Incidents Lyon-OM : toujours le même cirque !

Retour sur la décision de la commission de discipline après les évènements qui ont conduit à l'arrêt de la rencontre entre Lyon et l'OM.

Publié le 09/12/2021 à 01:00

Lyon-OM à rejouer à huis clos et un point en moins pour les Lyonnais. Voilà pour le verdict tant attendu après la soirée ratée du dernier Lyon-OM, où Dimitri Payet s'était pris une bouteille en pleine tête après cinq minutes de jeu au moment de tirer un corner. Cela commence à devenir une habitude, jusqu'au rendu, c'est un beau cirque qui s'est mis en place, un conditionnement des réactions à la sanction annoncée. Au départ, la stupeur, une grosse interview de Vincent Labrune qui dit qu'il n'a pas été écouté par le gouvernement, mais que là, ça va changer. Deux jours après le match, une belle réunion avec Labrune donc, mais aussi Noël Le Graët, la Ministre des sports, le garde des Sceaux... Attention, ça ne rigole plus. Mais le verdict, lui, est espacé de quelques semaines, c'est toujours mieux. Ca laisse le temps à certains d'oeuvrer en coulisses. Plus rien ensuite jusqu'aux derniers jours avant la fameuse commission. Tout ça pour que la stratégie ne soit dévoilée que quelques heures avant et que la stupéfaction, l'indignation, changent de camp avec une clémence incompréhensible alors qu'il était question à la base de siffler la fin de la récré. Puis verdict, plus sévère que prévu, mais pas sévère pour autant, c'est toute la nuance, histoire de bien faire passer la pilule. Ca se finit avec un communiqué des sanctionnés outrés, qui jurent qu'ils se réservent le droit de faire appel (indice : Nice avait annoncé la même chose, ils se sont bien gardés de faire appel). 

Si la prochaine fois c'est à Marseille, la sanction sera bien pire car "c'est encore les Marseillais"...

C'était prévisible mais c'est donc triste de constater à quel point c'est toujours le même numéro de claquettes qui nous est proposé. Le pire dans tout ça, c'est qu'effectivement, le supporter lyonnais a de quoi se sentir lésé dans cette affaire. Un point en moins et un huis clos, c'est quasiment la même sanction que les Niçois qui ont jeté une bouteille en verre sur Payet, qui ont envahi la pelouse et dont les supporters ont porté des coups aux joueurs de l'équipe d'en face. Mais si les Lyonnais veulent se consoler deux minutes, ils n'ont qu'à penser à ce que seront les sanctions si jamais un évènement de même nature se produit lors d'un match de l'OM à l'Orange Vélodrome. Car non, il n'y aura pas jurisprudence, ce sera évidemment plus et "l'OM l'aura bien cherché, étant déjà dans des polémiques à Nice, à Lyon"... "c'est bien connu, il n'y a pas de fumée sans feu". "Et puis de toute façon les Marseillais se plaignent tout le temps..." Dans cette perspective-là, désolé, cette sanction n'est absolument pas adéquate. Pas sûr que dans l'esprit d'un spectateur en tribunes - et c'était pourtant bien là le but de la manoeuvre - il ne soit pas tentant de perturber la rencontre par un jet de projectile ou une intrusion sur la pelouse en se disant que, même si son équipe perd un point, le match sera à rejouer. C'est presque le retour de la victoire à deux points. 

Aulas en sort encore indemne...

En apparence, on pourrait croire que cette soirée aura au moins permis à Jacques Cardoze, le directeur de la communication de l'OM, de légitimer sa position, que ce soit auprès des acteurs des instances ou des supporters de l'OM. C'est peut-être bien le cas car son coup de gueule était aussi poignant qu'argumenté. Mais le vrai gagnant, cela reste Jean-Michel Aulas, une fois de plus. Ces agissements ne choquent même plus, il est tout simplement au-dessus. Il suffit de voir la réaction du président de la commission de discipline, Sébastien Deneux, qui est agacé par la sortie médiatique du dirigeant de l'OM mais qui n'a pas un mot, alors que c'est pourtant le même sujet, sur les tweets nauséabonds et l'influence qu'ils ont pu avoir du président lyonnais sur l'état de santé de Dimitri Payet. Le même Jean-Michel Aulas dont les menaces à l'encontre de Ruddy Buquet auraient pu valoir plusieurs mois d'interdiction ne serait-ce que de vestiaires d'arbitre. Mais là aussi, cela passe totalement à l'as. Ecoeurant mais pas surprenant. Le cirque, c'est toujours les mêmes numéros...