Porto 3-0 OM : Zéro

Retour sur la déroute de l'OM à Porto en Ligue des champions.

Publié le 04/11/2020 à 01:00

Zéro point en Ligue des champions, zéro but, zéro envie, zéro plan tactique, zéro changement à la mi-temps alors que les 45 premières minutes étaient bien indigestes... pas besoin de trop forcer pour en trouver plein d'autres. L'OM a touché le fond avec cette défaite 3-0 à Porto. Le pire, c'est qu'on peut toujours se dire que sur un plan strictement comptable, cette défaite n'est pas plus grave qu'une autre. Après tout, si on peut, on doit, se dire que c'est fini pour la qualification en huitièmes de finale de la Ligue des champions, le repêchage en Europa League est toujours envisageable : c'est contre l'Olympiakos que ça se joue, et au goal-average particulier, donc il faudra voir ce que donne le match contre les Grecs au Vélodrome. Et puis en championnat, l'OM est toujours dans le coup... Mais non, on ne peut pas raisonner comme ça. Ce mardi à Porto, l'OM a plus que perdu un match. Et atteindre ce niveau zéro n'est pas sans conséquence. 

Et encore, c'est une bonne poule...

Effectivement, au moment du tirage, la joie était de mise. Etre dans la poule C, c'était quand même mieux que de tomber sur le Real Madrid, l'Inter et le Shakhtar. Oui, l'OM avait une chance. L'Olympiakos, ce Porto dépouillé, dont on peut vérifier malgré son large succès qu'il n'est pas au niveau des formations de Deco et Lucho que l'OM avait croisé en 2003 et 2007, c'était l'occasion parfaite de prendre des points en Ligue des champions. C'est aussi ce que ce sont dit les joueurs, ce qu'ils ont confié à leurs proches. Eux qui sont restés à Marseille cet été car ils voulaient découvrir la Ligue des champions avec ce blason sur le maillot croyaient en leurs chances. Certains assuraient qu'il allait falloir être prêts dès la première rencontre car c'est contre le plus faible du groupe qu'il faut faire le plein. On a vu. Ou plutôt on n'a rien vu. Au Pirée il y a quinze jours, contre City la semaine dernière, et donc là, au stade du Dragon.

Y a-t-il des consignes ?

Encore une fois, plus que le score, c'est le rendu qui dérange. Ils étaient censés avoir envie. Etre conscients qu'ils devaient, vu le début de leur campagne, un gros match aux supporters. On a encore eu l'impression que les onze joueurs étaient livrés à eux-mêmes, avec une consigne du genre "passez la balle à Thauvin, tant il élimine un joueur adverse balle au pied et après on ne sait jamais..." Le pire, c'est que cela a bien failli payer. Après l'ouverture du score des Ibériques, Thauvin est allé chercher un penalty. C'était en réalité un mal pour un bien car le raté de Payet a semblé couper les jambes du reste de son équipe. On est loin de la fameuse bande de copains, du groupe qui vit bien, même si tous ont mis un point d'honneur à ne pas surnager, peut-être par solidarité, allez savoir. En voyant un ballon traîner devant la surface adverse, le Boubacar Kamara de la saison dernière aurait sorti sa plus belle feinte de frappe avant de la passer, en confiance, à un coéquipier offensif. Là, il n'a pas cherché à comprendre et a frappé dans le tas, des fois que. Tellement révélateur. Reste désormais à réveiller la machine. Dans trois jours, il y a un match à Strasbourg, et derrière une trêve internationale. Le temps peut de suite devenir très long. Comme sur la pelouse de Porto...