avoir un bilan incroyablement faible dans les grands rendez-vous de la saison (une victoire contre Nice à la fin mars pour que des désillutions contre Paris, Lyon, Galatasaray, la Lazio ou Feyenoord), il y avait de quoi s'assurer une belle fête à l'Orange Vélodrome pour la dernière de la saison, avec le luxe de ne pouvoir faire que nul à domicile contre Strasbourg pour sécuriser une qualification directe en Ligue des champions (ce qui n'est pas tant un luxe que ça quand on se penche sur les 25 points égarés à domicile en championnat). Car l'OM de Sampaoli c'est un style de jeu, une possession outrageuse qui fatigue l'adversaire et qui permet de mieux exploiter ses faiblesses. Dans une Ligue 1 où il y a des failles cela a fait mouche. Mais il ne fallait pas croire que l'OM était fort contre les faibles. La victoire à Lens en janvier le prouve bien, l'OM est surtout fort contre des équipes joueuses. Des équipes plus faibles mais qui mettent de l'intensité, comme Clermont au Vélodrome, peuvent contrarier ces Olympiens tout autant qu'une formation qui joue le podium. Bruno Génésio, qui a exploité les failles de l'OM, l'a bien compris. Ses joueurs ont forcé le curseur de la pression physique, collant systématiquement aux fesses du porteur de balle. Et l'OM n'a pas su répondre. Parfois, le football, c'est une partie d'échec. Là, c'était un chifoumi. 

Des explications gênantes

Interrogé sur sa responsabilité après la rencontre par Romain Haering, comme vous pouvez le voir en vidéo, Jorge Sampaoli a eu au moins le mérite de ne pas se cacher. "Peut-être, oui, que j'ai une part de responsabilité dans ce qui s'est passé ce soir". Attention parce que la suite de l'explication ne plaide vraiment pas en sa faveur. Mieux vaut se mouiller la nuque avant. "On s'était préparé pour avoir le contrôle du jeu, mais l'adversaire ne nous a pas laissés contrôler ce jeu. Il a fallu qu'on modifie nos plans en fonction de l'évolution sur le terrain et du résultat, mais à ce stade-là, on n'a pas beaucoup de variantes pour le faire. On est obligé d'insister sur ce que nous, on sait faire, c'est d'essayer de mieux jouer pour gagner. Mais ça n'a pas été le cas ce soir". Voilà, ce n'est pas faute de vous avoir prévenu. Face au 4-4-2 rennais qui se transforme en 4-3-3, Sampaoli n'a pas su trouver la solution. C'est à se demander s'il a vraiment cherché puisqu'il a laissé la même équipe à la pause, à 2-0, sans réorganisation, sans esprit de révolte qui se créé après une causerie électrique dans le vestiaire. Les onze titulaires, les mêmes qu'à Lorient à l'exception d'Harit qui a remplacé Bakambu, en tribunes, sont restés tout aussi hagards, faisant perdre un quart d'heure à tout le monde jusqu'à l'entrée de Bamba Dieng, qui aura eu le mérite de chercher lui à changer les choses avec ses appels. Et le "on n'a pas beaucoup de variantes pour le faire" n'était peut-être pas nécessaire pour un Milik déjà suffisamment humilié avec un échauffement à blanc, pour voir Pol Lirola (tout aussi décevant que lui sur les derniers matchs) rentrer en jeu à la place de Pape Gueye. L'ivresse d'un scénario favorable sur la toute dernière journée peut-elle faire oublier une telle soirée ? Espérons au moins que le débat existe dans une semaine, cela voudra dire qu'il y aura eu un "happy ending".