OM 2-0 Rennes : une équipe digne de René !

Retour sur la victoire de l'OM contre Rennes (2-0), avec forcément une pensée pour René Malleville.

Publié le 20/09/2021 à 01:00

C'est ce qui s'appelle respecter ses traditions. Le jour de l'hommage organisé pour le 21e anniversaire de la disparition de Patrice de Peretti, plus connu sous le nom de Depé, le jour de la disparition de René Malleville, l'Olympique de Marseille s'est imposé au Vélodrome contre Rennes, 2-0. L'OM a marqué, l'OM n'a pas encaissé de buts, "les deux parties du travail ont été faites" comme l'avait dit un jour Didier Deschamps. Mais au-delà du score, de l'efficacité défensive, l'OM s'est surtout imposé avec la manière. Un style qui est justement celui qu'affectionnaient tout particulièrement les deux illustres supporters. René Malleville et Patrice de Peretti se sont connus dans les années 90. A la Commanderie quand il fallait mettre la pression aux joueurs, dans les bureaux de la direction du club rue Negresko quand il fallait négocier, sur la pelouse du Vélodrome quand il fallait demander la démission d'un président. En tribunes, en quart de virage puis dans le virage nord, ainsi qu'aux alentours de l'enceinte avant les matchs. Dans des styles bien différents, ils n'aimaient rien de plus que rameuter des gens autour de l'Olympique de Marseille. Ils aiment l'OM à travers la passion que cela pouvait susciter dans les yeux des autres. Aujourd'hui, l'un n'est plus à traîner au bar du Marché, sur la place Notre-Dame du Mont, pour convaincre des supporters qui s'ignorent de venir au stade, l'autre n'est plus à l'Olympe, pour trinquer avec des fans venus de toute la France pour se mettre avec lui en condition avant le match. Mais l'esprit demeure. Et c'est également le cas sur le terrain. 

Une équipe de jeunes joueurs qui deviennent stars avec l'OM

Dans cette équipe de l'OM, il n'y a que des jeunes loups qui ont faim. C'est une équipe internationale, multiculturelle, mais c'est surtout un groupe qui se retrouve totalement dans les valeurs de ce club. C'est l'OM qui les rassemble. Un groupe fait d'éléments qui peuvent exploser au Vélodrome plus qu'ailleurs. Car c'est évident qu'ils jouent différemment sous l'impulsion de ce public, de cette ferveur. C'est le cas d'Amine Harit par exemple. On le disait en perdition à Schalke, inconstant ? A Marseille, il s'est mis au diapason. Il se dépouille, se jette vers l'avant, et sur un rush où il ne semblait pas avoir la vitesse nécessaire, il s'est arraché pour marquer, comme si le fait de voir les tribunes se lever pour l'admirer lui avait donné une force supplémentaire. A la fin, il a marqué. L'OM menait 2-0 et a continué à attaquer. Droit au but. Comme Depé avant lui, René n'était pas un expert du foot. Ce n'était pas sa passion. Sa passion, c'était l'OM. Il ne savait pas où les recrues avaient joué avant, quelles étaient leurs caractéristiques techniques. Ils voulaient voir ce que ça donnait sous le maillot bleu et blanc. S'il avait des émotions quand il voyait un joueur porter la balle. Il avait de suite flashé sur Luiz Gustavo par exemple. Avec cette équipe, il est servi. Les De la Fuente, Bamba Dieng, Luan Peres... sont formatés par l'Olympique de Marseille. Un Mattéo Guendouzi donne un second souffle à sa carrière au contact de cette passion qu'il ressent au Vélodrome et dans son quotidien. 

Ne pas oublier que c'est la ferveur qui a tapé dans l'oeil de Sampaoli

Rien ne ferait plus plaisir à René. Car cela procure, in fine, le sentiment qu'il y est pour quelque chose dans la réussite de cette équipe. Ego mal placé ? Absolument pas. Car il ne faut pas oublier que c'est ce qui fait la spécificité de l'OM à travers le monde. Evidemment qu'il n'est pas seul, mais son influence permet d'en entraîner de nombreux dans son sillage pour suivre ce rituel du match au stade Vélodrome dans cette ambiance si particulière. Une ambiance qui a par exemple amené Jorge Sampaoli à s'interroger, en 2015 avec qu'il venait de gagner la Copa America avec le Chili, sur l'opportunité de rejoindre l'OM et de succéder à Marcelo Bielsa. Ce qui a attiré le technicien argentin, c'était la passion de ce public pour ce club, pas le projet global, la gouaille du président ou le modèle de formation. Six ans plus tard, Sampaoli est sur le banc d'un OM qui a fière allure. Et après un tel match contre Rennes, ce qui lui plaît le plus "c'est que cette jeune équipe assimile le fait que ce jeu est encore plus beau quand on attaque et qu'on défend, que l'on joue peu importe l'endroit où l'on se trouve", comme vous pouvez le voir en vidéo. René, tu pars alors que ton OM semble être dans ce que tu aurais appelé "de bonnes mains".