Lyon-OM : merci Dimitri Payet pour ta totale cohérence !

Focus sur la réaction et l'attitude de Dimitri Payet lors de ce triste Lyon-OM.

Publié le 22/11/2021 à 12:00

Après la bouteille lancée dans la lèvre de Valentin Rongier pour la première journée de championnat à Montpellier, après l'envahissement de terrain des Niçois à la fin du mois d'août pour en découdre avec les joueurs de l'OM, c'est cette fois-ci Dimitri Payet qui a reçu une bouteille en pleine tête sur un corner et qui ne s'est pas relevé. Payet s'était déjà pris une bouteille d'eau dans le dos à l'Allianz Riviera, il avait eu le "tort" de la renvoyer dans la tribune. Il y a quelques semaines, dans une interview accordée au journal L'Equipe, il était revenu sur ce qu'il s'était passé ce soir-là sur le terrain : "Si je reste allongé, je me dis que je vais en prendre plus dans la gueule. Après, si je ne me relève pas, le match, on le gagne 3-0. Je peux sortir avec une minerve et l'histoire, elle est réglée. Mais ma réaction est humaine". Autant dire que pour les Lyonnais, l'affaire est entendue, Payet a "fait ce qu'il fallait" pour que le match s'arrête à la deuxième minute de jeu. Du vice, de l'expérience. Et ça, c'est le plus gentil, car on ne peut pas empêcher certains illuminés de souligner le fait que ça ne tombe pas par hasard deux fois sur le même joueur en quatorze journées de championnat. Un raisonnement nauséabond qui n'a pas lieu d'être pour plusieurs raisons. 

Payet aurait pu être touché bien avant... 

Déjà, pour revenir à la même interview, il ne faut pas oublier une phrase, située juste avant : "Ca fait six ans que je tire les corners à l'OM. Je sais ce que c'est. Ça fait six ans que je prends des projectiles. Mais on ne m'avait jamais touché comme ça". Voilà pour les petits génies qui s'imaginent que la différence de traitement entre ce Lyon-OM et OM-PSG tient à l'adresse du supporter en tribunes qui cherche à toucher un joueur. Comme Messi, comme Neymar, comme MBappé, comme Fiorèse (la liste est malheureusement très longue...), Payet aurait pu être touché avant, c'est une cible quand il va tirer un corner et c'est inadmissible. Qu'il y ait des chants pour tenter de le déstabiliser, il n'y a pas de problème, cela fait partie du jeu, à condition que l'on reste dans les limites de l'acceptable, que l'on ne fasse pas référence à la couleur de peau par exemple comme cela a pu être le cas à Lyon par le passé avec Clinton Njié. Mais que l'on s'attaque à l'intégrité physique d'un joueur, ce n'est plus acceptable en 2021. 

Quand c'est contre l'OM, il le dit aussi

Et dire cela, ce n'est pas jouer à la vierge effarouchée, à se plaindre parce que l'OM est victime pour mieux dédramatiser quand des supporters de l'OM se rendent coupables de tels agissements à domicile. Mais là encore, cet argument ne pèse pas lourd quand on se repasse les bandes de la réaction de Dimitri Payet après OM-PSG. Au moment où un journaliste lui demande ce qu'il a pensé de l'ambiance, il aurait pu brosser les fans de l'OM dans le sens du poil, soigner sa cote, en évoquant le tifo d'avant-match dans le virage sud ou l'atmosphère unique. Mais il a fait directement référence au traitement réservé à ses adversaires du soir, comme vous pouvez le voir en vidéo : "J'ai vu des bouteilles, des chargeurs, des briquets. Des choses que j'ai déjà vues contre moi, donc je sais ce que c'est. On ne peut pas dire que ce soient des supporters de l'OM. On sait ce qu'on risque, perdre des points. Et il ne faudra pas pleurer en fin de saison s'il nous en manque un ou deux. Sur le terrain, j'étais désabusé. Je ne comprends pas. On sait qu'on est attendus, regardés. Je l'ai déjà dit, il faudra des sanctions, et des vraies. Ou alors, il faut attendre quelque chose de vraiment grave ?". Un discours malheureusement prémonitoire. 

La limite est franchie, tolérance zéro, même pour l'OM

Alors bien sûr, Dimitri Payet a pris soin de remercier ceux qui sont venus pour encourager l'OM, il a fait la distinction. Il convient donc d'en faire de même avec les Lyonnais. Tous n'ont pas été aussi limités. Certains étaient écoeurés de tels agissements et ne se reconnaissent pas dedans. Mais là non plus il ne faut pas pleurer si le match est perdu sur tapis vert à cause d'une poignée d'irresponsables (car il ne faut pas croire qu'il n'y a eu qu'un lanceur de bouteille qui a fait mouche au premier coup). Toujours dans son entretien, Dimitri Payet apportait une solution : "Il suffit de traverser la Manche. J'ai joué en Angleterre, j'ai vu comment ça se passait là-bas. Il n'y a pas de négociations possibles. C'est tolérance zéro et l'histoire est réglée. Le mec sait ce qu'il risque, le club qui ne sait pas gérer les supporters le sait aussi. Je pensais vraiment qu'il y aurait un truc fort après Nice et qu'on allait arrêter de rigoler. Les supporters, et je parle aussi des nôtres, il faut qu'ils sachent qu'ils peuvent pénaliser leur équipe et l'image de leur club. Mais il faut attendre quoi ?" Espérons plus grand-chose, Dimitri...