OM : Laurey a-t-il tactiquement trouvé la faille de Sampaoli ?

Retour tactique sur le match entre l'OM et Strasbourg. Thierry Laurey, en voulant bétonner, a-t-il trouvé la parade au système Sampaoli ?

Publié le 01/05/2021 à 15:00

Il y a ceux qui ont besoin d'avoir un méchant dans un film. D'un prétexte pour s'indigner. Pour cela, il y a un réseau social de préférence, Twitter, et le match nul de l'OM contre Strasbourg avec la déclaration de Thierry Laurey "on n'est pas là pour faire les beaux, pour plaire aux spectateurs". Idéal pour tout mettre dans le même panier, avec Raymond Domenech, décidément offensif qu'avec ses gazouillis, et la corporation de ces entraîneurs de Ligue 1 qui refusent de se remettre en question alors que le championnat est loin de faire rêver. Mais il ne faut pas tout confondre et trop rapidement sortir cette phrase de son contexte. Thierry Laurey ne s'est pas payé la tête de Sampaoli, il est venu chercher un point pour faire un pas vers le maintien. Comment lui en vouloir ? Surtout que, contrairement à beaucoup d'autres à sa place et comme vous pouvez le voir dans la vidéo, le technicien, passé par le club phocéen il y a 35 ans en tant que joueur, assume : oui il a joué derrière, mais vu la forme de l'OM et les forces en présence de son équipe, il n'avait pas forcément le choix, il fallait s'adapter. Mais d'ailleurs, n'a-t-il pas ouvert la voie à tous ceux qui veulent neutraliser cet OM ? 

 

Un système à cinq défenseurs et trois milieux défensifs

Une manière de dire, Laurey n'a-t-il pas fait lors de ce match ce que Courbis avait fait contre Bielsa, en réalisant en premier qu'il valait mieux mettre deux attaquants pour augmenter ses chances de victoire ? Juste après la rencontre, Laurey a confié qu'il avait organisé son équipe pour bloquer des axes principaux : la relation Thauvin-Lirola et Dimitri Payet. Mission accomplie vu la prestation des trois Olympiens. En fait, Laurey a évolué avec une défense à 5, pour être bien présent sur la largeur, et avec trois milieux de terrain pour ne pas laisser trop d'espaces à Rongier, Payet et Thauvin. Si on y ajoute en plus une agressivité dans les duels d'un Lamine Koné ou d'un Bellegarde, on obtient une configuration bien embêtante pour Sampaoli. Sauf qu'il y a aussi de quoi se dire qu'une fois que les Alsaciens placent 8 joueurs pour défendre, il n'en reste que deux pour attaquer. Strasbourg a marqué sur corner, et cela tient donc plus de la faillite du marquage d'Alvaro sur Mitrovic qu'une réelle déstabilisation du système. 

 

Comment Sampaoli peut encore améliorer son système

D'ailleurs, si de nombreux supporters olympiens se demandent pourquoi Sampaoli n'est pas passé dès le début de la seconde période sur une défense à quatre, c'est peut-être bien pour être serein au moment des contres strasbourgeois. Pour rappel, Villas-Boas ne voulait pas voir Payet dans l'axe car les pertes de balle d'un créatif pouvaient faire le bonheur des adversaires dans le championnat du contre qu'est la Ligue 1. Ce qui ne fait pas peur avec Sampaoli car avec trois centraux, cette situation peut se gérer, comme on l'a vu en seconde période, même quand Balerdi rate son intervention au début du contre. Reste donc, de l'aveu même de l'entraîneur argentin, quelques détails à régler, comme celui d'avoir un élément plus mobile sur le côté gauche de sa défense. Peut-être qu'avec un Caleta-Car, qualifié d'agaçant dans la 3e mi-temps, plus prompt à intervenir sur le côté comme Balerdi, il choisit l'option Luis Henrique dès le départ au lieu de Nagatomo. Et là, cela rajoute un problème dans l'équation de Thierry Laurey et des suivants...