OM : Comment Pape Gueye a gagné sa place avec Sampaoli

Focus sur la situation de Pape Gueye à l'OM, qui a évolué sur les dernières semaines malgré le mercato estival.

Publié le 04/08/2021 à 01:00

Deux mois, dans le football, c'est très long. Lors des derniers jours de mai, Pape Gueye semblait être en concurrence avec Valentin Rongier. Pour l'anecdote, les deux joueurs sortaient d'une saison à 58% du temps de jeu chacun. Rongier avait tout joué sur la première partie avec Villas-Boas, Gueye s'était montré à son avantage plutôt sur la seconde. Il semblait y avoir match. Parce que, déjà, du recrutement ambitieux était annoncé dans ce secteur : Guendouzi, Gerson, Arturo Vidal... Les deux premiers cités ont signé. Mais il ne faut pas faire l'erreur d'y voir quatre éléments pour deux postes. Déjà parce qu'il ne faut pas oublier Boubacar Kamara, toujours au club et dont Jorge Sampaoli compte bien se servir tant qu'il est disponible. Tout simplement parce que le schéma de jeu n'est plus le même. Rongier est sur un poste hybride, comme Kamara, où il faut jouer milieu défensif et arrière droit lorsque l'équipe subit le jeu adverse. Gueye reste sur le poste de "pur" numéro 6. Là où l'OM, pour le coup, a recruté Mattéo Guendouzi... 

Un fauteuil pour deux... avec Guendouzi finalement

Dès lors, une saison difficile pouvait se présenter pour le jeune sénégalais. Avec le sentiment de perdre une année. Après tout, l'an dernier, André Villas-Boas le présentait comme une jeune sentinelle talentueuse, sans doute l'avenir du club après Boubacar Kamara. Finalement, Gueye semblait voué à jouer ce rôle de doublure en devenir une saison de plus, avec un autre international espoir français. Injuste ? Pas tellement au regard des matchs. En fin de saison dernière et sur les premiers matchs de préparation, Gueye montrait les plus grosses lacunes de son jeu avec Sampaoli. Imprécisions sur les passes, difficultés à trouver les partenaires situés devant lui, il a aussi perdu certains ballons précieux. Inévitable pour un jeune milieu ? Pas forcément une excuse pour le technicien argentin, qui a validé la venue de Guendouzi... plus jeune de trois mois. Et dès ses premiers matchs, l'ancien d'Arsenal a montré la différence avec aussi une plus grande couverture du terrain, qui semble indispensable à ce poste. 

De la concurrence au milieu, de quoi faire marcher la méritocratie dans ce groupe

Après le premier test au Portugal, Pape Gueye aurait pu déprimer à passer ses soirées sur les réseaux sociaux à lire tous les commentaires qui ordonnaient au coach de l'OM d'installer Guendouzi sans plus attendre. Mais l'ancien Havrais a mis les bouchées doubles à l'entraînement et le résultat s'est vu dès le match suivant à Lisbonne : Sampaoli l'a laissé sur la pelouse 90 minutes et ce n'est pas un hasard. Gueye a montré beaucoup plus de volonté et d'application dans tous les domaines, faisant un match "à la Guendouzi". De quoi faire marcher à plein la méritocratie dans ce groupe. Pour le dernier match de préparation, l'entraîneur de l'OM a fait jouer Gueye et Guendouzi, sans pour autant en envoyer un défendre dans le couloir droit, il y avait toujours Rongier pour ça. Et sans renier ce fameux 3-2-4-1. A l'instar de ce que pouvait faire Marcelo Bielsa, "Sampa" a fait décaler deux joueurs pour libérer une place : Guendouzi est monté d'un cran au milieu, tandis que Dimitri Payet est passé de milieu offensif à attaquant. Tout sauf un hasard, ou un cadeau, alors que Milik ne sera pas disponible pour le début de la saison. Par un jeu de chaises musicales, celui qui va remplacer le Polonais dans le onze a de grandes chances d'être Gueye, deux crans plus bas. A lui de confirmer.